• Accueil
  • Abonnez-vous
  • Edition électronique
  • Impressum
  • Archives
    • Allez Savoir! 43
    • Allez Savoir! 44
    • Allez Savoir! 45
    • Allez Savoir! 52
    • Allez savoir! 53
    • Allez savoir! 54

logo

  • Accueil
  • Abonnez-vous
  • Edition électronique
  • Impressum
  • Archives
    • Allez Savoir! 43
    • Allez Savoir! 44
    • Allez Savoir! 45
    • Allez Savoir! 52
    • Allez savoir! 53
    • Allez savoir! 54


L’amour version Bollywood

0
18 mai 2012
David Spring
by David Spring
A Shimla, au nord de l’Inde, un couple en costume de mariés cachemiri prend la pose devant les montagnes, le 9 février 2012. Dans le cadre d’un travail de recherche de terrain, Raphaël Rousseleau, professeur de l’Institut religions, culture et modernité, et Francis Mobio, chargé de cours, photographe et cinéaste, ont mené des entretiens sur la manière dont les touristes indiens s’approprient ce paysage enneigé pour célébrer leurs lunes de miel. Photo Francis Mobio.
Le professeur Raphaël Rousseleau et Joël Cabalion, le traducteur, pendant un entretien sur le « Ridge », à Shimla.
La bibliothèque et la Christ Church (1857), héritages coloniaux de Shimla. Au fond, sur la montagne, une statue du dieu-singe hindou Hanuman. Photo Francis Mobio
La vue depuis le «Ridge», à Shimla. Photo Francis Mobio.
La poste de Shimla. Photo Francis Mobio
Statue géante du dieu-singe Hanuman, installée en 2010 sur un point élevé dominant Shimla. Photo Francis Mobio
Le professeur et historien de l’art Jyotindra Jain, à Delhi. Photo Francis Mobio.
Krishna et Radha, sous le regard de deux villageois. «Ce couple symbolise l’amour romantique, même si, dans le mythe, Radha est mariée à un autre homme !», résume Raphaël Rousseleau. Tableau des années 30, tiré de la collection du professeur Jyotindra Jain. Photo Francis Mobio.

Les chercheurs de l’Université de Lausanne ne passent pas leur vie sur le campus, loin de là. Leurs sujets d’études peuvent les mener loin de Dorigny. Ainsi, début février 2012, le professeur Raphaël Rousseleau (Institut religions, culture et modernité), et Francis Mobio, chargé de cours au décanat théologie et sciences des religions, se sont rendus en Inde.

«Le but de ce voyage était de réaliser un entretien filmé avec le professeur Jyotindra Jain à Delhi, raconte Raphaël Rousseleau. Cet historien de l’art a été commissaire général de l’exposition «Autres maîtres de l’Inde», qui s’est tenue en 2010 au musée du quai Branly, à Paris. Jyotindra Jain possède une collection étonnante de collages, issus de l’art populaire des années 20 et 30. Il s’agit de paysages européens peints, sur lesquels des artistes ont collé des divinités hindoues, découpées dans d’autres documents. Un métissage tout à fait surprenant, qui permet à Krishna et Radha de flirter devant une maison à colombages…

De Delhi, les deux chercheurs lausannois ont pris le train pour Shimla, la capitale de l’Himashal Pradesh, située très au nord de l’Inde. Installée à plus de 2200 mètres, cette ville touristique est l’objet d’un pèlerinage intéressant. «Les Indiens issus des classes moyennes et supérieures s’y rendent en lune de miel. Les couples se font photographier devant les montagnes, raconte Raphaël Rousseleau. Nous avons cherché à comprendre comment les gens se représentaient devant ce paysage, et comment ils se l’appropriaient.» Grâce à des interviews, et à la médiation de Joël Cabalion, un universitaire français de Delhi qui parle couramment le hindi, des motivations multiples ont émergé. D’abord, comme le voyage coûte cher, il s’agit d’affirmer un idéal de réussite sociale. L’héritage colonial entre en jeu: Shimla, qui aligne de nombreux bâtiments de style européen, a été la capitale d’été de l’Empire britannique dans le sous-continent. Enfin, «Bollywood» véhicule un imaginaire lié à l’amour : les scènes romantiques de plusieurs longs-métrages populaires ont été tournés dans cette ville. «Les touristes cherchent à retrouver les lieux des tournages», rapporte le professeur lausannois. Une personne interviewée a même fredonné la chanson de l’un de ces films. Une autre clé : dans le cinéma indien, et auparavant dans son théâtre, les sentiments sont codifiés. Ainsi l’amour, qui renvoie plutôt au coucher de soleil sur la plage pour un occidental, est symbolisé notamment par la montagne en Inde.

Sur le «Ridge», soit la large avenue qui constitue l’un des points forts de la Shimla, les couples se font photographier… en costume cashemiri, que louent des photographes installés sur place. Les jeunes mariés prennent alors des poses que l’on peut voir dans des films populaires, qui brodent souvent sur le thème de la rencontre d’une paysanne avec un prince charmant.

«Il nous reste beaucoup de fils à tirer : quand est-ce que cette mode a commencé ? Quel lien a-t-elle avec la tradition indienne ? Quelle est l’empreinte exacte du colonialisme ?», note Francis Mobio, qui ne s’étonne pas être revenu d’Inde avec davantage de questions que de réponses. Le voyage des deux Lausannois, et les entretiens filmés, sont les premiers pas d’une recherche plus approfondie.

Partage

Répondre Annuler la réponse.

Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.

Derniers numéros parus

Allez Savoir! 51

  • Allez savoir! change de peau
  • Une journée pour comprendre la mucoviscidose
  • L’amour version Bollywood
  • « La guerre, notre poésie »
  • En direct du campus
  • Les sportifs ont-ils atteint leurs limites ?
  • «Dans l’antiquité, l’important n’était pas de participer»
  • Viser la réussite … plutôt que l’excellence !
  • Les enfants des baby-boomers vivront-ils moins bien que leurs parents ?
  • «Les jeunes entrent de plus en plus tard sur le marché du travail»
  • Brillons dans les salons
  • Les continents et leur dérive
  • Une éruption en Indonésie peut faire des morts en Suisse
  • Jeu vidéo, immersion totale
  • Lara Croft reprend du service
  • Le plus étrange des mammifères, l’ornithorynque, livre peu à peu ses secrets
  • «Le cerveau est l’organe qui a évolué le plus lentement»
  • Vivre (et laisser vivre) à San Francisco
  • Pourquoi nous sommes plus sévères avec les chauffards qu’avec les petits dealers
  • Contre la déréglementation
  • «La formation continue permet d’augmenter sa compétitivité»
  • Pour sortir les églises de la crise
  • Livres
  • La psychologie au cœur de la société

Blogroll

  • Journal en ligne de l'UNIL
  • Uniscope, journal de l'université
  • Université de Lausanne

Une publication de l’UNIL


© 2012 - Université de Lausanne