Assistant-e-s et enseignement

En 2009, les recommandations du Décanat faites aux assistant-e-s de se cantonner au rôle d’expert-e-s lors des examens soulèvent des questions quant à certaines pratiques d’enseignement du corps intermédiaire inférieur et aux responsabilités qui l’accompagnent. Un-e assistant-e peut-il être responsable d’un séminaire? Cette interrogation en appelle d’autres, plus générales: est-il bon qu’un-e assistant-e enseigne? Dans quelles proportions l’assistant-e est-il-elle un-e enseignant-e ou un-e doctorant-e?

Enquête sur les pratiques d’enseignement des assistant-e-s

Nous nous rendons compte alors que les pratiques enseignantes au sein du corps sont mal connues. Un questionnaire est rédigé et distribué par l’ACIL durant la première moitié de décembre 2009 et rempli par 45 assistant-e-s et un 1er assistant. Selon les chiffres fournis par l’ACIDUL, le nombre d’assistant-e-s de la Faculté était, en 2009, de 86 (et le nb de 1ers asst. de 7). En regard de ces chiffres, le taux de réponse s’avère satisfaisant et significatif : environ 50%.

Extraits du rapport d’enquête (mars 2010)

  • « Il apparaît en premier lieu que la grande majorité des répondants enseignent, ou auront enseigné durant leur mandat : environ 78% (36/45, question 4). Parmi eux, 64% (23/36, q. 7.1) déclarent être seuls à enseigner, et 95% (34/36) déclarent être entièrement responsables (45%, 16/36) ou coresponsables (50%, 18/36, q. 8.1) de cet enseignement. »
  • « Ces chiffres jettent une lumière nouvelle sur les pratiques d’enseignement des assistants. Contrairement à ce que semble prévoir le règlement (notamment l’article 61 de la LUL, selon lequel la tâche de l’assistant, en termes d’enseignement, est de « seconder le professeur »), ceux-ci participent de manière évidente à la mission d’enseignement des lettres à l’Université : il apparaît clairement que certaines unités ne pourraient pas se passer de leur corps intermédiaire « inférieur » pour assurer leur simple fonctionnement, en termes d’offres de cours. »
  • « Dans le détail, 86% des assistants enseignant (31/36) conseillent les étudiants auxquels ils enseignent; 50% (18/36) participent à la préparation des examens; 75% (27/36, q. 7.3) participent à la correction et à la notation des examens. Enfin, une proportion non négligeable de 44,5% (16/36, q. 7.2) des sondés déclare préparer seule son enseignement. »
Recommandations de l’ACIL

A l’issue de cette enquête, l’ACIL souhaite que soit reconnue l’implication réelle et concrète des assistant-e-s au niveau de l’enseignement (et pas seulement au niveau administratif), soit l’importance des assistant-e-s dans le bon fonctionnement de l’enseignement, ce qui répond par ailleurs au désir des assistant-e-s d’enseigner. Cette reconnaissance de l’enseignement peut se faire en trois points :

● par la constitution d’un portfolio (certificat de travail détaillé et la reconnaissance par le HEP des compétences pédagogiques que les assistant-e-s développent durant leur mandat de 5 ans) ;

reconnaissance de l’enseignement au niveau des règlements, qui doivent correspondre à la réalité (le fait de « seconder » un professeur n’est pas clair, ni valorisant) ;

valorisation de l’enseignement et respect de la recommandation de l’ACIL au niveau du cahier des charges (la moitié des sondés déclarent que les 40% dévolus à l’encadrement d’un séminaire ne sont pas respectés ou sont sous-évalués).

● Enfin, l’ACIL propose d’instaurer un semestre (au minimum) d’enseignement au sein du mandat de 5 ans des assistant-e-s, lié au sujet de sa thèse et débouchant sur une validation ou sur un examen.

Rapport complet sur les résultats du questionnaire 2010

 

Suite aux demandes de l’ACIL, le Décanat a formulé une liste de recommandations concernant l’implication des assistant-e-s dans l’enseignement. Ces recommandations ont été transmises aux présidents de section en avril 2010:

Recommandations du Décanat aux présidents de section et directeurs de centre (12.04.2010) suite à l’enquête de l’ACIL

« (…) Il ressort (…) d’une enquête menée par l’ACIL que les assistants souhaitent – dans leur très grande majorité – pouvoir bénéficier d’une expérience d’enseignement pendant leurs années d’assistanat. Par expérience d’enseignement, on entend la responsabilité d’un enseignement  et des examens qui lui sont liés.

Des pourparlers en cours entre le Décanat, la Commission pour la formation des enseignants en langues et culture (COFELEC-Lettres) et la HEP-Lausanne visent d’ailleurs à proposer aux assistants de Lettres une formation certifiante organisée par le Centre de soutien à l’enseignement/UNIL, une formation fondée en partie sur l’expérience d’enseignement des assistants et qui leur serait reconnue à hauteur de 5C à l’entrée à la HEP-Lausanne (formation pour l’enseignement au Secondaire 2).

De façon générale, une pratique de l’enseignement universitaire est ressentie par les assistants comme une compétence très utile pour leur carrière professionnelle ultérieure, quelle que soit cette carrière.
Toutefois, l’objectif principal de l’assistanat demeure de permettre aux assistants de commencer une thèse de doctorat et dans toute la mesure du possible de la terminer dans ce délai de 5 ans. Il est d’ailleurs obligatoire de réserver au moins 50% du temps d’assistanat à la préparation de la thèse, mais ce % peut être augmenté.

Le Décanat souhaite qu’une solution conciliant les intérêts des uns et des autres soit trouvée. Dans ce but, il recommande :

a)    que les sections offrent à tout assistant qui en émettra le désir la possibilité d’assurer un enseignement en responsabilité (= seul) d’au moins 2h/1 semestre sur l’ensemble de son mandat de 5 ans;
b)   que les sections autorisent tout assistant qui en émettra le désir à suivre la formation certifiante qui sera mise sur pied dès 2010/11 par le CSE ;
c)     que les sections ne confient pas plus de 2h/année d’enseignement en responsabilité à  chacun de leurs assistants ;
d)    que les sections qui impliquent fortement leurs assistants dans l’enseignement (2h/année) garantissent à chacun d’eux au moins une année sans charge d’enseignement sur l’ensemble du mandat de 5 ans (si possible dans la 4e ou la 5e année du mandat).

Les responsables d’une unité dans laquelle l’application des recommandations c) et d) poserait de gros problèmes d’organisation et de gestion du plan d’études sont priés de prendre contact avec le Décanat pour que nous envisagions ensemble des solutions. »