Entrer en SSP sur dossier

Tous les chemins mènent en SSP…

Il est possible d’entrer en SSP sans avoir de maturité. Pour cela deux moyens sont envisageables:
le préalable et l’acceptation sur dossier.

N’importe qui peut se présenter au préalable, dès l’âge de vingt ans. Il s’agit de quatre examens en philosophie, histoire/institutions suisses, français (littéraire) et langues. En général, les étudiant-es souhaitant se présenter au préalable font une année de préparation. Par contre, il n’est pas possible de redoubler son préalable.

L’acceptation sur dossier est le seul moyen d’entrer en SSP sans bac et sans faire d’examen. Il faut avoir au minimum 25 ans pour s’y présenter. La commission d’admission demande, par ordre d’importance croissant, deux lettres de recommandation, un cv, une photocopie des dernières notes obtenues, et surtout, une lettre de motivation.
Si les notes sont importantes et peuvent, en cas d’hésitation, remonter l’avis général sur le dossier d’une personne, il faut savoir que c’est sur la lettre de motivation que pratiquement tout se joue. La commission d’admission prend en compte plusieurs éléments:

- les notes
– le parcours de vie: expériences diversifiées, sont-elles en rapport avec le projet d’études
– un plan d’études cohérent par rapport au projet professionnel futur
– le degré de motivation
– le temps et le financement disponible pour les études

Les notes appartenant au passé, il n’est plus possible d’agir si elles sont moyennes. Le parcours de vie suit la même logique. En général, le fait d’avoir voyagé, mais surtout d’avoir un solide background professionnel dans un domaine s’approchant de la fillière qui t’intéresses est une aide précieuse. Ce que tu dois surtout fignoler est ta lettre de motivation. N’aie pas peur de rédiger une tartine de huit pages en Times 4 avec un interligne de 0.5. Mets-toi en avant. Il s’agit surtout de te vendre. Fais tout de même attention à la rédaction : il faut un niveau de vocabulaire élevé, sans paraître éxagérément pompeux, afin de rassurer sur tes capacités rédactionnelles en matière de rapports, TPs et autres travaux de séminaire.

Un bon point est de se renseigner sur les différents aspects de la filière que tu envisages de prendre. La psychologie telle qu’elle est enseignée en SSP, par exemple, est nettement moins philosophique qu’on peut il’imaginer, s’axant plutôt sur les méthodes quantitatives de recherches et les ‘sciences dures’. Dans ta lettre, il faut absolument éviter les formulations de type ‘tout le monde me dit que je suis fait-e pour être psy’… Par contre, expliquer que le facteur humain t’intéressse, que tu as besoin de comprendre l’aspect théorique de telle ou telle matière est une bonne chose. N’oublie pas que suivant ton projet professionnel, il y a toujours moyen d’entrer en HES. C’est souvent dans cette optique que sont analysés certains dossiers. Par contre, le fait d’avoir suivi un séminaire de deux jours sur un sujet de sciences humaines n’est pas considéré comme une preuve d’intérêt suffisant pour la matière. Pour te préparer à de futures études, ballade-toi sur le site internet de la Faculté et parcours quelques auteurs mis en référence pour les cours de première année: il s’agit de connaître grosso modo les écrits de quelques pointures et les thèses défendues par certains profs de l’Unil. A titre d’exemple, si sciences politiques t’intéresses, lis du Eric Hobsbawm ou du Benedict Anderson, pour sciences sociales, ce sera du Bourdieu ou du Lévi-Strauss. Et surtout, parle de ces lectures. Les livres de développement personnel, par contre, ne sont pas considérés d’un bon oeil. Les étudiantEs acceptéEs sur dossier réussissent souvent mieux que celles et ceux entrés à l’Unil par la voie régulière du baccalauréat. ‘Ze’ bon point en matière de préparation est de venir suivre quelques cours en auditeur ou auditrice libre.

Montrer que tu as pensé à l’aspect financier – économies, travail à temps partiel – est un bon point: cela prouve que tu t’impliques, et que de futures études ne sont pas une lubie en l’air. La plupart des étudiant-e-s (un peu plus de 80%) travaillent à temps partiel, donc ne pas pouvoir concentrer 100% de son temps à ses études n’est pas réellement un problème. Par contre, si tu ne peux pas faire baisser ton taux d’activité en deçà de 80% – voire même de 50% – il y a de fortes chances que tu ne soit pas accepté-e: en effet, il est fortement déconseillé aux étudiant-e-s – voire interdit – de travailler plus de quinze heures par semaines. Bien sûr, des aménagements sont envisageables en cas de responsabilités familiales. Si tu as un ou plusieurs enfants à charge, il vaut mieux expliquer dans ta lettre les moyens d’organisation que tu as prévu histoire de bétonner ton dossier.

Lorsque un dossier ne semble pas donner suffisamment d’informations, ou lorsqu’il y a quelques réserves sur les capacités rédactionnelles d’un-e candidat-e, il peut arriver que l’on demande un entretien, ou que l’on te fasse passer un préalable allégé: dans ce cas, tu n’aurais qu’une ou deux branches à passer. Il faut néanmoins rappeler que si par malheur la commission devait refuser ton dossier, tu aurais toujours la possibilité de passer par la voie du préalable. Par contre, la mauvaise idée du siècle est d’être autorisé-e à passer l’examen du préalable et de demander à être admis-e sur dossier. Cela fait montre d’un manque de sérieux flagrant et ressemble un peu trop à une solution de facilité pour la commission.

Lors de l’entretien, rule no 1 sois sûr-e de toi, préparé-e, n’hésite pas, bétonne ton dossier, réfléchis à toutes les questions qu’on pourrais te poser. Par exemple

Pourquoi faire vos études en Suisse/ à Lausanne, quand vous pourriez les faire à Genève/dans votre pays ?
Les trajets ne seront-ils pas trop longs ?
Où logerez-vous en semaine ?
Pourquoi l’Unil plutôt qu’une HES ?
Pourquoi science politique plutôt que HEC ?
Pourquoi des études ?
Avez-vous prévus des moyens de financement ?
Quel sera votre taux d’occupation ?
Etes-vous sûr-e d’avoir suffisamment de temps à votre disposition ?
Selon l’âge d’éventuels enfants, quels sont les moyens de garde prévus ?
Avez-vous dans votre entourage des gens qui pourraient vous soutenir, des amis qui sont passés par l’uni (auquel cas tu ferais bien de leur demander conseil et de savoir comment ils vivent leurs études) ?
N’êtes-vous pas inquiet-e-s pour la rédaction d’examens et séminaires ?
Saurez-vous gérer ce stress suplémentaire ?

Devoir passer en entretien n’est pas forcément une mauvaise chose. Il permet de rassurer la Commission d’Admission. Et si ton âme est bonne et pure, la balance penchera en ta faveur.

La décision d’admission est valable pendant deux ans, pour autant que tu en fasses la demande au Secrétariat des SSP.

Voilà ce qu’il y a de plus important à savoir en matière de commission d’admission. Pour toute question supplémentaire, tu sais où nous joindre: Aessp@unil.ch