Cahiers de doléances

Afin de créer une dynamique de réflexion commune, voici les cahiers de doléances qui nous ont été adressés.

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Quelle est votre opinion générale sur les conditions de la recherche aujourd’hui?

Les chercheurs n’ont presque plus de temps pour chercher et encore moins pour réfléchir. Et ça devient de plus en plus vrai à mesure qu’on progresse  dans le métier.

Quelles expériences personnelles positives ou négatives concernant la recherche en Suisse souhaitez-vous transmettre dans le cadre de ces réflexions?

Je pourrais raconter ma vie de chercheur, mais elle est sans doute très semblable à celle des autres chercheurs.

Quelles propositions de changements feriez-vous?

Pour la recherche appliquée, créer des meilleures conditions de travail en commun avec ceux qui pourront et devront utiliser les résultats dans le domaine public: administrations, parlement, gouvernements, …

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Quelle est votre opinion générale sur les conditions de la recherche aujourd’hui?

En Suisse, si on entre dans le système institutionnel post-doc (MA, etc.), la situation est bonne à moyen terme, mais l’insécurité de l’emploi reste un problème très grave.   Le système de l’assistanat (en sciences humaines) est une catastrophe – absence de formation postgrad, travail administratif écrasant, beaucoup trop d’échecs.

Quelles expériences personnelles positives ou négatives concernant la recherche en Suisse souhaitez-vous transmettre dans le cadre de ces réflexions?

Les salaires sont très bons.  Absence d’écoles doctorales dignes de ce nom (en sciences humaines) absence d’enseignement post doc.  Trop souvent manque de transparence et de démocratie dans les processus de décision – en particulier les nominations.  publish or perish – mais peu de plateformes locales accueillant les publications de jeunes chercheurs.

Quelles propositions de changements feriez-vous?

Il me semble qu’il faudrait viser l’abolition de l’assistanat et passer à un système de bourses doctorales.  Je souhaiterais des audits externes (à l’uni) à la fois pour la qualité du travail et pour appuyer les processus de nominations mais aussi pour contrôler les conditions de travail des assistants en particulier.  L’utilisation des fonds alloués aux facultés doit être mieux contrôlée.

Nicolas Meylan, Unil, histoire des religions

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Quelle est votre opinion générale sur les conditions de la recherche aujourd’hui?

Étant en fin de master en Lettres, je me rends compte de la difficulté soit de trouver un stage par le biais de l’unil (alors que l’epfl aide ses étudiants), soit d’accéder à un poste d’assistanat afin de financer une thèse.

(pour info, le Service d’orientation et conseil de l’UNIL (SOC) met à disposition des étudiant.e.s et des doctorant.e.s des ressources, pour les aider dans leurs recherches de stages ou d’emplois après leur formation. À voir ici: www.unil.ch/soc )

Quelles expériences personnelles positives ou négatives concernant la recherche en Suisse souhaitez-vous transmettre dans le cadre de ces réflexions?

Les réseaux, et le « pistonnage » qui les accompagne, rend l’accès à un poste d’assistant-étudiant ou d’assistant difficile, les postes étant quasi attribués à l’avance.

Quelles propositions de changements feriez-vous?

Mettre sur pied une école doctorale qui permette à un plus grand nombre d’accéder à une thèse: comment faire un doctorat si l’on n’est pas rétribué un minimum (3’500 brut)?

Remarques générales:

Penser à la relève de demain!

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Quelle est votre opinion générale sur les conditions de la recherche aujourd’hui?

Dans l’ensemble je râle. Dans mon domaine (médecine, psychiatrie), ce qui me frappe le plus c’est le conformisme, le mimétisme, les forces contraignant la pensée (le format même de l’abstract conditionne et limite les discours possibles), l’enthousiasme hypocrite et l’absence d’esprit critique. Et aussi l’ennui: les articles publiés, les posters, sont très ennuyeux. Les congrès surtout, ce rituel compassé ou aucune polémique n’est possible, réglés comme des coucous, c’est angoissant rien que d’y penser. Je me demande aussi dans quelle mesure les caractéristiques de la recherche biomédicale contemporaine (pression à la publication,  explosion du nombre de revues et d’articles publiés, occurrences, financement conditionné aux résultats et en général à court terme) n’expliquent pas au moins en partie sa stérilité, alors même qu’elle dispose de moyens toujours plus vastes (cette stérilité est une hypothèse, qu’il faudrait démontrer d’une manière ou d’une autre, et qui pourrait relever d’autres explications, comme un ‘ceiling effect': on a trouvé vite ce qui était facile à trouver, le reste est plus long à mettre à jour – mais (1) cette stérilité me paraît assez évidence – il y a peu de progrès significatif depuis 30 ans qui ne soit pas liés en fait à de l’ingénierie: soit progrès technique, imagerie, biologie moléculaire, etc.; soit progrès dans les protocoles, comme en oncologie; mais très peu d’innovation véritable (2) je ne vois pas pourquoi il devrait y avoir un ceiling effect, normalement nous devrions comprendre toujours mieux le vivant, et de mieux en mieux, et les progrès techniques aidant la science devrait avancer davantage qu’elle ne le fait.

Quelles propositions de changements feriez-vous?

Moins de flicage, d’indicateurs, de bibliométrie, de compétition, et davantage de confiance accordée aux chercheurs. Il y a une dimension de pari humain à assumer.

Michael Saraga, Policlinique Médicale Universitaire, Psychiatrie

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Quelle est votre opinion générale sur les conditions de la recherche aujourd’hui?

Tres bonnes conditions pour faire la recherche en Suisse.

Quelles expériences personnelles positives ou négatives concernant la recherche en Suisse souhaitez-vous transmettre dans le cadre de ces réflexions?

Positive: stabilité financière Négative: une demande forte sur le résultats

Quelles propositions de changements feriez-vous?

Meilleur gestion de fonds et un processus transparent.

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Quelle est votre opinion générale sur les conditions de la recherche aujourd’hui?

Les conditions de travail favorisent peu un travail de recherche. L’adoption du calendrier Bologne a encore péjoré gravement le temps à disposition. En effet, le mois de juin est de toute façon mangé par toutes sortes d’obligations administratives, d’examens, d’évaluations supplémentaires, sans parler des gens qui ont des enfants scolarisés dont l’horaire en juin est tout ce qu’il y a de plus aléatoire.  La reprise en septembre est également catastrophique dans ce sens, et surtout encore pour les gens qui ont des familles. Il s’agit alors de sacrifier les vacances en famille et de caser les enfants dans des structures d’accueil. Est-ce vraiment la solution? afin de garder juillet août libres.

Quelles expériences personnelles positives ou négatives concernant la recherche en Suisse souhaitez-vous transmettre dans le cadre de ces réflexions?

Je ne tiens pas à donner d’exemples précis mais à insister sur le fait que concilier recherche et famille (dès le moment où l’on trouve aussi important d’être présent dans le cadre familial) relève du casse tête.

Quelles propositions de changements feriez-vous?

Revenir au calendrier académique précédent bien que cela paraisse difficile. Privilégier les candidatures suisses au détriment des candidats étrangers. A ma connaissance nous sommes un des rares pays à ne pas privilégier notre propre relève, ce qui revient à exprimer le fait que nous ne la considérons pas comme valable.

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Quelle est votre opinion générale sur les conditions de la recherche aujourd’hui?

Je ne peux dire qu’une chose: précarité. En tant que postdoctorante, je ne sais pas si mon poste va se poursuivre, je considère mon salaire trop bas par rapport au nombre d’années que j’ai étudié et je ne suis absolument pas certaine de rester dans le monde académique. Il y a peu de postes de professeurs, qui sont en soit pas attrayants vu le nombre d’heures que nos prof passent au labo et qu’ils passent leur temps à des choses purement administratives et à la recherche de fonds. En somme c’est un gouffre et on est mal payé, en quelque sorte, un pont pour chercher autre chose. On est mal vu si on fait les heures de bureau normales « 8 heures par jour) et les activités extérieures son inimaginables si on veut avoir du succès, chose que de plus en plus je ne veux pas y renoncer. Je considère que le postdoctorant devrait être une activité plus envers l’éducation et l’aide aux doctorants, ainsi qu’à la bibliographie et à la réflexion plutôt qu’a l’expérimentation en elle même qui devrait être faite par des techniciens qui sont souvent plus efficaces car engagés pour cela. En gros, l’organisation des laboratoires est centrée sur le fait que tout un chacun doit s’occuper de tout son projet et que l’on doit faire toutes les taches en même temps, plutôt que de mieux les répartir et de s’organiser.

Quelles expériences personnelles positives ou négatives concernant la recherche en Suisse souhaitez-vous transmettre dans le cadre de ces réflexions?

Positives: les moyens, on en a beaucoup et c’est très plaisant de travailler avec les moyens, le matériel de haute qualité, ne pas avoir de restrictions de budgets, pourvoir aller aux conférences, cela est excellent en Suisse.  Les conditions par rapport à autres pays, vacances, congés maternité, etc. Mais cela est comme ça dans tous les secteurs en Suisse et ce n’est pas spécifique du milieu scientifique.  Négatives: manque de réseautage au niveau international, manque d’innovation et de dynamisme, mauvaise gestion des tâches du laboratoires. En gros j’imagine les laboratoires futurs plus comme des petites entreprises dynamiques plutôt que des entités ou chaque scientifique est dans son coin.

Quelles propositions de changements feriez-vous?

Augmenter et promouvoir les aides pour les nouvelles technologies, stimuler les engagements de personnel technique de qualité et pour cela il faudrait pouvoir avoir les moyens pour les payer mieux.   Promouvoir les interactions entre les scientifiques dans des congrès, mais les posters sont à méditer car parfois inutiles.   Augmenter les salaires des postdoctorants, au moins comme on gagne dans le secteur privé à niveau égal d’éducation.   Proposer des contrats de plus longue durée et stables (non du type: renouvelable chaque année au grès du prof).

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 Quelle est votre opinion générale sur les conditions de la recherche aujourd’hui?

La conditions de beaucoup de chercheurs d’aujourd’hui s’apparente à celle des mercenaires.En particulier  1. ils sont engagés à court terme sur des projets (pour ceux qui ne sont pas stabilisés)  2. il n’y a pas vraiment de réflexion critique sur les enjeux plus globaux de leur recherche (en tout cas dans les sciences exactes).  De plus, en Suisse comme ailleurs, la course pour la stabilisation peut produire un stress énorme, surtout dans les disciplines où la reconversion professionnelle après plusieurs années dans l’académique est difficile.   Dans ce contexte, les exigences de mobilité rendent difficile toute vie conjugale équilibrée et presque impossible toute vie familiale harmonieuse. Les exemples de personnes parvenant à trouver un poste de prof dans l’académique tout en ayant des enfants et un conjoint poursuivant sa propre carrière (pas forcément académique) me semblent très rares.   Enfin la sélections par les publications et les citations produit une inflation de publications, de citations, et d’auteurs qui rend finalement le travail scientifique moins efficace. Par exemple, il est presque inconcevable qu’un travail inabouti car pas vraiment prometteur, ne soit pas quand même publié quelque part au prix d’un long travail superflu à la fois des auteurs, des reviewers et des lecteurs.

Quelles expériences personnelles positives ou négatives concernant la recherche en Suisse souhaitez-vous transmettre dans le cadre de ces réflexions?

Le système encourage fortement la formation de spécialistes au détriment des personnes ayant un bagage pluri-disciplinaire. Après avoir annoncé mon intention de changer de discipline de recherche après mon doctorat, mon directeur de thèse m’a mis en garde (avec raison sans doute) que cela ruinait mes chances de trouver une place fixe dans l’académique. Et en effet, le temps de me plonger dans une nouvelle discipline, il en a résulté un « trou » dans ma liste de publications, sur lequel on m’a demandé de m’expliquer en entretien d’embauche.

Quelles propositions de changements feriez-vous?

Réduire les exigences de mobilités, accorder moins d’importance à la liste de publications et plus à l’originalité de la recherche. Rendre l’évaluation des chercheurs et des projets moins bureaucratiques, par exemple en décentralisant le FNS.

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 Quelle est votre opinion générale sur les conditions de la recherche aujourd’hui?

Je ne parle que de ma situation, que je juge très bonne.   J’ai la chance d’avoir un poste d’assistant à 80% (j’ai dû batailler pour que mon 60% soit augmenté, car je ne pouvais pas en vivre sinon), de faire partie d’une équipe de chercheurs à Lausanne très soudée et dynamique, d’être inclue dans une école doctorale (ED18) très généreuse financièrement parlant et qui fonctionne bien (stimulation intellectuelle). Celle-ci va malheureusement disparaître prochainement.  Concernant mon assistanat, j’ai de la chance d’avoir plus un poste de chercheur que d’assistant, et mon temps d’assistanat ne déborde ainsi jamais sur mon thèse, ce qui est une situation malheureusement très rare. Je n’ai pas de charge de cours, très chronophage.

Quelles propositions de changements feriez-vous?

Interdire d’embaucher des assistants au-dessous de 80%. Ceci pour des raisons financières et pour l’avancement de la thèse.  Les structures mises en place par l’université de Lausanne ne sont pas assez strictes, et l’emploi du temps de l’assistant dépend trop du prof auquel il est rattaché. Trop souvent les profs se déchargent abusivement sur les assistants, qui n’ont ensuite plus le temps de travailler à leur thèse, et terminent leur assistanat sans thèse. Ou alors les sections exigent des assistants une trop lourde contribution (comme c’est le cas pour le français, l’histoire et l’histoire de l’art)  Concernant le FNS, la rétribution des doctorants FNS est tout simplement scandaleuse. Ils sont payés moins bien qu’une caissière à la Migros. C’est de l’abus total. Il ne faut pas s’étonner après qu’un grand nombre de thèses ne soient pas achevées.  L’expérience professionnelle d’un doctorant doit être prise en compte lors de son engagement. J’avais 5 ans d’expérience professionnelle avant d’être engagée par l’uni, et j’ai commencé tout en bas de l’échelle des salaires, comme si je venais de sortir de l’uni.  Je souhaiterais que le FNS arrête d’imposer comme condition sine qua non pour ses bourses de devoir se rendre à l’étranger. Cela exclut tous les chercheurs qui travaillent sur l’histoire suisse. Ce qui est mon cas. 

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 Quelle est votre opinion générale sur les conditions de la recherche aujourd’hui?

Compared to other countries, the conditions are excellent. Funds are relativly easily avaliable. Maybe sometimes even too easy so researches at all levels dont become competitive enough to succeed on the job market. There are still cases where the « corps intermédiare » gets too much workload for things not related to the advancement of their PhD theis and their own research, however this has become less of a problem than in recent years.

Quelles expériences personnelles positives ou négatives concernant la recherche en Suisse souhaitez-vous transmettre dans le cadre de ces réflexions?

I think the dependency is still too high. I would in general opt for a divions between supervision of PhD thesis and the jury, so a PhD candidate is not so dependent on a single person but gets a more independent evaluation of the work. I experienced in recent years a lack of competetiveness in hiring processes, personal ties were too important and academic performance (publications in high ranked journals, teaching record, capability to find funds) was not valued enough. The same was true for some promotions. This creates bad incentives. 

Quelles propositions de changements feriez-vous?

I think we should move towards an anglosaxon system: stuructured PhD programs with fees and good students get scholarships. During the PhD phase PhD students get paid if they contribute to teaching. After the PhD and maybe after a post-doc phase, there is an open and competitive hiring process and then you get on a tenure track with a clear career path. This would give young scholars a clearer career perspective, flatten hierarchies and would also be the most effective change to  more women in academia.

Remarques générales:

The general critisim stated in the « appel » seems slightly misguided to me. Universities are and should be competitive institutions, where positions at all levels are filled based on academic performance. Of course there is some variation what this means and this is fine. But in general its creativity in your own research which translates into sound publications (which is usually in peer reviewed journals) and a solid teaching record as well as the ability to contribute to academic side activities such as organizing conferences, being able to find funding, serve on committees etc. Procedures can be improved everywhere – fair enough – but I dont share the view that the system of peer review at journals or with funding application as implemented for example by the SNF is fundamentally wrong. Its also not wrong to assess staff at all levels based on their publication record as long as variation is allowed how and where people publish, which there is. But not publishing or publishing things nobody actually reads or cites is not very desirable for anyone. The critisism in the « appel » translates to me: « Give us money and decent salaries, but dont ask what for and why and certainly don’t come afterwards and ask what we have done with the money, because this is interfering in our academic freedom ». This can most certainly not be the goal. Competition in academia is a good thing and we as the « corps intermédiare » should push for clear rules and criteria and should make sur we get enough support to compete in academia (e.g. get enought funding to go to conferences when we want to present our papers or get enought time to work on our research and publications). If this is not the case, people from Lausanne risk to have a severe disadvantage on the academic job market.  So lets see if you will post this thougts on the platform and allow critisism of the highly appreciated « critical thinking » or if you only allow views which share the general self-pitty approach of the « appel ».

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 Quelle est votre opinion générale sur les conditions de la recherche aujourd’hui?

Nous sommes indéniablement confronté à une réalité déshumanisante de la recherche en sciences sociales. Quelle ironie du sort!  Aussi difficile que cela peut être de se l’avouer, nous faisons de plus en plus la recherche qui répond aux besoins de l’entreprise, du capitalisme, du marché du travail, et ce, pour « bénéficier » d’un profit à court terme. Nous sommes de moins en moins en train de faire de la recherche pour répondre aux besoins réels de l’humain et pour répondre à de vraies questions d’ordres humains et sociaux. Sommes nous des managers ou des chercheurs ?  Tout est fait de telle sorte pour valoriser la quantité plutôt que la qualité d’articles publiés. Il est donc grand temps de bien se positionner et de se défendre, car la situation est critique. Il faut rompre ce silence, rester solidaires et se battre pour reprendre notre place dans le monde la recherche des sciences humaines.

Quelles expériences personnelles positives ou négatives concernant la recherche en Suisse souhaitez-vous transmettre dans le cadre de ces réflexions?

La pression pour publier des articles prend le dessus sur la valorisation du travail même de la thèse. Le temps nécessaire pour la réflexion intellectuelle est réduite et la qualité du travail s’appauvrit. Nous devenons ainsi des managers au service des fonds externes ou internes qui nous financent plutôt que des chercheurs au service de la construction du savoir. Je suis déçue de cette réalité. J’aime la recherche avant tout et le savoir.

Quelles propositions de changements feriez-vous?

Les changements doivent se faire au niveau des patrons et surtout au niveau de ceux qui financent la recherche. Un dialogue transparent entre ces acteurs et les chercheurs (Prof., MER, MAS, assistants-doctorants, etc.) pour mieux établir les besoins et réalités de chaque partie seraient le meilleur point de départ.

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Quelle est votre opinion générale sur les conditions de la recherche aujourd’hui?

Un système national suisse qui s’en tire mieux que la moyenne. Je suis d’accord avec vos critiques sur les évolutions mondiales. Néanmoins la situation est historiquement inédite : jamais une telle proportion de la population ne s’est consacrée à la connaissance. Si on prend ce recul, on relativise (sans les excuser) les maladies de croisssance.  La niaiserie bibliométrique n’est qu’une des facettes du new public management et des contraintes économiques qui pèsent sur l’université. La compétition entre idées est et a toujours été au fondement de la création de connaissances, le problème est sa transposition maladroite à certaines procédures et le manque de résistance vis-à-vis des contraintes sus-citées : éditeurs, disciplines appliquées, marchandisation (cf. Freitag dans votre biblio).

Quelles expériences personnelles positives ou négatives concernant la recherche en Suisse souhaitez-vous transmettre dans le cadre de ces réflexions?

Un appareil FNS un peu opaque et bureaucratique mais doté d’un éventail unique de financements. Une taille nationale trop basse pour empêcher certains effets de consanguinité. Les chercheurs FNS ne sont pas reconnus à la hauteur de leur contribution à la recherche, à tout le moins à l’UNIL : FNS seniors sans statut, hors corps, aucune possibilité d’élire et d’être élu.e. Derrière cela, question des statuts temporaires (chargé.e.s de cours, etc.) : pourquoi les pérennes seraient-ils plus apte à participer à la gestion de l’université ? Si les temporaires sont capables de participer efficacement à la recherche et à l’enseignement sur de courtes durées, pourquoi ne sauraient-ils en faire autant pour les tâches de gestion de l’université ?

Quelles propositions de changements feriez-vous?

Inciter à des évaluations non strictement bibliométriques (ce qui se fait déjà en partie). Former les universitaires, en priorité les chefs mais aussi les futurs chefs, à ce qu’ils sont payés pour faire mais ne savent souvent pas faire parce qu’ils n’ont pas été formés : gestion de fonds, direction d’équipes, encadrement, animation, lien avec le monde extra-universitaire, réflexion sur l’Université au-delà de leurs intérêts personnels, voire enseignement. Si les cadres de l’université comprenaient les enjeux et s’émancipaient de leurs penchants mandarinaux, l’ensemble de l’institution progresserait plus vite. Les nouveaux enjeux et les nouvelles contraintes pesant sur l’Université imposent des cadres mieux formés. Préserver l’autonomie de l’Université. Reconnaître les fns seniors et plus largement les temporaires.

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Quelle est votre opinion générale sur les conditions de la recherche aujourd’hui?

D’après mon expérience d’assistant-doctorant en anthropologie et de celle de mes collègues, nous faisons face à un grand problème et à une incompréhension, qui ne doit pas être restreinte à notre discipline. En effet, les méthodes qualitatives qui nécessitent un lent et long ancrage dans un/des lieu(x) donné(s) ne sont pas valorisées (voire pas comprises), ce qui engendre une difficulté importante pour mener une recherche et également une perte de crédibilité face à des doctorants d’autres pays. Le FNS ne dispose par exemple pas de bourses pour effectuer une telle recherche.

Quelles expériences personnelles positives ou négatives concernant la recherche en Suisse souhaitez-vous transmettre dans le cadre de ces réflexions?

Etant donné que le FNS ne dispose pas de bourse pour effectuer une recherche empirique de longue durée, j’avais postulé pour la bourse jeune chercheur afin de pouvoir faire ma recherche de terrain, sans laquelle il m’est impossible d’envisager un doctorat, puisqu’une thèse en anthropologie doit se baser sur celle-là. Je n’ai pas obtenu les fonds, car cette bourse ne finance pas la « récolte de données », mon dossier ayant été écarté dès le départ (notons également un problème de communication, puisque j’ai été convoqué à un entretien avec la commission scientifique et qui s’est déroulé comme si j’avais toutes mes chances). J’ai dû me tourner vers des fondations privées. Elles ne sont pas nombreuses, en tout cas pour l’anthropologie, et leur financement est réduit. La SAV m’a octroyé la Bourse Bonjour (qui se montait à l’époque à 15’000 frs, somme importante mais insuffisante pour une année de recherche à l’étranger); cependant elle a décidé par la suite de ne plus octroyer cette bourse pour les recherches de terrain des doctorants en anthropologie (ce fut le cas de deux collègues). La situation semble donc se dégrader, au lieu de s’améliorer.

Quelles propositions de changements feriez-vous?

Le FNS devrait envisager une bourse spécialement destinée à des recherches de terrain de longue durée pour doctorants (qui serait utile pour les anthropologues, mais aussi potentiellement pour des sociologues, historiens, géographes ou autres).

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 Quelle est votre opinion générale sur les conditions de la recherche aujourd’hui?

Le nombre de chercheurs a explosé ces dernières années. – Résultats: pour beaucoup de chercheurs il devient difficile de trouver un sujet de recherche qui n’ait pas déjà été exploité. Les sujets de recherches sont choisis non pas tant sur l’importance ou l’intérêt du sujet, mai sur le fait qu’ils sont encore relativement peu exploités. Et les publications sont remplies de résultats de ces recherches-là: souvent peu pertinentes, futiles voir absurde. Les chercheurs ont de la peine à survivre. Au point que cela peut les  préoccuper plus que leur sujet de recherche en soi. Que faire? Il ne s’agit pas seulement d’améliorer les conditions de vie des chercheurs, il faut encore que leurs recherches puissent être intéressantes, importantes, pertinentes.  Ce serait donc les deux axes inséparables que je propose d’explorer, sans jamais abandonner l’un au profit de l’autre: Comment faire de la recherche à la fois dans de bonnes conditions et qui ait un sens?  Il y a donc quelques questions préalables à se poser: Comment définir une recherche intéressante, importante, pertinente? Qui le définit? Qui pourrait le faire mieux que les actuels responsables d’attribution des fonds et des postes? Par exemple: Faudrait-il, comme dans tel système judiciaire ou politique, introduire un regard extérieur, des jury populaires, des comités de citoyens ou que sais-je, qui aident à décider des recherches qui doivent être soutenues?

Quelles expériences personnelles positives ou négatives concernant la recherche en Suisse souhaitez-vous transmettre dans le cadre de ces réflexions?

(cf réponse à 1ère question, notamment:) J’ai été frappé de voir qu’un sujet de recherche est choisi non pas tant sur l’importance ou l’intérêt du sujet, mai sur le fait qu’il est encore relativement peu exploité. Et les publications sont remplies de résultats de ces recherches-là: souvent peu pertinentes, futiles voir absurde.  Les chercheurs ont de la peine à survivre. Au point que cela peut les  préoccuper plus que leur sujet de recherche en soi. Que faire? Il ne s’agit pas seulement d’améliorer les conditions de vie des chercheurs, il faut encore que leurs recherches puissent être intéressantes, importantes, pertinentes.

Quelles propositions de changements feriez-vous?

(cf réponse à 1ère question, notamment:) Ce serait donc les deux axes inséparables que je propose d’explorer, sans jamais abandonner l’un au profit de l’autre: Comment faire de la recherche à la fois dans de bonnes conditions et qui ait un sens?  Il y a donc quelques questions préalables à se poser: Comment définir une recherche intéressante, importante, pertinente? Qui le définit? Qui pourrait le faire mieux que les actuels responsables d’attribution des fonds et des postes? Par exemple: Faudrait-il, comme dans tel système judiciaire ou politique, introduire un regard extérieur, des jury populaires, des comités de citoyens ou que sais-je, qui aident à décider des recherches qui doivent être soutenues?

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 Quelle est votre opinion générale sur les conditions de la recherche aujourd’hui?

Le discours des autorités universitaires est paradoxal: en sciences humaines, il est implicitement attendu que la recherche nourrisse l’enseignement et inversement; cependant, l’enseignement passe avant la recherche, comme la pointe visible de l’iceberg, celle pour laquelle l’universitaire est payé-e, alors que la recherche est trop souvent considérée comme une activité certes obligatoire mais à laquelle n’est dévolu aucun temps reconnu: on fait de la recherche « à côté ». Cet « à côté » est cependant très restreint lorsque l’on a une famille à charge, un des problèmes étant que le salaire du corps intermédiaire ne permet pas, ou partiellement seulement, la prise en charge des enfants par des structures d’accueil parascolaires. Ainsi, l’universitaire parent appartenant au corps intermédiaire qui, malgré de nombreuses années de travail derrière elle/lui, n’a pas le salaire lui permettant de lui libérer le temps nécessaire à une recherche de qualité en parallèle à la préparation des cours consacre en priorité son temps à cette dernière activité, l’activité visible et dont la demande est immédiate. De ce fait, la partie invisible de son travail, la recherche, à laquelle est dévolu le temps des soirées, des week-ends et des vacances – des heures supplémentaires non payées et qui nuisent de façon conséquente à la qualité du travail, à la qualité de vie, voire à la santé – pâtit de cette situation. Ajoutons à cela la précarité des contrats et la course aux lignes de cv, et le cercle est parfaitement vicieux: en effet, lorsque vient l’heure de chercher un nouveau poste, la longueur du cv ayant été tronquée par le manque de temps consacré à la recherche, en plus des mois, voire des années parfois consacrées aux grossesses et aux congés maternité, la perte d’emploi en cours de carrière guette.   En pratique, les questions comme celles-ci abondent dans le milieu  universitaire: comment peut-on, lorsque l’on est une femme universitaire en Lettres, se présenter sur le marché du travail académique avec un cv réduit, non seulement du fait des congés maternité, théoriquement pris en compte lors de l’appréciation du cv, mais aussi du fait du manque de temps consacré à la recherche par faute de moyens permettant la garde des enfants? Comment peut- on, lorsque l’on est un homme universitaire en Sciences, garder contact avec sa famille lorsque les pourcentages de travail sont inflexibles et la compétitivité infernale? Comment des universitaires peuvent-ils donner le meilleur d’eux-mêmes dans leur travail et contribuer néanmoins à l’éducation et à la relève de la société par le biais d’une vie de famille – et nous ne parlons même pas de la qualité de la vie privée de ces universitaires? La situation actuelle n’apporte pas l’équilibre désiré qui permettrait aux chercheurs et enseignants de mener à bien leur travail sur tous les fronts, comme il est attendu d’eux.   Le taux de fréquentation de l’université par les deux sexes et la longueur des études ont évolué, à l’inverse des cursus: il est temps d’adapter le système à une société qui vante, à raison, à la fois la professionnalisation des femmes et l’implication des hommes dans la vie de famille. Le corps intermédiaire n’est plus uniquement composé de jeunes assistants au sortir de leurs études; des hommes et des femmes d’âge moyen sont aussi en position professionnelle précaire, et tant leur famille que la qualité de leur travail en souffrent. Libérons la créativité et l’excellence en mettant en avant la qualité du travail et non la quantité, la compartimentalisation des tâches et non des postes, la flexibilité des horaires et non des tâches. Mettons l’accent sur l’humain, et non le gain, et les résultats suivront.

 Quelles expériences personnelles positives ou négatives concernant la recherche en Suisse souhaitez-vous transmettre dans le cadre de ces réflexions?

Il s’agit de créer des postes qui ne s’inscrivent pas dans la filière  monolithique actuelle qui impose un cursus figé. Les sciences humaines offrent souvent déjà, contrairement aux sciences dites dures, la flexibilité des pourcentages variés de travail, qui permet à chacun-e de choisir ses priorités et faire des choix de vie qualitatifs plutôt que quantitatifs. L’offre des postes de travail  devrait prendre en compte le fait que tout-e universitaire ne désire pas « grimper les échelons »: certains d’entre nous sont d’excellents pédagogues et mettent l’accent sur cet aspect de leur travail; d’autres sont des chercheurs hors pair: offrons-leur la possibilité de se plonger plus complétement dans ce domaine; nombre d’entre nous, dans un monde professionnel à la fois précaire et qui demande une grande pluridisciplinarité, ne sont plus attirés par les honneurs qu’apportent les postes du haut de l’échelle, mais aimeraient se concentrer sur les tâches intellectuelles dans lesquelles ils ont des talents. Ainsi, des postes intermédiaires de chercheurs ou d’enseignants devraient être créés, dont le salaire inférieur à celui du corps professoral serait pour ainsi dire compensé par un cahier des charges allégé, comprenant moins de responsabilités, et, partant, de tâches administratives, décisionnelles et de représentation, mais offrant une plus large marge de manoeuvre dans les domaines de la recherche et de l’enseignement purs, pour faciliter le travail de création et améliorer ainsi de façon naturelle la qualité de notre production intellectuelle et du partage des savoirs, puisque ce sont, essentiellement, les fondements de l’institution universitaire.

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 Quelle est votre opinion générale sur les conditions de la recherche aujourd’hui?

Une précarité des jeunes chercheurs qui ne les pousse qu’à performer selon des critères qui n’ont rien à voir avec la recherche scientifique : Le parcours de jeune chercheur n’est désormais qu’une compétition ou il s’agit avant tout d’être meilleur que les autres, par tous les moyens, pour survivre. Cela peut impliquer de se tirer dans les pattes entre chercheurs au lieu de collaborer pour atteindre un but commun, le développement des connaissances.

 Quelles expériences personnelles positives ou négatives concernant la recherche en Suisse souhaitez-vous transmettre dans le cadre de ces réflexions?

Une très négative : on commence ce métier avec des idéaux pleins la tête, une volonté sincère de contribuer au développement de la recherche et des connaissances, et au fil du temps, on s’aperçoit que ces idéaux ne correspondent pas à la réalité du jeune chercheur, qui consiste essentiellement à tenter de survivre au milieu d’une jungle toujours plus hostile.

 Quelles propositions de changements feriez-vous?

Que tous les postes liés à l’enseignement et à la recherche, de l’assistant au professeur, soient à durée indéterminée, avec possibilité de promotion interne, comme cela se fait d’ailleurs dans la plupart des entreprises de l’économie privée. La précarisation des enseignants et chercheurs n’apporte absolument rien, ni au développement des connaissances, ni à la qualité de l’enseignement.

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Quelle est votre opinion générale sur les conditions de la recherche aujourd’hui?

Je suis plutôt satisfaite, j’ai des fonds qui me sont octroyé en tant que doctorante pour participer à des colloques, remboursement de déplacement, un beau bureau, une machine à café, une secrétaire d’institut, des cours de formation etc.. pour ma première année de doctorat et pour avoir vu d’autres collègues dans d’autres pays limitrophes, la suisse est privilégiée pour ce qui concerne la recherche (infrastructures, possibilité, déplacement etc…), à ce niveau là R.A.S… tant que mon salaire ne me pénalise pas pour la participation à des colloques… (je suis doctorante FNS à 50%) Thèse en solitaire ou rattachée à un projet/assistanat etc..:En y réfléchissant bien, le mythe de la thèse personnelle faite chez soi est une grosse erreur, c’est un stéréotype encore culturellement fort mais aussi promulgué d’une certaine manière par le FNS, si je ne me trompe pas. Dans tous les cas, c’est une orientation à laquelle je ne crois pas. Bref je ne penche pas vraiment vers la « recherche en solitaire »…. ca m’interpelle qu’on donne des fonds à cette tendance…mais je me reste ouverte à des informations/explications complémentaire ne m’étant pas documentée extrêmement sur le sujet….  J’ai l’impression que la synergie (interdisciplinaire, entre instituts ou facultés, etc..) est intéressante voire même obligatoire… (effectivement je bosse en équipe, à l’intérieur d’un projet synergia du fns….) De ce fait, il y a un lien direct avec la question de la relève, je m’explique:  certes la course à la publication ou pour être plus général, la dimension compétitive de la recherche, bien que mal perçue, est fondamentale pour la relève… la recherche ne doit pas mettre en avant des postes pour des privilégiés, mais des postes privilégiés, c’est-à-dire des postes de recherche dont des personnes motivées et compétentes vont pouvoir y donner toute la coloration, un espace sur lequel leur compétence et leur passion peut prendre forme…(j’entends par là la notion d’initiatives!!!)  A mon propre avis, j’ai l’impression que rentrer dans le domaine académique en Suisse, du moins pour le doctorat est assez aisé, indépendamment des domaines. Ce qui donne, en parallèle aux rentrées universitaires à la hausse (toujours plus d’étudiants attentistes et consumériste d’un savoir qu’il ne retienne même pas), une décrédibilisation mais surtout un nivellement du niveau intellectuel… (oui même moi je me demande ce que je fais là et si je peux me considérer comme « compétente »…) bref la recherche se doit d’être élitiste (par défaut), parce qu’elle a besoin de résultats (c’est pas l’état quand même :-)), et qu’elle laisse la place aux personnes réellement désireuses d’y accéder… en gros : en Suisse c’est trop facile, on devient paresseux…. (ne vous inquiétez pas je me mets dedans également…)(et pas tous le monde rentre dans cette catégorie là bien entendu). Bref, loin des généralisations de bistrots dont je vous fait part, restons-en à l’idée générale que la recherche en Suisse à force d’être couvée ne va pas se diriger vers les orientations que l’on espère, bien au contraire. Nous sommes des privilégiés, certains font honneur à leur place, d’autres poursuivent un but qu’il ne connaissent pas et triment sur une thèse qu’ils ne finiront jamais…une perte de temps considérable sur l’échelle d’une vie non? surtout quand on y a pas pris de plaisir….la recherche doit être un travail de motivés…je sais c’est élitiste mais c’est comme ca qu’elle fonctionne finalement non?

 Quelles expériences personnelles positives ou négatives concernant la recherche en Suisse souhaitez-vous transmettre dans le cadre de ces réflexions?

voir ci-dessus

 Quelles propositions de changements feriez-vous?

en réflexion….

 Remarques générales:

je pense que j’ai lancé un débat là….non?

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Quelle est votre opinion générale sur les conditions de la recherche aujourd’hui?

Je vois deux problèmes majeurs: (1) Au niveau du doctorat, la situation des doctorant·e·s dépend largement de la directrice/du directeur de thèse et de l’environnement institutionnel particulier (laboratoire, institut, etc.). Ça crée des inégalités inacceptables.  (2) Au niveau de l’après-doctoral, les contrats des durées déterminées et la pression à la mobilité internationale me semblent amener des situations très précaires. C’est déjà un problème en soi, mais de plus les personnes dans ces situations sont souvent à un âge où ils souhaitaient fonder une famille ce qui rend l’absence de la stabilité encore plus grave.

 Quelles expériences personnelles positives ou négatives concernant la recherche en Suisse souhaitez-vous transmettre dans le cadre de ces réflexions?

Mes propres expériences jusqu’à maintenant sont plutôt positives. Je fais partie d’un laboratoire très dynamique où les doctorant·e·s reçoivent beaucoup d’attention pour leur travail et où ils ont des plateformes pour discuter leurs questions et partager leurs résultats. J’ai également un directeur de thèse très disponible. C’est un environnement de travail très inspirant et intéressant.  Un souci personnel est que mon partenaire travaille également dans la sphère académique et je crains qu’il sera difficile et compliquer d’organiser une carrière à deux.

 Quelles propositions de changements feriez-vous?

Par rapport aux deux problèmes que je vois j’ai deux propositions: (1) Pour éviter des grandes différentes dans le suivi des doctorant·e·s je trouverai bien si les doctorant·e·s seront soutenu par un groupe de professeur·e·s et non pas par un·e seul·e. (2) Pour éviter des contrats de durée déterminées il faudrait faire des « tenure track » plus courtes, soit d’un an. Après, les profs qui ont fait un bon travail pendant cette année devraient être engagé·e·s de manière stable. Pour les séjours à l’étranger il faudrait plus de soutien de l’FNS pour des couples (aussi pour ceux où les deux font une carrière académique) et jeunes familles.

 

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