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Code Marie Madeleine

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03 oct 2005
Jocelyn Rochat
by vsigrist

Merci de répondre très honnêtement à la question qui suit. Si, il y a deux ou trois ans, vous aviez découvert dans votre boîte aux lettres ce magazine avec Marie Madeleine en page de couverture, l’auriez-vous seulement ouvert? Si oui, quel-le aurait été l’influence de Monica Bellucci (l’actrice qui incarne la disciple de Jésus sur la photo choisie) dans cette marque d’intérêt? Et surtout, auriez-vous lu l’article qui a inspiré cette Une? Partant de l’idée que nous restons honnêtes, ce mini-sondage instantané devrait obtenir un peu moins de 50% de réponses positives. Pour avoir posé la question à nos lecteurs par le passé, nous savons en effet que les sujets liés à la théologie intéressent a priori une petite moitié d’entre vous.

Mais en deux ans, tout, ou presque, a changé. Depuis près de cent quatre semaines, le roman «Da Vinci Code» figure invariablement parmi le classement des dix livres les plus vendus en Suisse romande. Quand il ne caracole pas en tête. C’est très nettement mieux que Houellebecq, c’est mieux que Harry Potter et même mieux qu’Astérix. Et cela fait du livre de Dan Brown un phénomène d’édition comme on n’en n’avait plus connu depuis longtemps.

Fallait-il pour autant appondre à ce succès dans un magazine universitaire? Tout en vous recommandant par ail-leurs la lecture des «nouveaux» Ramuz qui sortent ces jours-ci, nous avons décidé que oui.

Parce que ce livre triomphe pour de bonnes et de mauvaises raisons. Son succès absolument incroyable s’explique notamment par la relecture féministe des Evangiles qu’il propose. En nous présentant Marie Madeleine comme une figure très proche de Jésus, le romancier rend une forme de justice posthume à cette femme que les Pères de l’Eglise ont marginalisée durant deux millénaires. La palme de l’inélégance allant à (saint) Paul qui l’a tout simplement «oubliée» au moment de donner la longue liste des personnes qui ont vu le Christ ressuscité.

Le hic, c’est que le «Da Vinci Code» est allé beaucoup trop loin dans sa tentative de réhabilitation. A force de mélanger les théories effectivement défendables et les fantasmes les plus fous, ce nouvel Evangile selon Dan Brown laisse derrière lui des lecteurs perplexes (et l’on sait qu’ils sont nombreux), incapables de démêler le bon grain de l’ivraie. A l’heure de la religion en kit, quand chacun bricole son credo dans son coin, il nous a semblé indispensable de rendre à Marie Madeleine ce qui lui a réellement appartenu. Le plus honnêtement possible.

Jocelyn Rochat

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