Prise de position sur la Directive 5.4 de la Direction de l’Université « Affichage et activités promotionnelles sur le campus universitaire »

En date du 1er septembre 2014, la Direction de l’Université de Lausanne adoptait une directive relative à l’affichage et aux activités promotionnelles sur le campus. Celle-ci interdit l’affichage en dehors des espaces prévus à cet effet et soumet dorénavant à une autorisation préalable des services de l’UNIL toute récolte de signature ou de fonds, ainsi que la distribution de documents liés à des idées politiques ou religieuses, de produits éditoriaux ou publications journalistiques. Elle stipule enfin que tout-e contrevenant-e s’expose à des sanctions et à des dédommagements. Sur cette base, la Direction retirait dès le 8 octobre la quasi-totalité des affiches des murs du bâtiment Anthropole.

La FAE et ACIDUL s’opposent à cette directive dont elles jugent les effets disproportionnés et contraires à la liberté d’expression. De plus, aucun abus, ni changement de pratiques quant aux activités de communication sur le campus n’ont été observés où rapportés qui pourraient légitimer l’introduction de telles dispositions réglementaires.

Ainsi, une pétition devra désormais recevoir, au même titre que les autres activités de « promotion », l’aval des services de l’UNIL ou de la Direction avant d’être proposée à signature. Une condition préoccupante si l’on considère qu’une pétition sur le site de l’UNIL a de bonnes chances d’être destinée à ces mêmes services ou à la Direction, y compris pour manifester une opposition.

Dans ce contexte, il est également raisonnable de se demander quelle sera la position de la Direction au sujet des initiatives ou référendums populaires. La Directive 5.4 est floue à ce sujet, considérant sans distinction les enjeux démocratiques, la promotion des activités qui ont lieu sur le campus et la publicité commerciale, laissant surtout aux autorités de l’Université le soin de décider au cas par cas.

Au motif de « l’efficience de ses infrastructures » et du statut de « domaine privé du campus universitaire »1, la Direction de l’Université s’arroge donc des droits qui ne sont pas les siens et met en péril les missions que l’UNIL s’est fixées, notamment dans sa Charte2. En effet, comment pourra-t-elle continuer à « [...] servir la communauté pour contribuer à son rayonnement scientifique, culturel, économique et politique; [et agir] en interaction avec son environnement social », alors qu’elle va limiter ces interactions, et empêcher les débats qui animent la société de pénétrer l’enceinte de Dorigny ? Comment l’Université compte-t-elle continuer à contribuer à « la formation de citoyennes et de citoyens humanistes, critiques et responsables, autonomes et solidaires, désireux de développer constamment leurs compétences et animés par la volonté du dépassement des acquis, tout au long de la vie », si elle ne permet pas à ces mêmes citoyens et citoyennes d’utiliser tous les moyens à leur disposition pour former leur pensée, et qu’elle limite l’expression de cette citoyenneté sur le site de l’UNIL?

L’Université se doit d’être au cœur de la société et de ses enjeux. De plus, les membres de la communauté universitaire sont parfaitement à même de juger quelles informations et opinions sont utiles à leur recherche ou à leur formation.

Les deux associations déplorent également la manière dont cette directive a été adoptée par la Direction sans consultation des associations de l’UNIL ou des représentant-e-s des différents corps (étudiant, intermédiaire, professoral) et du personnel. Ceci n’est pas acceptable au sein d’une université qui prétend faire de la participation une valeur autant qu’une réalité.

Au vu de ce qui précède, la FAE et ACIDUL considèrent que la Directive de la Direction de l’UNIL 5.4:

  • restreint de manière inacceptable la liberté des associations et acteurs et actrices de la communauté universitaire à communiquer, à promouvoir leurs activités, et à solliciter leurs pairs sur les sujets qui les concernent.
  • entrave l’application des droits démocratiques les plus fondamentaux, comme le droit de pétition, d’initiative et de référendum.
  • met en péril le lien fondamental que l’UNIL doit entretenir avec la société, et son devoir de formation à la citoyenneté et à la critique.

Dès lors, ACIDUL et la FAE demandent :

  • le retrait immédiat de la présente directive.
  • à la Direction – s’il est avéré que l’affichage et les actions de communication sur le site de l’UNIL constituent bel et bien un problème – d’ouvrir une discussion avec les représentant-e-s des étudiant-e-s, des membres du corps intermédiaire, du corps enseignant et du personnel pour réfléchir ensemble à la situation et proposer un projet qui prenne en compte les intérêts de chacun et chacune.
  • à la Direction de désormais soumettre préalablement les questions de cet ordre aux principaux intéressés, à savoir les membres de la communauté universitaire. Depuis 2004, l’Université de Lausanne s’est dotée d’organes de consultation et de décision, tel que le Conseil de l’Université, précisément dans le but de débattre et de prendre des décisions sur des questions de cette importance.

1 Directive de la Direction 5.4. http://www.unil.ch/interne/files/live/sites/interne/files/textes_leg/5_bat/dir5_4_affichage_et activites_promotionnelles.pdf

2 La Charte de l’Université de Lausanne. http://www.unil.ch/central/fr/home/menuinst/organisation/les-documents-officiels/charte-unil.html

Assemblée générale du 23 octobre 2014 Ordre du jour

Assemblée Générale, du jeudi 23 octobre 2014, à 16h, à la salle 410, à l’Amphimax.

  1. Ouverture et nomination d’un.e président.e de séance
  2. Approbation de l’ordre du jour
  3. PV de l’AG du 22 octobre 2013
  4. Rapport d’activité 2013-2014 et approbation
  5. Présentation des comptes et du budget, rapport et approbation
  1. Projets 2014-2015
    • Plate-forme cahiers des charges
    • Interpellations au CU (GT Censure, GT Harcèlement)
    • Conférences académiques et réunions militantes
    • Liens avec les Associations du CI d’autres universités
    • Meilleure communication avec les ACI facultaires
    • Autres propositions
  1. Élections
    • Comité
    • Commissions consultatives de la Direction
    • Personnes de contacts dans les facultés
  1. Divers

C’est la rentrée, c’est bientôt notre AG, et on cherche des personnes motivées à s’engager! 

Après une année riche en mobilisation (action cahiers des charges, 10 ans d’Acidul, lutte contre le harcèlement, charte du doctorat, etc), ACIDUL reprend ses activités après une petite pause estivale.

ACIDUL est l’association du Corps intermédiaire et des doctorant.e.s de l’Université de Lausanne. Notre but principal est de défendre les droits, de fédérer et d’organiser les délégations du corps intermédiaire et des doctorant.e.s.

Nous agissons à différents niveaux:

  • lutte pour les droits et l’amélioration des conditions de travail des doctorant.e.s (clarification des cahiers des charges, lutte contre le harcèlement, etc).
  • critique du fonctionnement du monde académique et de la recherche dans le cadre des Etats généraux de la recherche (lien: ici).
  • organisation des délégations du corps intermédiaire dans les nombreuses commissions de la direction (commission de l’enseignement, de l’égalité, de la recherche, etc).
  • accueil et conseil dans le cadre d’une permanence (lien: ici).

Nous vous invitons à venir nombreuses et nombreux à notre

Assemblée Générale, le jeudi 23 octobre 2014, à 16h, à la salle 410, à l’Amphipôle.

Ce sera l’occasion de discuter des activités passées et à venir!

Enfin, nous sommes toujours à la recherche de personnes motivées à faire vivre l’association en s’engageant au comité d’ACIDUL. Pas besoin de connaissances particulières, si vous êtes intéressé.e à défendre vos droits et à représenter vos collègues, venez discuter avec nous lors de l’AG ou envoyez-nous un mail (acidul@unil.ch).

ACIDUL vous souhaite une bonne rentrée académique!

Parce qu’une université sans harcèlement est possible et nécessaire

Une assistante diplômée, victime de harcèlement moral de la part de sa directrice de thèse, a obtenu réparation après une longue et difficile lutte. ACIDUL et le Syndicat des services publics, qui se sont engagés aux côtés de notre collègue, se félicitent de ce résultat. La reconnaissance et la réparation du tort par les autorités du Canton de Vaud et la Direction de l’UNIL lui permettent de poursuivre sa thèse dans des conditions sereines et avec la satisfaction d’avoir mené un combat qui, nous l’espérons, inspirera les autres victimes de harcèlement à l’UNIL. La professeure auteure du harcèlement ne travaille plus à l’UNIL.

Pour ACIDUL, cette issue est une victoire qui crée un précédent important dans la lutte contre le harcèlement à l’Université et contre l’impunité de ses auteur.e.s. Ce cas prouve que les victimes ont des droits, et qu’il est possible de les défendre collectivement.

Nous saluons les services de l’Etat de Vaud, ainsi que la Direction de l’UNIL pour avoir reconnu le cas de harcèlement et pris les mesures qui s’imposaient. Cette reconnaissance n’a pas été facile à obtenir pour la requérante et ses soutiens, et la procédure a été très longue, mais elle a fini par porter ses fruits.

Nous considérons maintenant qu’il est important de rendre visible cette lutte afin d’apporter de l’espoir à toutes les personnes qui peuvent se retrouver dans des situations similaires. Le silence et l’isolement règnent trop souvent en ce qui concerne le harcèlement moral, c’est même une de ses caractéristiques; nous devons tout faire pour le briser. Le silence ne bénéficie qu’aux harceleur.euse.s. La structure universitaire est hiérarchique, patriarcale et se caractérise par des rapports de pouvoir et de dépendance très forts. L’Université est un terreau fertile pour le harcèlement.

ACIDUL travaille à ce que le Corps intermédiaire s’organise et se soutienne face au harcèlement. Nous nous engageons également auprès de l’UNIL pour qu’elle accentue ses efforts de prévention, qu’elle informe au mieux ses collaborateurs et collaboratrices sur la problématique du harcèlement et sur leurs droits, et qu’elle clarifie les procédures.

Parce qu’une université sans harcèlement est possible et nécessaire. Organisons-nous et défendons nos droits !

Si vous ou l’un.une de vos collègues semble victime de harcèlement, il est important de le faire savoir. Nous sommes là pour en discuter, analyser la situation, et vous soutenir dans les éventuelles démarches que vous aimeriez entreprendre pour vous sortir de cette situation.