Démarche

Démarche inductive et participative : analyser des situations spécifiques et des discours situés en dialogue avec les acteurs sociaux concernés


L’approche sociologique que nous préconisons s’intéresse aux situations spécifiques et aux pratiques d’interventions croisées des professionnels de l’urgence dans le cas de patients psychiatriques. Les actions et discours de ceux-ci laissent apparaître des savoirs sous-jacents qui sont puisés aussi bien dans l’expérience personnelle au contact des malades que dans les connaissances acquises lors de formations professionnelles, sans oublier dans les routines institutionnelles ou encore dans l’imaginaire populaire de la Folie. Or, ces différentes formes de savoirs ne bénéficient pas de la même légitimité dans l’espace public, dominé avant tout par les savoirs « experts ». En effet, face à la maladie psychiatrique catégorisée en tant que menace, la société estime nécessaire d’agir et délègue la prise en charge de celle-ci à des intervenants jugés compétents pour cette action.

Dans un objectif de dialogue entre les savoirs, nos démarche vise à réunir des intervenants de terrain et des chercheurs dans l’objectif de créer un espace de travail en commun. Cette approche participative vise ainsi un rapprochement égalitaire des savoirs et rend envisageable la complémentarité de ceux-ci dans la définition de nouveaux modes d’intervention (par exemple la participation des malades comme dans les formations offertes aux policiers en Angleterre), ou tout au moins dans l’information sur les modes d’intervention existants. En effet, une réflexion croisée entre acteurs de terrain, catalysée par les apports analytiques des chercheurs en sciences sociales, permet une meilleure compréhension des logiques d’action de chacun.

La démarche pourrait alors constituer la base au développement d’une politique de santé mentale et d’intervention en situation de crise psychiatrique s’appuyant sur un réseau actif d’acteurs institutionnels, mais aussi de Proches de personnes souffrant d’une pathologie psychiatrique, parfois isolés les uns des autres dans leurs pratiques d’intervention auprès des malades. Les patients psychiatriques pourraient eux-mêmes être envisagés comme des interlocuteurs précieux dans la définition de modes d’intervention coordonnés. A terme, une coordination informée entre intervenants serait alors une mesure de prévention contre tout glissement vers des formes de criminalisation des patients psychiatriques.

Dans un contexte d’évolution rapide des formations dispensées aux professionnels de l’urgence confronté à la nécessiter de gérer des crises psychiatriques ou susceptibles d’être confronté à de telles situations, il paraît important décrire les collaborations et les échanges qui s’accomplissent entre ces différents acteurs.  Pour cela, nos initaitives se destinent à explorer la multiplicité des situations de contact entre la police, les ambulanciers, les pompiers, etc., les patients psychiatriques et leurs proches, avec ou sans la médiation des soignants.