« Au Brésil, rien ne fonctionne, mais tout est possible ! »


Je vous épargne la carte postale sur Rio. C’est merveilleux ; assurément l’un des endroits des plus stupéfiants qu’il m’ait été donné de visiter – tout comme le Brésil en général d’ailleurs ; superbe et plein de contrastes ! Tantôt délicieux, tantôt invraisemblable. Je m’en tiendrais au dicton local ci-dessus (titre), souvent confirmé, mais qui donne à cet endroit tout son charme !

La Zona Sul de Rio, où se trouve l'université

La Zona Sul de Rio, où se trouve l’université

Pour en venir au fait, j’étudie dans la faculté de relations internationales d’une sympathique petite université de 30’000 étudiants, fondée par des jésuites (« PUC-Rio »), coincée entre la fameuse plage d’Ipanema et une favela géante qui vrombi de funk du soir au matin ; soit un environnement parfaitement optimal et motivant pour une étude sereine et attentive des Grandes Choses de ce monde…  Le campus lui-même est magnifique : construit au milieu d’une « coulée » de forêt tropicale et entre deux pains de sucre, certains cours se donnent parfois même à ciel ouvert et il n’est pas rare de prendre sa pause déjeuné entouré de petits singes (ce qui occasionne d’ailleurs un nombre certain de vols de portables !) Il y a pas mal d’étudiants étrangers – environ 300… qui n’ont souvent temporairement plus de portables ! – dont une submergente majorité d’américains et plusieurs français (malheureusement pour mon portugais ! Je tâche néanmoins de fuir les étudiants européens et américains, autant que faire se peut). Je suis par contre le seul suisse. Une proportion non négligeable des ces étudiants étrangers proviennent d’académies militaires, principalement des ingénieurs (avec lesquels les discussions aux pauses s’enlisent rapidement autour de leur passion pour les systèmes de propulsion des missiles, et le marché émergent de l’armement brésilien… un délice !) mais pour ce qui des relation internationales, pas mal de futurs officiers de l’US Navy (pour lesquels ce séjour hors du « monde libre » est souvent le tout premier…). Les étudiants brésiliens sont adorables et super avenants. Le fait même d’être étranger suscite beaucoup d’intérêt et de contacts amicaux, suivies d’invitation à toute sorte d’événements, de visites ou de soirées. Je dois reconnaître que je ne me lasse pas de cette chaleur humaine et de ces facilités qui m’ont permis de rapidement faire de belles rencontres et de disposer des meilleurs « guides » qui soient pour partir à l’assaut de la ville.

L'université de PUC-RIo

L’université de PUC-RIo

Pour ce qui touche au contenu de ces études, en plus des cours de portugais, je suis six autres cours (certains en anglais, d’autre en portugais) : histoire contemporaine et politique étrangère du Brésil, économie brésilienne, économie politique en Amérique du sud, droit humanitaire international, et enfin les relations entre la Chine et le Brésil. La plupart des cours sont véritablement passionnants ! Les enseignants sont extraordinairement jeunes, brillants et expressifs, ce qui donne souvent à leurs cours une allure de pièce de théâtre. J’y trouve vraiment ce que je recherchais ici, à savoir un monde académique dynamique, tourné vers l’extérieur ; un point de vue alternatif, souvent critique, sur des objets avec lesquels je suis par ailleurs déjà un peu familiers (ce qui, au passage, explique pourquoi je parviens assez bien à suivre les cours, malgré mon balbutiant porto-fran-glês !). C‘est d’autre part un exercice autant stimulant que dépaysant que d’étudier les Conventions de Genève en portugais, la perception et les effets pervers de la construction de l’Union européenne sur l’Amérique du Sud, ou encore de faire une présentation sur les mouvements politiques anti-américains au Brésil avec deux « soldier-boys » de la Navy.

Enfin (et surtout !) pour ce qui est de ma vie sociale et des distractions ici… disons que j’essaie de maintenir un minimum de 6 à 7 heures de sommeil par nuit. Mais à vrai dire, c’est là l’une de mes principales difficultés ici.

 

La favela de Vidigal, juste à côté de l'uni

La favela de Vidigal, juste à côté de l’uni

La suite du programme avant le retour en Suisse va consister à voyager et à supporter un Noël à 40°C en attendant LE Carnaval – juste histoire de finir en beauté !

Sorry, comments are closed for this post.