Erwan Le Bec


Erwan Le Bec

D’abord, j’ai détesté Rome. Pour le gymnasien que j’étais, embarqué avec les autres élèves du cours d’Italien, il y avait trop de monde, trop de touristes, trop de voitures, de centurions d’opérettes au pied du Colisée, et surtout pas assez de vue sur le lac et les montagnes. C’en était presque étouffant. Et puis on découvre le Latium quand en début de soirée. Tout devient incroyablement calme et doux, même en hiver. On ne voit plus les ruelles saturées mais le bord du Tibre, toujours un peu désert. Même au centre, les ruines ne semblent soudainement n’abriter que des colonies de chats. Alors je me suis dit que j’allais revenir.

Aujourd’hui j’ai 24 ans. Je voulais partir étudier un peu ailleurs, depuis mes premiers jours à l’Unil. Et à force de remettre à l’année prochaine, je me retrouve sans trop m’en rendre compte en deuxième –et probable dernière- année de Master en Archéologie. C’était la dernière occasion de me lancer dans un erasmus, et je crois que j’ai instinctivement cherché «Rome» dans la liste des accords d’échange.

Une manière de vivre concrètement, très, ce qu’on nous a appris pendant des années. Le forum d’Auguste, celui de César, la taille immense des portiques de Pompée, le faste du Palatin qui a épaté Suétone… se promener dans Rome permet de retrouver un peu du parcours des romains et des architectes qu’on passe notre temps à étudier sur le papier. J’ai orienté mon cursus vers les temples, les sacrifices et l’organisation des cultes romains. Je ne sais pas vraiment si les cours de la fameuse Università della Sapienza de Rome vont y toucher un peu. Mais en tout cas, les ruines sont là. Et avec le temps, on ne voit effectivement plus les touristes, les voitures et les centurions d’opérettes.

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