Comment sensibiliser les consommateurs ?

Lors de cet atelier, Huma Khamis a présenté la campagne d’information de la FRC sur les perturbateurs endocriniens. Ci-dessous les thèmes discutés pendant la session:

Les Perturbateurs Endocriniens (PE) :

Les perturbateurs endocriniens agissent au niveau du système hormonal, système qu’ils perturbent, par exemple en mimant le comportement d’une hormone. Dans le cas de ces substances, ce n’est plus la dose qui fait le poison, comme dans la toxicologie classique. L’effet est variable en fonction du stade de développement humain, qu’il soit fœtal ou à l’adolescence, par exemple. La commission européenne travaille actuellement sur une liste de substances qui seraient des perturbateurs endocriniens avérés.

Les parabènes :

Les parabènes sont une famille de substances chimiques utilisées comme conservateurs dans les cosmétiques notamment. Certaines de ces substances sont suspectées d’avoir des effets endocriniens, mais pas toutes. Actuellement en Suisse, les parabènes ne sont pas interdits.

La FRC souligne que l’industrie contribue au flou qui encadre les parabènes en utilisant des allégations « sans parabènes » sur leur packaging, dans le cadre du marketing vert. Malheureusement, cela entretient la confusion chez le consommateur. Si les parabènes ne semblent pas tous être dangereux, pourquoi permettre ces allégations ?

La FRC ainsi que plusieurs participants estiment qu’il serait  important que l’OFSP communique clairement sur ces substances et légifère sur ces allégations.

Les filtres anti-uv

Si les filtres anti-UV semblent nécessaires pour se protéger des effets nocifs du rayonnement solaire, la question se pose de savoir s’il est impératif que des cosmétiques, comme les shampoings par exemple, en contiennent.

L’industrie cosmétique souligne qu’elle prend en compte le nombre de contact pour chaque individu avec des produits cosmétiques  dans une journée type.

Toutefois c’est la somme des contacts avec une même substance chimique mais dans des produits cosmétiques différents qui pourrait poser problème, à long terme, pour la santé.

Les consommateurs :

Les consommateurs ne savent souvent pas quoi choisir comme cosmétiques.

Témoignage d’une dermatologue : « mes patients me disent ne plus mettre de crème solaire car ils ne savent plus quel produit acheter, lesquels sont mauvais pour la santé ou pour l’environnement. Je me trouve dans une impasse entre les fabricants, ce qu’ils mettent sur le marché, qui est censé être « sans effets » et les discours des médias qui font parfois des raccourcis à partir des données de la recherche. Tout cela nourrit l’inquiétude du consommateur. »

Plusieurs participants demandent que les autorités, notamment l’OFSP, communiquent plus clairement sur le sujet.

A noter que l’OFSP a une FAQ  sur les anti UV :

La recherche :

Les chercheurs présents estiment que puisque les connaissances scientifiques évoluent, l’administration devrait oser dire  « nous ne savons pas encore », « la recherche est en cours ».

La recherche doit avancer sur les questions de bioaccumulation, de l’effet des mélanges et de l’effet multi-générationnels.

D’autres questions plus générales se posent également : Est-ce que le risque augmente avec le cumul de contacts avec des substances chimiques, comme par exemple, les contacts via les textiles ou l’air que nous respirons ?

L’aspect environnemental doit être pris en compte dans l’évaluation du risque des cosmétiques. Avec REACH une partie de l’information sera accessible.  Mais il manquera encore des données sur les effets multi-générationnels (à très long terme) et sur l’effet des mélanges.

L’industrie et REACH :

Un participant précise que dans le doute sur l’effet toxique d’une substance, c’est toujours les autorités qui vont appliquer le principe de précaution et non les industriels.

L’industrie de son côté mentionne qu’elle ne défend pas systématiquement tous les ingrédients qui sont remis en question. Par conséquent, certains de ces ingrédients peuvent devenir interdits d’utilisation en cosmétique même s’ils ne posent pas de risque avéré.

La législation sur les cosmétiques ne prend pas en compte les aspects environnementaux pour l’instant. Avec la législation REACH, qui demande l’évaluation environnementale, des substances chimiques et avec l’accessibilité de ces données, ce sera un bon début dans ce sens.

Le point positif des produits cosmétiques par rapport aux autres substances chimiques c’est la transparence ! La liste des ingrédients est complète à 100% par rapport au reste  du monde chimique qui nous entoure.

L’industrie souligne que les produits cosmétiques proposés aux consommateurs sont des mélanges de matières premières qui nécessitent des conservateurs afin d’en garantir la qualité microbiologique. En l’état actuel, il n’est pas possible de renoncer à l’utilisation d’agents conservateurs de manière globale.

La législation :

Il manque un message clair des autorités lorsque les informations sont contradictoires. Les politiciens ne prennent pas non plus leur responsabilité pour diminuer ce flou. Et, le consommateur finit par avoir une charge énorme sur ses épaules.

Qui pourrait jouer le rôle de  l’interface?

Du point de vue de l’OFSP, les lois sont justement ces interfaces et elles déterminent ce qui est sûr de ce qui ne l’est pas en l’état actuel des connaissances. Il est à noter qu’ils font un travail de vulgarisation par leur site internet et des newsletter.

Toutefois le processus législatif est relativement long, plus long que celui de la recherche, qui délivre des résultats qui ne sont pas pris en compte rapidement par l’administration.

Une bonne réglementation stimule également l’innovation, et le développement d’idées et ce n’est pas un frein pour l’industrie.

Le rôle des conseillers:

Les corps de métier comme les droguistes, les assistants en pharmacie et les pharmaciens pourraient jouer le rôle de conseillers. Ils pourraient rechercher l’information publiée sur le sujet et aider  le consommateur dans ses choix de produits par rapport aux inquiétudes qu’il éprouve.

Les mesures simples:

La mesure la plus simple que chacun peut faire chez soi, c’est de retrouver une certaine mesure dans sa consommation quotidienne.

Faut-il accepter le risque ?

Finalement il sera difficile de donner une réponse claire sur le risque à long-terme, des substances utilisées en cosmétiques, ou plus généralement dans nos produits de tous les jours. Il y aura certainement toujours des substances supposées anodines qui poseront problème un jour ou l’autre. Plusieurs participants estiment qu’il faudrait peut-être accepter de vivre avec le risque que présente les substances chimiques.

 

Eco-cosmétovigilance 

Introduction

Conclusion