Communiqué – Augmentation de salaires à l’UNIL, n’oublions pas les doctorant.e.s sur fonds externes

La Direction de l’Université de Lausanne a annoncé cette semaine une augmentation tout à fait substantielle des salaires de ses enseignant·e·s et chercheuses et chercheurs les moins payé.e.s, à savoir les assistant·e·s-étudiant·e·s, les assistant·e·s diplômé·e·s et les premiers·ères assistant·e·s. ACIDUL se réjouit bien évidemment de cette amélioration, qu’elle demandait depuis de nombreuses années, et salue les efforts de la Direction de l’Université dans sa négociation avec le Conseil d’État. Que cette augmentation concerne aussi les professeur·e·s ordinaires, à savoir les salarié·e·s les mieux payé.e.s de l’Université, n’entame pas notre satisfaction.

Il est cependant une catégorie de salarié·e·s de l’Université, pourtant précaire, qui ne bénéficiera pas de cette amélioration : les doctorant·e·s financé·e·s par des fonds externes, et notamment par le FNS (Fonds national de la recherche scientifique). Malgré une revalorisation salariale de la part du FNS en ce début d’année 2014, le salaire en première année se hisse tout juste à CHF 47’040.- brut annuels (soit un salaire net de CHF 3’400.- par mois environ). L’inégalité salariale risque donc de se créer entre les assistant·e·s financé·e·s par l’Université et les doctorant·e·s financé·e·s par des fonds externes.

Pour répondre à cette préoccupation, ACIDUL a proposé une résolution au Conseil de l’Université lors de sa séance d’hier soir. Acceptée à une large majorité, cette résolution adressée à la Direction de l’UNIL atteste le principe d’égalité de salaires entre assistant.e.s financé.e.s par l’Université et doctorant.e.s sur fonds externes, et demande une revalorisation des salaires de ces dernier.ère.s. La Direction opère déjà une forme de revalorisation sous la forme d’une indemnité de CHF 750.- mensuels. La résolution adoptée hier lui demande d’augmenter cette indemnité de CHF 500.-, afin de combler l’écart de salaire qui apparaîtra dès l’année prochaine, ceci dans l’objectif d’éviter de créer deux catégories de doctorant.e.s, l’une privilégiée et l’autre précaire. 

 

Augmentation salariale pour les assistant.e.s et permie.ère.s assistant.e.s de l’UNIL

La Direction a annoncée aujourd’hui (20 mai 2014) une augmentation de salaire pour les assistant.e.s, les premier.e.s assistant.e.s, ainsi que les assistant.e.s-étudiant.e.s et les professeur.e.s ordinaires.

Cette augmentation fait suite à une demande de la Direction de l’UNIL au Conseil d’État d’analyser le barème salarial de toutes les fonctions d’enseignement de l’UNIL suite à la refonte du système de rémunérations de la fonction publique vaudoise (DEFCO) dont le personnel enseignant de l’UNIL était exclu. Le Conseil d’État a donc procédé à une comparaison avec les autres universités de Suisse, et il s’est avéré que les salaires de ces quatre fonctions étaient résolument trop bas.

Il s’agit d’une augmentation substantielle prévue dès 2015. Les assistant.e.s verront ainsi leur salaire augmenter de 11%, soit un salaire annuel de 65’000.- en première année (contre 58’445.- actuellement),  et de 75’800.- en 5ème année (contre 73’072.- actuellement). Les salaires des premier.e.s assistant.e.s augmenteront quant à eux de 5%, passant à 80’000.- par année en première année (contre 75’800.- aujourd’hui) et à 89’600.- par année en 5ème année (contre 88’379 .- aujourd’hui).

Cette annonce ravit ACIDUL, elle va dans le sens des actions menées ces derniers temps (voir posts ci-dessous) pour une augmentation salariale des jeunes chercheurs.  

>>> lien vers le barème actuel des salaires

>>> lien vers le nouveau barème des salaires en vigueur dès 2015

>>> lien vers l’annonce de la Direction 

Pétition pour une prise en compte des frais d’assurance-maladie par l’Université de Lausanne

Depuis quelques semaines, un groupe de chercheur.euse.s de l’UNIL s’organise pour faire reconnaître le coût trop élevé de l’assurance-maladie. Jusqu’au 1er janvier 2014, les chercheur.euse.s étranger.ère.s bénéficiaient en effet d’un tarif préférentiel en matière d’assurance-maladie, parfois jusqu’à 5 fois moins élevé que les Suisses. Bien évidemment, ACIDUL souscrit au principe de solidarité de l’assurance-maladie et reconnaît qu’à salaire égal, les frais d’assurance doivent être les mêmes pour tou.te.s, peu importe la nationalité. Cependant, la fin de cette situation d’exception remet sur la table le problème général des frais d’entretien, beaucoup trop élevés pour certaines catégories de chercheur.euse.s.

Leur exception n’étant dorénavant plus possible (voir notre article sur le sujet), nos collègues étranger-ère-s se sont en effet rendu compte de la part démesurée de l’assurance-maladie dans le budget des ménages et ont décidé de réagir. En collaboration avec ACIDUL, ils.elles ont mis en ligne une pétition demandant à l’Université de Lausanne une participation financière aux frais d’assurance-maladie, ou une augmentation de salaire pour contribuer à couvrir ces frais, et ce pour tou.te.s les chercheur.euse.s de l’Université.

Les arguments pour soutenir cette pétition ne manquent pas. Depuis plusieurs années, les salaires à l’université n’ont pas augmenté alors qu’une partie des coûts de la vie, comme le logement (notamment à Lausanne) et les primes d’assurance-maladie celle-là même qui est exclue de la base de calcul pour établir le coût de la vie, a explosé. Comme pour toute augmentation de coûts, ce sont les personnes avec les moins bons salaires qui en souffrent le plus. À l’Université, les doctorant.e.s FNS et les assistant.e.s diplômé.e.s font parties de ces personnes pour qui les salaires peinent à couvrir les frais quotidiens. Contraint.e.s de vivre avec le même salaire dans un environnement qui devient de plus en plus cher, la paupérisation commence à grignoter les premiers échelons de l’Université.

Pour contrer cette tendance, deux solutions s’imposent : l’augmentation des salaires, simple et efficace, ou une participation de l’employeur.euse à certains frais, comme ceux de l’assurance-maladie. Rappelons que cette participation est une pratique courante dans certaines professions. Ainsi, certaines conventions collectives suisses prévoient une participation de l’employeur.euse aux frais d’assurance des employé.e.s et de leurs enfants (notamment la convention collective de l’horlogerie de 2007). Si les professeur.e.s et autres titulaires à postes pérennes ne sont pas à plaindre d’un point de vue salarial, ces quelques centaines de francs par mois seraient plus que bienvenues pour les employé.e.s les moins bien payé.e.s de l’UNIL, PAT ou CI confondus.

L’année en cours sera jalonnée d’objets politiques liés à la thématique du pouvoir d’achat. ACIDUL estime donc le moment opportun pour ouvrir le débat sur la question des salaires et sur celle des frais d’entretien des chercheur.euse.s. Les Suisses seront ainsi appelé.e.s à se prononcer sur l’introduction d’un salaire minimum de 4’000 CHF le 18 mai prochain (lien), et prochainement sur la mise en place d’une caisse maladie publique (lien). Quant aux Vaudois.e.s, ils.elles sont sollicité.e.s en ce moment même pour signer deux initiatives populaires, l’une pour un remboursement des frais dentaires (lien), l’autre pour alléger les primes d’assurance-maladie (lien). Autant d’approches révélatrices d’un même problème : les frais quotidiens sont trop importants par rapport au montant des salaires !

Pour ces raisons, ACIDUL estime qu’il est temps de revendiquer une augmentation salariale pour les chercheur.euse.s de l’Unil, et considère que le mouvement initié par nos collègues et le lancement de leur pétition est une occasion à saisir. C’est pourquoi nous soutenons cette pétition et vous encourageons à la signer.

Signalons encore qu’il en va de la qualité de la recherche à l’université de favoriser les conditions de travail de ses chercheur.euse.s débutant.e.s. Le monde de la recherche se doit d’offrir des conditions de travail permettant de garantir une recherche de qualité et des individus motivés. C’est pourquoi nous espérons que l’Université et le Conseil d’Etat entreront en matière sur cette démarche.

 >>> cliquez ici pour signer la pétition en ligne

Foreign researchers caught unexpectedly by steep increase in the cost of Swiss health insurance

ACIDUL would like to disperse the news about a legal change concerning the insurance requirements for foreign researchers and doctoral students in Switzerland. Until now, these researchers covered by foreign health insurance could obtain an exemption to the Swiss insurance requirement because, according to the provenances of LAMal (law concerning National health insurance), these foreign insurances were approved as equivalent. This situation changed as of January 1, 2014.  In effect, even though the canton did not revoke the equivalency of these foreign insurances, it discontinued the exemption for those whose brut salary exceeds 3,500 CHF/month or an employment (activité) over 50%. However, it seems that certain expatriates in government and diplomatic sectors can continue to benefit from these exemptions.

This was a motion put forth through national conseiller Christophe Darbellay, elected in 2012 to the federal parliament, which will interfere with the daily lives our foreign colleagues. It was in the name of “the principle of unity,” underlying the law concerning obligatory health insurance, through which Darbellay asked for the repeal of an amendment to OAMAL. Until now, this amendment offered the possibility for foreign teachers, students, and researchers to have an exception to the obligation to be affiliated with a Swiss insurance. Now it no longer exists.

Henceforth, foreign researchers have no other choice than to subscribe to a Swiss insurance. Now, these few hundred extra francs that are required each month to ensure medical coverage are a problem for young researchers, who are already find themselves financially precarious in their current employ.

In order to attempt to find a solution to this situation, certain researchers at UNIL have organized themselves. They have formed a Facebook page (here) attempting to share information on the issue, and they have decided to fight to improve not only their situation, but that of all researchers at UNIL, foreign and Swiss. Solutions exist. In certain private companies, employers contribute to the cost of the insurance for their employees. In another example, the researcher organization at EPFL has negotiated more financially advantageous conditions for a collective insurance, from which they can all benefit.

These solutions, if they are possible, require that a maximum number of people mobilize themselves on this topic. This signifies equally that they must be informed about the situation, which is actually not the case. In fact, ACIDUL finds it deplorable that the persons concerned themselves haven’t been directly informed of the legislative change, and thus find themselves caught in this situation unexpectedly. We regret above all that the “principle of unity” an important and fundamental ideal, has been applied with a focus on non-permanent employment at the lower earning scale, and we think that it’s time to apply this idea equally in a vertical manner; that is to say, aiding in the cost of health for those people who carry the most weight at UNIL.

ACIDUL relays the information of this movement and supports the efforts of this group of researchers. Don’t hesitate to turn to one another for more detailed information.

For more info:

–> Facebook page of the researchers group

–> Site for the Canton of Vaud

–> changes to the health insurance laws

–> Motion of Darbellay