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	<title>Allez savoir!</title>
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	<description>Magazine trimestriel de l&#039;Université de Lausanne</description>
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		<title>Petite Marie, grand chambardement</title>
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		<pubDate>Thu, 24 Jan 2013 06:30:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator>David Spring</dc:creator>
				<category><![CDATA[Edito]]></category>
		<category><![CDATA[No 53]]></category>
		<category><![CDATA[Religion]]></category>
		<category><![CDATA[Jocelyn Rochat]]></category>

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		<description><![CDATA[On devrait toujours revenir au texte. C’est, du moins, ce que prétendent les extrémistes religieux en tout genre, qui déplorent le peu d’intérêt que nous porterions aujourd’hui aux écrits sacrés. Cette complainte est reprise avec un bel unisson par les catholiques fondamentaux, les plus réveillés des évangéliques protestants, les juifs conservateurs ou les musulmans qui brandissent la charia et le Coran comme par réflexe. Et s’ils avaient raison ? Ne serait-ce qu’un petit peu. Et si ces textes sacrés avaient encore quelque chose à nous apprendre au XXIe siècle ? Allez savoir ! vous propose de tenter l’expérience dans ce numéro. Rassurez-vous, elle est sans risque. Vous n’y trouverez aucune raison de relancer ce fameux choc des civilisations dont on nous rebat les oreilles. Car, s’il faut replonger dans ces textes, ce n’est pas pour y trouver des causes de querelles supplémentaires, mais pour y découvrir des similitudes insoupçonnées et des héritages communs entre les différents écrits sacrés qui restent très largement méconnus. En tout cas dans nos contrées. Comme vous pourrez le vérifier dans ce magazine, de nombreuses figures bibliques apparaissent dans le Coran, parfois sous des traits étonnamment proches de ceux que nous connaissons dans la tradition chrétienne. C’est notamment le cas d’Adam, de Noé, d’Abraham, de Moïse ou de David. Jésus a lui aussi trouvé sa place dans le livre de référence des musulmans. Même s’il n’y est pas vénéré comme fils de Dieu, le prophète Jésus reste une figure importante de l’islam. Autre point de convergence, peut-être plus fort, et surtout plus inattendu, c’est la place importante que le Coran accorde à Marie. La mère de Jésus est en effet célébrée dans la tradition chrétienne comme dans la tradition musulmane, notamment parce qu’une sourate, l’un des fameux chapitres du Coran, porte son nom. L’affaire est moins anecdotique qu’on pourrait l’imaginer de prime abord, puisque Marie est la seule femme dont le nom est mentionné dans le texte sacré musulman. La Marie du Coran, comme celle de la Bible, a vu un ange lui apparaître pour annoncer la venue prochaine d’un enfant tout à fait imprévu. La Marie du Coran est aussi un « modèle pour tous les croyants ». Un personnage qui « apparaît comme une véritable figure rassembleuse », assure le spécialiste de l’UNIL Jean-Claude Basset dans ce numéro. A tel point que le Liban a institué en 2010 une fête de l’Annonciation faite à Marie, qui se célèbre le 25 mars et qui est désormais une cérémonie commune aux musulmans et aux chrétiens. Il faut en revenir aux textes, disent les extrémistes de tous bords. D’accord pour en revenir aux textes. Car, quand on relit ces ouvrages sacrés avec la volonté d’y trouver, non pas les versets qui sèment la haine, mais les écrits plus rassembleurs – ceux qui sont étonnamment oubliés –, la lecture ouvre des perspectives bien plus fécondes.]]></description>
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		<title>Recherches en Patagonie</title>
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		<pubDate>Thu, 24 Jan 2013 06:29:47 +0000</pubDate>
		<dc:creator>David Spring</dc:creator>
				<category><![CDATA[Géosciences]]></category>
		<category><![CDATA[No 53]]></category>
		<category><![CDATA[Portfolio]]></category>
		<category><![CDATA[David Spring]]></category>

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		<description><![CDATA[Un bloc issu du glacier Grey flotte sur le lac du même nom, au soir du 27 novembre 2012. Une vingtaine de doctorants en sciences de la Terre des Universités de Lausanne et de Genève, ainsi que de l’EPFZ, ont passé 15 jours en Patagonie, du côté argentin et du côté chilien. Accompagnés par 5 professeurs, ils ont pu échanger et confronter leurs connaissances sur le terrain, dans une région à la géologie exceptionnelle. Une occasion unique pour ces spécialistes de partager leur savoir de manière transversale. Au programme: trekking, camping, confort minimal et cours à ciel ouvert, en pleine nature. Images supplémentaires www.unil.ch/unimedia/page94703.html Photos Fabrice Ducrest]]></description>
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		<title>Haydn à la montagne</title>
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		<pubDate>Thu, 24 Jan 2013 06:28:46 +0000</pubDate>
		<dc:creator>David Spring</dc:creator>
				<category><![CDATA[Art et littérature]]></category>
		<category><![CDATA[No 53]]></category>
		<category><![CDATA[Portfolio]]></category>
		<category><![CDATA[David Spring]]></category>

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		<description><![CDATA[Directrice du Chœur universitaire de Lausanne, Fruzsina Szuromi mène l’ensemble lors d’une répétition, le 17 novembre 2012 à Leysin. Pendant tout un week-end «au vert», près de 80 amateurs &#8211; sur la centaine que compte l&#8217;ensemble &#8211; ont travaillé la Missa Cellensis de Haydn, avec le soutien de la formatrice vocale et soprano Annamaria Barabas et de la pianiste Atena Carte. Cette messe, souvent brillante et enlevée, laisse beaucoup de place au choeur. L&#8217;après-midi débute par des exercices en cercle autour du piano, dans une ambiance informelle et bon enfant. Puis la cheffe prend le relais. Les chanteurs ouvrent leurs partitions à couverture violette, qu&#8217;ils sont incités à annoter. &#171;&#160;Si vous êtes d&#8217;accord, on va commencer par le Kyrie 1&#8243;, annonce Fruzsina Szuromi. Cette dernière utilise toutes les astuces possibles pour maintenir l&#8217;attention d&#8217;un groupe important et parfois un peu dissipé. Souriante mais ferme, elle mêle encouragements (&#171;&#160;C&#8217;est beaucoup plus homogène qu&#8217;il y a 15 jours&#160;&#187; et humour (&#171;&#160;La mesure 8, c&#8217;est juste après la 7, si jamais&#160;&#187;). Rien ne semble lui échapper, et le profane sent la concentration de l&#8217;ensemble se solidifier dans l&#8217;air par moments. Fruzsina Szuromi saute d&#8217;un endroit à l&#8217;autre de la partition, souhaite réentendre certaines mesures. Elle demande aux choristes de chanter une autre voix que la leur. Par exemple, un ténor prend la voix des alti. Elle alterne moments de déchiffrages, approfondissement et conseils: &#171;&#160;Sur la partition, vos yeux sont en avance de 30 mm par rapport à votre voix&#160;&#187;. Pour sa première saison à la tête de l&#8217;ensemble, Fruzsina Szuromi a dû gagner le Choeur et son public d&#8217;habitués. &#171;&#160;Le choix de cette oeuvre de Haydn est magistral en ce sens&#160;&#187;, confie un choriste. Un autre ajoute: &#171;&#160;Elle nous tient. Je la regarde et j&#8217;en oublie la partition.&#160;&#187; L&#8217;ensemble universitaire, où se mêlent tous les âges, est très ouvert: aucune audition d&#8217;entrée n&#8217;est exigée. Il suffit d&#8217;être membre de la communauté UNIL-EPFL. Certains ne savent pas lire les notes, ou n&#8217;ont plus que des souvenirs scolaires. Par contre, une certaine assiduité aux répétitions est exigée. Deux mois après cette répétition à Leysin, la cheffe est confiante: &#171;&#160;le Choeur a très bien travaillé, et nous en sommes au stade de l&#8217;affinage.&#160;&#187; Concerts publics 26 février 2013. Extraits de l&#8217;oeuvre. 12h15, UNIL, Internef &#8211; entrée libre (avec piano) 2 et 3 mai 2013. Missa Cellensis, avec l&#8217;Ensemble Baroque du Léman. 20h30, église Saint François de Lausanne &#8211; http://www.asso-unil.ch/choeur Photos Luca Da Campo &#8211; Strates]]></description>
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		<title>La relève est assurée</title>
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		<pubDate>Thu, 24 Jan 2013 06:27:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator>David Spring</dc:creator>
				<category><![CDATA[No 53]]></category>
		<category><![CDATA[Portfolio]]></category>
		<category><![CDATA[David Spring]]></category>

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		<description><![CDATA[&#160; Directeur de l’Ecole des sciences criminelles (ESC), Pierre Margot s’adresse au public rassemblé dans l’auditoire Erna Hamburger le 2 novembre 2012, à l’occasion de la cérémonie de remise des diplômes. Ce jour-là, 33 bachelors en science forensique, 65 masters en science forensique et en droit, 2 doctorats et 5 prix ont été décernés. L’ESC comptait l’an dernier 494 étudiants, dont une majorité de femmes. En 1988, ils étaient 50: l’intérêt pour les études dans le domaine des sciences criminelles n’est pas près de faiblir. Photos Alban Kakulya]]></description>
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		<title>En direct du campus</title>
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		<pubDate>Thu, 24 Jan 2013 06:26:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator>David Spring</dc:creator>
				<category><![CDATA[Brèves]]></category>
		<category><![CDATA[No 53]]></category>
		<category><![CDATA[David Spring]]></category>
		<category><![CDATA[Francine Zambano]]></category>
		<category><![CDATA[Nadine Richon]]></category>

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		<description><![CDATA[Souvenirs, souvenirs Pour une première, ce fut une réussite. La soirée alumni, organisée le jeudi 13 septembre 2012, a rassemblé 150 anciens diplômés de l’UNIL au Restaurant de Dorigny. Issus de toutes les facultés, les convives se sont échangé cartes de visites et souvenirs dans une ambiance sympathique. Un évènement agrémenté par quelques discours, dont celui du recteur Dominique Arlettaz et du vice-recteur rattaché à la Recherche Philippe Moreillon. A relever la présence enthousiaste de Claude Béglé, ancien directeur de La Poste. Enfin, Vincent Kucholl, qui vit un beau succès avec 120 secondes, chronique satirique et matinale de Couleur 3, s’est produit dans un sketch à son image, soit&#8230; impertinent. FZ Inscriptions et infos : www.unil.ch/alumnil Le chiffre 145 Il s’agit du nombre d’étudiants âgés de plus de 40 ans, que ce soit en bachelor ou en master, à la rentrée de septembre 2012. Soit 1,3 % du total des personnes inscrites en premier et deuxième cycle, qui se monte à 10783. Au niveau du doctorat, le taux de quadragénaires (et plus) s’élève à 12%, soit 228 sur 1877. Ces proportions ont peu varié par rapport aux données des 20 dernières années. L’Université de Lausanne accueille aujourd’hui plus de 12600 étudiants. DS Le futur sur petit écran A quoi ressemblera l’université en 2084? De quoi sera faite demain la vie quotidienne des étudiants et des chercheurs? Pour la troisième édition de son concours annuel de films de poche, l’UNIL a choisi un thème qui entre en écho avec 1984 et s’inscrit sous les thèmes de l’utopie et de son côté obscur, la dystopie. Le principe? La communauté universitaire et les anciens étudiants ont été invités à tourner des séquences d’une durée de 84 secondes au maximum, au moyen d’un téléphone portable ou d’un baladeur équipé d’une caméra. Les vidéos soumises par les participants sont visibles en ligne, sur le site www.unil.ch/filmsdepoche. Les internautes peuvent y voter pour leurs favoris, et un jury composé de professionnels du cinéma et de chercheurs de l’UNIL remettra trois prix. DS Un master pour enquêteurs Les enquêtes d’opinion font partie de la vie quotidienne. Nos habitudes de consommation et nos comportements sociaux ou politiques sont régulièrement passés au crible. Pour fournir les techniques nécessaires à l’élaboration des sondages, à la collecte et à l’analyse des résultats, les universités de Lausanne, Lucerne et Neuchâtel ont mis sur pied une «Maîtrise universitaire en Méthodologie d’enquête et opinion publique». Les premiers étudiants sont attendus en septembre 2013. Ce cursus de haut niveau ne possède aucun équivalent en Suisse. « Il suscite de l’intérêt auprès des entreprises spécialisées dans le domaine », explique Sybil Krügel, coordinatrice du projet, qui est confiante quant aux débouchés professionnels des futurs diplômés. Donnée en deux langues (français et anglais ou allemand et anglais selon l’Université dans laquelle on est immatriculé) et sur trois sites, la formation se compose d’un tronc commun et d’une spécialisation pendant un an, puis d’un travail de mémoire – que l’on peut lier à un stage &#8211; d’une durée de 6 mois. Ce master requiert des connaissances de base en statistique ou en méthodes quantitatives. Les inscriptions sont ouvertes jusqu’au 31 mai. DS www.unil.ch/enseignement/page91125_fr.html 140 signes (et des photos) pour la science Pour suivre au quotidien l’actualité de la recherche à l’UNIL, et pour ne pas manquer les manifestations importantes qui s’y déroulent, le passage par Twitter s’avère utile. Le compte @unil est suivi par plus de 1200 personnes. Ce réseau social prend de l’importance dans les milieux scientifiques, car il permet de partager facilement l’information entre les chercheurs. Le campus et sa vie quotidienne sont souvent photogéniques. Pour en rendre compte, le compte unilch sur instagram rassemble des photos insolites et décalées, grâce aux filtres nostalgiques que propose cette application gratuite. L’architecture des bâtiments, certains événements, le passage des saisons et le paysage de Dorigny constituent les sujets les plus traités. DS https://twitter.com/unil et http://instagram.com/unilch  &#160;&#187;Notre but n’est pas de faire croître notre offre de formation à tout prix mais de la rendre lisible et cohérente.&#160;&#187; Danielle Chaperon, vice-rectrice en charge du dicastère « Enseignement et Affaires étudiantes », dans Le Temps du 14 septembre 2012 L’Europe vue de Budapest La Fondation Jean Monnet pour l’Europe a lancé un cycle de conférences, sous le titre « Plaidoyer pour l’Europe ». Le 16 novembre 2012, le Hongrois Péter Balázs s’est adressé – en français – au public rassemblé à l’UNIL. Ancien ministre des Affaires étrangères de son pays, ce professeur à l’Université d’Europe centrale à Budapest a retracé l’histoire récente de l’Union et de son élargissement, de manière lucide. S’il a parlé des «enclaves heureuses, comme la Suisse et la Norvège, qui peuvent se permettre de faire cavalier seul », le diplomate a mis l’accent sur les pays des Balkans et de l’Est (comme le Bélarus et l’Ukraine). Pour ces derniers, l’UE n’est pas le seul pôle d’attraction du continent. La Russie et la Turquie exercent également leur influence. En conclusion, l’orateur a appelé à une «révision générale de la vieille machinerie politique » de l’Union, tout en rappelant qu’il s’agit d’une « construction admirable ». DS www.jean-monnet.ch Le sport regroupe ses forces L’Université de Lausanne pourrait accueillir le cœur d’un nouveau réseau. La Ville de Lausanne et le Canton de Vaud ont décidé de créer un « cluster du sport international ». Chacun des partenaires le subventionne à hauteur de 250 000 francs par an. Le secrétariat permanent de cette structure pourrait s’installer dans un bâtiment encore à construire, sur le campus de Dorigny. Un crédit cantonal de 400 000 francs a été accordé pour étudier la réalisation de cette infrastructure, qui accueillera également l’Académie internationale des sciences et techniques du sport, ainsi que l’Institut des sciences du sport de l’UNIL. Le « cluster » permettra de développer les liens entre la recherche et les institutions du sport international, renforcera l’accueil de nouvelles fédérations sportives et de manifestations. Il servira aussi d’atout pour la promotion économique. (RÉD.) Amateurs 1 – pros 0 897 Voici le nombre d’articles que [...]]]></description>
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		<title>Coma: qui va se réveiller ?</title>
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		<pubDate>Thu, 24 Jan 2013 06:25:58 +0000</pubDate>
		<dc:creator>David Spring</dc:creator>
				<category><![CDATA[No 53]]></category>
		<category><![CDATA[Santé]]></category>
		<category><![CDATA[Elisabeth Gordon]]></category>

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		<description><![CDATA[Certaines personnes sortent du coma. d’autres décèdent. Comment prédire le devenir de chacun ? Pour la première fois, des équipes du CHUV et de l’UNIL ont réussi à identifier des patients qui allaient se réveiller. Ils ont levé un coin du voile sur un phénomène encore mystérieux. Texte Elisabeth Gordon Le phénomène est troublant. La personne est allongée sur un lit, immobile, les yeux fermés. Elle respire et la plupart de ses fonctions physiologiques sont intactes ; elle ouvre même parfois les yeux. Pourtant, elle reste déconnectée de son environnement. Elle ne répond à pas aux stimuli extérieurs et reste indifférente à ses proches. C’est le coma. Il s’agit d’un « trouble quantitatif de l’état de conscience, pendant lequel la personne reste sans réaction – ou avec des réactions minimes – et sans communication », comme le définit Andrea Rossetti, médecin-associé au Service de neurologie et responsable de l’Unité d’épileptologie/EEG du CHUV. Ce phénomène est donc différent de l’état de conscience minimale. Dans ce dernier cas, « la personne a du mal à se réveiller, mais par moments, la communication passe, même si elle est infime ». Cet état ne doit pas non plus être confondu avec l’état végétatif, qui se situe entre ces deux cas de figure, dans lequel le patient « ouvre par moments les yeux, mais sans communiquer ». Dans tous les cas, la conscience est atteinte. L’infarctus, première cause de coma Dans cet état pathologique qu’est le coma, c’est le cerveau qui est atteint. Parfois directement, par exemple par un arrêt de la circulation sanguine qui crée un manque d’oxygène dans le cerveau. D’ailleurs, précise Mauro Oddo, responsable de la filière neuro-réanimation au Service de médecine intensive adulte du CHUV, « l’arrêt cardiaque est la première cause d’admission de patients comateux dans les services de soins intensifs ». Elle devrait le rester puisque le nombre de personnes qui se retrouvent dans le coma après un infarctus « a beaucoup augmenté au cours des dix dernières années, du fait de l’amélioration de la prise en charge précoce de l’arrêt cardiaque », selon le spécialiste de neuro-réanimation. Grâce à cela, « le nombre de patients qui arrivent vivants à l’hôpital a doublé au cours des dernières années, ajoute son collègue neurologue. 40 % d’entre eux se réveillent et parmi eux, la plupart (de 80 à 90 %) ne gardent que peu, ou pas, de séquelles de leur état comateux. » Du traumatisme aux intoxications Le cerveau peut aussi être directement affecté par « un traumatisme très sévère comme un choc, une infection – par exemple une méningite bactérienne, indique Andrea Rossetti. Plus rarement, cela peut venir d’une attaque cérébrale à un endroit stratégique comme le tronc cérébral, d’une tumeur, d’un saignement ou de bien d’autres affections », car les causes du coma sont multiples. Le cerveau peut aussi être altéré, indirectement cette fois, par des intoxications, notamment dues à des médicaments, à l’alcool ou à la drogue. Il peut encore être lésé par des dysfonctionnements d’organes – comme une insuffisance rénale ou une hépatite sévère – ou par des métabolites qui détériorent son fonctionnement. Protéger le cerveau des comateux Quelle que soit la cause, les conséquences sont les mêmes. « Du point de vue fonctionnel, la personne n’est plus autonome », constate Andrea Rossetti. La prise en charge peut toutefois varier selon l’origine de la perte de conscience. « Si le coma est dû à un arrêt cardiaque, on peut tenter de remettre le cœur en route. S’il a été provoqué par une artère bouchée, on reperfuse cette dernière. Et si une infection est en cause, on administre des antibiotiques de manière agressive. » Lors d’un arrêt cardiaque, tout est fait pour protéger le cerveau des malades. « On met le patient en hypothermie, en refroidissant légèrement son corps à 33°. Cela a pour effet de ralentir son métabolisme et de diminuer le stress oxydatif et l’inflammation qui peuvent aggraver les dégâts du cerveau », explique Mauro Oddo. En outre, on administre aussi au comateux des sédatifs afin « de maintenir son cerveau au repos pendant 24 ou 48 heures, on stabilise sa pression sanguine et on fait en sorte que le débit sanguin cérébral soit optimal ». Quel patient a une chance de sortir du coma ? Grâce à ces gestes médicaux, et notamment à l’utilisation de l’hypothermie, le neuro-réanimateur a pu constater que « le pronostic s’est amélioré au cours de ces dernières années ». En outre, les traitements précoces améliorent la qualité du fonctionnement cognitif après le réveil des patients. Il serait donc utile d’affecter de préférence les ressources disponibles aux patients qui ont une bonne chance de sortir de leur coma. Mais comment les repérer ? Le problème est, qu’actuellement, il est impossible de le faire. Certes, il existe de nombreux tests cliniques – examens des réflexes (notamment de la pupille), mesure de marqueurs sanguins qui reflètent l’état des neurones, électroencéphalogramme (EEG), imagerie cérébrale, etc. Mais ils permettent uniquement de détecter des personnes qui ont un grand risque de ne jamais sortir du coma. Quant aux autres, ils se trouvent dans une « zone grise », selon les termes d’Andrea Rossetti. « Il faut attendre des jours, ou parfois des semaines, avant de pouvoir prédire leur devenir, ce qui entraîne un stress pour les soignants et pour la famille », souligne le neurologue. Une première à Lausanne La situation pourrait bientôt changer grâce aux recherches menées au Centre d’imagerie biomédicale (CIBM), un institut commun au CHUV, à l’UNIL, à l’EPFL, à l’Université de Genève et aux Hôpitaux universitaires de Genève (HUG). Marzia De Lucia, maître-assistante au CIBM, en collaboration avec Andrea Rossetti et Mauro Oddo, a en effet trouvé le moyen de repérer, lors des premiers jours du coma, les personnes qui avaient une chance quasi certaine de se réveiller. Ce résultat, publié récemment dans le journal de neurologie Brain, représente une première, car aucune étude de ce genre n’avait jamais été réalisée dans ces conditions, « même sur des animaux », précise la jeune chercheuse. Le test consiste à soumettre les patients à des stimuli auditifs – il s’agit « d’une série de sons réguliers, entrecoupés de sons plus inattendus, c’est-à-dire plus longs ou plus courts ou encore plus [...]]]></description>
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		<title>Contre l’hégémonie de l’anglais</title>
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		<pubDate>Thu, 24 Jan 2013 06:24:32 +0000</pubDate>
		<dc:creator>David Spring</dc:creator>
				<category><![CDATA[Chronique]]></category>
		<category><![CDATA[No 53]]></category>
		<category><![CDATA[Antoine Chollet]]></category>
		<category><![CDATA[Gianni Haver]]></category>

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		<description><![CDATA[Entre nous, chercheuses et chercheurs en sciences humaines et sociales, il est devenu courant de dénoncer la dictature de l’anglais dans nos disciplines, tout en continuant à rédiger dans cette langue des articles calibrés pour des revues qui les publient non pas en fonction de leur originalité scientifique, mais pour nourrir leur propre visibilité. La pression s’étend puisqu’il est quasi indispensable, même pour des postes de relève, d’afficher de tels articles sur son CV. Au niveau professoral, une postulation pourtant excellente risque d’être écartée si elle ne contient pas tant de publications dans cette langue. L’anglais devient la clé pour séduire les pairs et les experts détenant le pouvoir d’accorder des postes et des crédits. Chose étrange, nos chercheuses et chercheurs subissent une situation qu’ils jugent déplorable du point de vue scientifique et humain, tout en se pliant à ces normes mondialisées : aucune résistance collective ne s’organise dans nos disciplines et nos institutions. Systématiser la publication et les interventions en anglais ne peut relever que de la servitude volontaire. C’est faire allégeance à une puissance – notamment universitaire –dominante en se plaçant automatiquement dans une situation d’infériorité. Le spectacle de chercheuses et chercheurs, parfois confirmés, baragouinant un Pidgin English plus ou moins disgracieux serait risible s’il ne constituait pas le lot de plus en plus ordinaire de la communauté universitaire. La piètre qualité d’écriture de la plupart des articles rédigés en anglais par des non-anglophones inspire les mêmes sentiments. Il ne s’agit pas, en effet, d’une lingua francaque personne ne maîtrise comme sa langue maternelle. C’est, pour les millions d’universitaires non anglophones de par le monde, la langue de l’autre, et il s’avère que cet « autre » tire une partie de sa puissance de ce simple fait. Les exemples, encore nombreux, de travaux ignorant les débats menés dans d’autres langues sur leur objet de recherche sont d’ailleurs tout aussi inquiétants. Une certaine pratique de l’anglais nous semble nécessaire et cette aptitude peut s’étendre à d’autres langues encore ; une connaissance au moins passive permettrait à la communauté universitaire de mettre en commun ces différentes lectures. Or, aujourd’hui, c’est moins de mise en commun que de sens unique qu’il s’agit. La pensée n’est pas antérieure au langage. Condamner l’université, la recherche et la science au monolinguisme, c’est automatiquement les appauvrir. Soit parce que nos textes devront être traduits avant d’être diffusés, soit parce que nous nous efforcerons de penser dans une seule langue. L’injonction à se plier à ce rituel absurde s’inscrit dans un mouvement d’ensemble de la recherche et des universités, visant à faire de ces dernières un grand marché homogénéisé et standardisé au sein duquel les personnes et leurs « productions » se trouvent en perpétuelle concurrence. La qualité desdites productions – livres, articles, interventions, organisations de rencontres, etc. – est devenue bien secondaire, seule compte leur quantité. Les universitaires sont ainsi animés d’une véritable frénésie qui produit tout sauf des travaux créatifs, originaux, inventifs. La contrainte du nombre ne peut conduire qu’au mimétisme des thématiques et des concepts, travers de plus en plus fréquent puisque cette répétition garantira les meilleures chances de publication. Le monolinguisme intégré comme une évidence creuse cette dérive. Ces évolutions servent en réalité deux objectifs : la fin des universités conçues comme des services publics, au sens le plus noble du terme, et l’affaissement de la pensée critique au sein même des universités. L’espace d’autonomie et de liberté que nos institutions ont pu représenter, dans certains moments privilégiés, est en train de disparaître. On sent chaque jour davantage les ravages de ces transformations, et l’on désespère en constatant la faible résistance qui leur est opposée. Pour les chercheurs et chercheuses que nous sommes, ce qu’il est désormais urgent d’imaginer, ce sont des stratégies de résistance. Et nous ajoutons qu’il faut le faire collectivement.]]></description>
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		<title>Peut-on passer 20 ans dans le coma?</title>
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		<pubDate>Thu, 24 Jan 2013 06:24:32 +0000</pubDate>
		<dc:creator>David Spring</dc:creator>
				<category><![CDATA[No 53]]></category>
		<category><![CDATA[Santé]]></category>
		<category><![CDATA[Elisabeth Gordon]]></category>

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		<description><![CDATA[Phénomène mystérieux, le coma intrigue et donne naissance à de nombreux préjugés. Allez savoir ! vous propose un « vrai ou faux ? » avec les spécialistes. On ne ressent pas la douleur quand on est dans le coma &#8211; C’est vrai et faux « C’est très difficile à savoir, mais il paraît très peu probable qu’on éprouve une souffrance », constate Andrea Rossetti, médecin associé au Service de neurologie du CHUV. Les patients dans le coma qui sont traités dans les services de soins intensifs reçoivent des sédatifs puissants. Toutefois, « nous avons un moyen qui nous permet de dire qu’ils ressentent la douleur, précise Mauro Oddo, responsable de la neuro-réanimation au Service de médecine intensive du CHUV. Mais la ressentir, cela ne signifie pas pour autant qu’ils en soient conscients ». Donc qu’ils souffrent réellement. Une personne dans le coma entend tout ce qui se passe autour d’elle &#8211; C&#8217;est plutôt faux « Plus on est en coma profond, moins on interagit avec l’environnement et moins en entend », précise Andrea Rossetti. Il se peut toutefois que dans certaines formes de coma, lorsque les patients ne sont pas sous sédation ou que cette dernière est minimale, la personne réagisse à ce qui se passe autour d’elle. L’étude menée au CHUV (lire article principal) utilise des stimuli auditifs pour prédire si un patient va, oui ou non, se réveiller. Ces sons sont donc reçus par le cerveau qui réagit. Mais sont-ils pour autant intégrés, traités de manière à être vraiment perçus et entendus ? Il n’y a pas d’argument, à ce stade, pour l’affirmer. Il faut toucher les patients comateux &#8211; C&#8217;est vrai Bien qu’il y ait peu d’études sur le sujet, « il semble que le fait de toucher le patient et de stimuler ses divers sens aide à la récupération », selon le spécialiste de neuro-réanimation. « Il faut aussi parler aux malades, ajoute son collègue neurologue. On traite un patient comateux comme s’il était conscient : on lui explique les gestes que l’on fait, on communique avec lui. » Si un comateux ouvre les yeux, c’est signe qu’il va se réveiller &#8211; C&#8217;est faux « Après un arrêt cardiaque, certains malades se trouvent dans un coma irréversible ; on sait que leur cortex n’est plus en état de fonctionner et qu’ils ne se réveilleront pas. Pourtant, il leur arrive d’ouvrir les yeux, ce qui perturbe leur famille », constate Mauro Oddo. En fait, dans ce cas, « l’ouverture et la fermeture des yeux sont un réflexe automatique », précise le neuro-réanimateur. La sortie de coma peut être constatée uniquement « lorsque la personne ouvre les yeux à la demande ». C’est un bon signe, car cela prouve qu’elle a repris le contact avec son environnement. On peut passer 20 ans dans le coma &#8211; C&#8217;est vrai On peut passer de très nombreuses années dans cet état de perte de conscience, comme le prouve le cas d’Ariel Sharon, ex-premier ministre israélien plongé dans un coma profond depuis janvier 2006. Plus que d’une affaire médicale, la durée du coma « est une question culturelle », remarquent de concert les deux spécialistes du CHUV. Dans certains pays, les médecins maintiennent les patients en respiration artificielle jusqu’à leur décès. C’est notamment le cas en Israël, en Italie, au Japon ou parfois aux Etats-Unis où le cas de Terri Schiavo, restée dans le coma entre 1990 et 2005, a créé la polémique. Quoi qu’il en soit, « plus on est resté longtemps dans le coma, moins grande est la chance de réveil », souligne Andrea Rossetti. Lorsqu’on est dans le coma, on ne rêve pas &#8211; C&#8217;est vrai « Nous n’avons aucun argument pour dire qu’une personne dans le coma rêve, dit Andrea Rossetti. D’autant que le rêve est un état physiologique, alors que le coma n’en est pas un. » Le coma éthylique n’est pas un vrai coma &#8211; C&#8217;est faux L’intoxication par l’alcool, de même que par des drogues, « est l’une des causes du coma. On peut d’ailleurs en mourir », souligne Mauro Oddo. Toutefois, le pronostic est a priori meilleur que dans d’autres cas car, dans la mesure où la personne n’a pas de lésions cérébrales, « si elle se réveille, elle aura moins de séquelles ». Dans le film « Parle avec elle », un infirmier viole une jeune fille comateuse. Peu après, celle-ci sort du coma &#8211; Médicalement faux « C’est du cinéma », constate en riant Mauro Oddo. D’autant que, ajoute Andrea Rossetti, « l’héroïne est tombée enceinte, alors que durant le coma, on observe une dérégulation des hormones qui rend l’ovulation très peu probable ». Les deux médecins ont apprécié l’aspect artistique de ce film qui n’est toutefois pour eux qu’une « fiction ».]]></description>
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		<title>Le forfait fiscal en questions</title>
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		<pubDate>Thu, 24 Jan 2013 06:23:14 +0000</pubDate>
		<dc:creator>David Spring</dc:creator>
				<category><![CDATA[Economie]]></category>
		<category><![CDATA[No 53]]></category>
		<category><![CDATA[Sonia Arnal]]></category>

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		<description><![CDATA[Est-il normal que Michael Schumacher bénéficie de cette procédure et pas Roger Federer ? C’est l’une des questions que pose ce fameux forfait fiscal, qui aurait été inventé par les Vaudois il y a 150 ans, et qui est de plus en plus contesté en Suisse et à l’étranger. La France vient ainsi de lancer une offensive contre cette spécialité.  Texte Sonia Arnal Les Bernois ont décidé, pour le plus grand bonheur de Johnny Hallyday, de sauver le forfait fiscal. C’était le 23 septembre 2012. Mais Zurich, les deux Bâles, Schaffhouse et Appenzell Rhodes-Extérieures y ont tous renoncé entre 2009 et 2012. Depuis que la crise se manifeste à nos portes, le forfait fiscal est controversé : outre ces abolitions, différents cantons, comme Berne justement, ont durci les conditions d’octroi. Cette façon bien particulière de taxer les résidents étrangers est également sur la sellette au niveau national puisque la gauche a lancé une initiative pour le rayer définitivement – le Parlement a pour sa part décidé de le maintenir, mais de revoir à la hausse ses exigences. Au-delà des frontières la contestation monte aussi. Ainsi, début janvier, la France a décidé de s’attaquer au forfait fiscal, un geste qualifié de « déclaration de guerre » par Pascal Broulis, conseiller d’Etat en charge des finances vaudoises. Bref, cette forme d’imposition fait débat actuellement en Suisse. Mais au fond, de quoi parle-t-on vraiment ? Le point avec un spécialiste de l’UNIL. Qu’est-ce qu’un forfait fiscal ? « C’est un moyen particulier de taxer une frange très précise de la population », explique Marius Brülhart, professeur d’économie à la Faculté des hautes études commerciales. Plutôt que de remplir un document où il déclare l’entier de ses revenus et de sa fortune, le contribuable négocie une somme annuelle forfaitaire avec l’administration, suivant des règles différentes de celles qui sont en vigueur pour les contribuables ordinaires. Qui peut en bénéficier ? « Pour que l’administration entre en matière, il faut que le demandeur soit étranger, qu’il réside en Suisse (qu’il y vive donc plus de six mois par an) et qu’il n’y exerce pas d’activité lucrative », énumère Marius Brülhart. Un directeur de banque, comme le patron américain de Credit Suisse Brady Dougan, n’est pas concerné, puisqu’il travaille essentiellement à Zurich. En revanche, Johnny Hallyday, qui réalise ailleurs dans le monde la plus grande part de ses gains, peut en profiter, alors qu’un Suisse ne peut en aucun cas y avoir droit, quelle que soit sa situation financière. On peut ainsi supposer que Michael Schumacher en bénéficie, alors que Roger Federer doit déclarer à l’autorité fiscale l’entier de ses revenus et de sa fortune. Et pourtant, le champion de tennis comme l’ex-pilote de Formule 1 réalisent l’essentiel de leurs revenus à l’étranger. Comment le montant du forfait est-il calculé ? La somme forfaitaire négociée avec l’administration ne se base pas sur une déclaration des revenus globaux ou de la fortune totale, que le contribuable peut conserver cachés. « Elle est calculée sur les dépenses en Suisse, explique Marius Brülhart. Concrètement, c’est le loyer ou la valeur locative du domicile qui constitue l’élément central du calcul. On estime la valeur annuelle, et on la multiplie par cinq. A ce total, le fisc peut ajouter d’autres éléments de dépenses, comme les voitures, les avions privés, et aussi les salaires versés au personnel. » Concrètement, un étranger qui achète un appartement dont la valeur locative mensuelle est de 5 000 francs sera imposé sur un revenu de 300 000 francs par année (5 000 x 12 x 5), au minimum. Le rentier étranger qui vient s’établir sur les rives du Léman est donc incité, s’il souhaite économiser sur ses impôts, à louer un studio dans l’Ouest lausannois plutôt qu’à vivre dans un château sur la Riviera – et à passer lui-même la tondeuse. Le forfait ne devient intéressant, forcément, que si le montant ainsi calculé est inférieur à la somme qui serait due à l’administration fiscale si le contribuable déclarait l’entier de sa fortune et de ses revenus, comme n’importe qui d’autre. Où est-il en vigueur ? Le forfait fiscal existe dans tous les cantons suisses, moins les cinq qui ont décidé de le supprimer durant les trois dernières années, soit Zurich, les deux Bâles, Schaffhouse et Appenzell Rhodes-Extérieures. Ailleurs dans le monde, on trouve également des possibilités de négocier des conditions d’imposition particulières lorsqu’on est un résident étranger. « A Monaco par exemple, personne ne paie d’impôts sur le revenu, rappelle le chercheur. Ni les nationaux, ni – à l’exception des Français – les étrangers qui viennent y résider. En Autriche, on peut sous certaines conditions obtenir une forme de taxation qui se base sur les principes appliqués dans le précédent pays de résidence, quel qu’il soit. » Autre exemple avec le Royaume-Uni, où les personnes qui sont soumises au régime dit du « résident non domicilié » ne paient un impôt que sur les revenus réalisés dans le pays – les autres gains sont exonérés. De quand date son invention ? Le canton de Vaud est, semble-t-il, le premier à avoir eu cette idée. En 1862 – on a fêté l’an passé ses 150 ans –, le Grand Conseil a constaté que les riches étrangers s’installaient volontiers sur les rives du Léman pour de longues périodes, voire définitivement. Il a donc proposé d’introduire une taxe sur la fortune mobilière, histoire notamment de les faire contribuer à la construction des infrastructures qu’ils utilisaient (transports, etc.). Deux fronts s’opposent déjà à propos du forfait fiscal, dès les origines : certains craignent que cet impôt ne fasse fuir les riches étrangers vers des cieux plus cléments fiscalement, fussent-ils moins agréables en termes de climat, pénalisant ainsi l’hôtellerie, l’industrie des loisirs et les commerces. D’autres trouvent inique que ces personnes aisées jouissent de privilèges (par exemple une exonération totale les deux premières années) inaccessibles aux contribuables suisses. A quoi sert-il ? Soit à attirer des grandes fortunes étrangères par le biais d’un climat fiscal clément, soit – une fois qu’ils sont installés ici – à les faire contribuer à l’effort collectif, mais sans les étrangler, au risque sinon de les voir repartir vers des pays [...]]]></description>
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		<title>Métabolomique</title>
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		<pubDate>Thu, 24 Jan 2013 06:23:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator>David Spring</dc:creator>
				<category><![CDATA[Chronique]]></category>
		<category><![CDATA[No 53]]></category>
		<category><![CDATA[Santé]]></category>
		<category><![CDATA[Francine Zambano]]></category>

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		<description><![CDATA[Après la génomique et la protéomique, voici venue l&#8217;ère de la métabolomique, une nouvelle brique pour la recherche et la clinique à l&#8217;UNIL-CHUV. Cette science étudie les sucres, acides gras, acides aminés et, entre autres, les hormones. Objectif ? Créer un passeport biologique pour Monsieur et Madame Tout-le-monde. Les explications de Bertrand Rochat, biologiste au CHUV. Vous souhaitez épater vos interlocuteurs dans les salons ? Prononcez le mot métabolomique. C’est une science, jeune, qui étudie l&#8217;ensemble des métabolites (sucres, hormones, acides gras, etc.) présents dans une cellule, un organe ou un organisme. Sur le plan technologique, elle utilise principalement la spectrométrie de masse. Plus simplement encore, la métabolomique est une analyse des petites molécules, par exemple celles qui circulent dans le sang. Il faut intégrer la métabolomique avec deux autres domaines, mieux connus, qui composent un individu : la génomique ainsi que la protéomique, qui étudie les protéomes, soit l&#8217;ensemble des protéines d&#8217;une cellule. Il y a dix ans encore, les scientifiques étudiaient les métabolites de manière anecdotique en analysant seulement quelques composés, comme une « photo analytique » à 1000 pixels. Les spectromètres de masse permettent désormais d’en mesurer des centaines simultanément et maintenant ce cliché contient des millions de pixels. Aujourd’hui, les chercheurs peuvent donc observer une cartographie plus complète des métabolites. Au 18e étage du CHUV, la plateforme technologique qMSF (quantitative Mass Spectrometry Facility), dirigée par le biologiste Bertrand Rochat, teste un nouveau spectromètre de masse. Cette machine, mise à disposition par la firme Thermofischer avant son entrée sur le marché, permettra de réaliser des analyses de métabolites quantitatives et ciblées. Bertrand Rochat travaille en étroite collaboration avec le Dr Hugues Henry du Laboratoire de chimie clinique. La machine est en prêt jusqu’en mai 2013, mais Bertrand Rochat aimerait prolonger l’aventure de plusieurs semestres pour se familiariser plus concrètement avec cette technologie inédite au CHUV et à l&#8217;UNIL. Et histoire aussi de produire les premiers résultats en clinique. Grâce à ce petit bijou, récent et robuste, les chercheurs vont pouvoir mesurer des centaines de métabolites et espèrent découvrir les influences d’un évènement – prise d’un médicament ou d’un aliment, un stress &#8211; sur une personne. En matière de lutte antidopage, les spécialistes ont décidé de créer un passeport biologique pour les athlètes de pointe. Grâce à la métabolomique, cela pourrait concerner Monsieur et Madame Tout-le-monde. Nécessaire, pour y parvenir, d’identifier entre 200 et 800 composés ; ce qui donnerait une sorte de carte d’identité, non pas génétique, mais métabolique. Les chercheurs pourront voir ce qui se passe entre deux « photos » à, par exemple, plusieurs années d’intervalle. La métabolique observe et compare et se distingue, selon Bertrand Rochat, de la génétique plus déterministe. Preuve d’un bel avenir promis à la métabolomique ? Le laboratoire antidopage créé à Londres pour les Jeux olympiques de l’été dernier a certes fermé ses portes, mais une petite équipe travaille sur ce fameux passeport biologique pour tous. Plus près d’ici, Pierre-Edouard Sottas, un collaborateur de l’Agence mondiale antidopage, qui œuvre avec Bertrand Rochat, a créé une start-up, BioKaiZen, pour aller dans ce sens. Cette start-up vient de remporter le prix BioArk 2012, décerné dans le domaine des sciences de la vie en Suisse.]]></description>
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