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Pré(textes)

La lecture est indissociablement liée à la personnalité de Catherine Bolle. Plusieurs rencontres expliquent cette « passion » du livre qui mobilise une partie importante de son énergie créatrice.

Sa mère tout d’abord, qui, de par ses origines françaises et ses ambitions pédagogiques (elle avait suivi une formation de jardinière d’enfants), avait coutume de lui offrir des livres, et ceci dès son plus jeune âge. Et pas des livres d’images !

Plus tard, un collègue rencontré à la station fédérale de Changins, où elle oeuvrait en qualité de technicienne en génie chimique, Willy Schmidt, pacifiste convaincu, lui fournit quantité de lectures et l’engagea à se constituer une bibliothèque au gré de ses coups de coeur.

Enfin, Raymond Meyer, avec qui elle partagea sa vie pendant plusieurs années, grand amateur de livres et notamment de poésie, lui fit découvrir des auteurs tels Odysseas Elytis, Jean Tardieu, Salah Stétié, Jean Mambrino et bien d’autres encore.

S’emparant des textes qu’elle lit, Catherine Bolle a éprouvé le besoin, pour certains d’entre eux, de dessiner ou graver les expériences, réflexions et émotions issues de leur lecture pour les restituer à sa façon.

 

Poèmes de Catherine Pozzi (2005)

Catherine Pozzi, Poèmes
Six dessins sur papier calque de Catherine Bolle, avant-propos de José-Flore Tappy
Lausanne : La Délie (Bibliothèque cantonale et cantonale de Lausanne), 2005
Impression : Jean Genoud S.A., Le Mont-sur-Lausanne
Tirage de la gravure: Raymond Meyer, Pully
1 vol. en feuilles, dans un coffret ; 31 cm
– 1 ex. unique avec les six dessins originaux de Catherine Bolle marqué « 0 »
– 3 ex. enrichis chacun d’un dessin original écarté, marqués « A », « B » et « C »
– 15 ex. enrichis d’une pointe sèche originale de Catherine Bolle, dont trois réservés à l’artiste, num. de I/XII à XII/XII et EA I/III à EA III/III
– 80 ex. dont 10 réservés à l’artiste, num. de 1 à 70, EA 1 à EA 10
Ex. « 0 », comprenant les 6 dessins originaux de Catherine Bolle sur papier calque

Livre de bibliophilie publié à l’initiative de la Bibliothèque cantonale et universitaire de Lausanne dans le cadre de la mise en valeur de la correspondance échangée par Annemarie Schwarzenbach et Claude Bourdet, dans laquelle la poétesse, mère ce dernier, est très présente. Les dessins de Catherine Bolle sont inspirés des six poèmes qui constituent l’essentiel de l’oeuvre conservée de Catherine Pozzi. Cette dernière entretint avec Paul Valéry une relation tumultueuse durant plus de huit ans et fut l’amie de nombreuses figures littéraires de l’entre-deux-guerres, comme Jean Paulhan, Rainer Maria Rilke, Anna de Noailles, Colette, Henri de Régnier ou encore Pierre Jean Jouve.
Cette édition reprend le texte paru dans la collection Métamorphoses chez Gallimard en 1959, établie d’après l’originale de 1935 publiée par Jean Paulhan aux éditions de la revue Mesures.

Joie dans le ciel (2001)

Joie dans le ciel
[Pully], 2001
5 pl. doubles sous chemise peinte, dans un emboîtage ; 41 cm
Extraits de C. F. Ramuz et alternance entre dessins, gravures (pointe sèche) et collages de Catherine Bolle
Exemplaire unique

Livre d’artiste (techniques mêlées) constitué de 5 doubles planches num. 5/20, 9/20, 10/20, 11/20 et 12/20 comportant chacune une double page de l’édition originale de ce texte, parue en 1925 chez Grasset à Paris, point de départ d’interventions gravées et peintes de Catherine Bolle.
Il s’agit du second travail réalisé par Catherine Bolle sur l’oeuvre de C. F. Ramuz, après une suite de gravure inspirée de Pour le Rhône parue en 1988. Il a été présenté le cadre de la Fête de l’écriture, à Vevey, en 2000, puis au Musée de Pully. L’édition envisagée n’ayant pas été réalisée, cet exemplaire est un unicum.

« Ce texte m’a beaucoup intéressée et m’a accompagnée dans des vacances d’hiver aux Grisons [...]. Comme dans Hermann Hesse, L’autoportrait, ou j’ai réellement travaillé mon autoportrait, c’est l’écrivain qui se transforme en peintre et qui en décrit une conviction profonde, raffinée, voire tourmentée, la passion simple pour le Ramuz, de la figuration d’une idée que l’on se fait du paradis. » (Extrait d’une lettre jointe au volume adressée à la BCU-Lausanne)

Sagittaire (1994)

Sagittaire
Poème de Clara Blatter écrit en avril 1991 imprimé sur une gravure de Catherine Bolle pliée en quatre, plus une planche détachée
[Genève] : Editions Traces, [1994]
Impression des gravures : Raymond Meyer, Pully
Typo : Thierry Bouchard, Losne
1 f. double + 1 pl. ; 23 cm
– 5 ex. num. de 1/5 à 5/5
Ex. n° 5/5

Première collaboration avec un des typographes français les plus réputés, dont la rencontre a marqué Catherine Bolle. Son atelier était situé au coeur d’un grand jardin, dans l’une des dépendances de la maison familiale, située entre Dijon, Arc-et-Senans et Dôle. Homme de très grande culture, dans la tradition humaniste, il a disparu prématurément, en 2008.

« Thierry, qui aimait pratiquer le grec ancien, avait fait des études de philosophie, rédigé un mémoire de maîtrise à propos de la tragédie chez Hegel et Nietzche. [...] Pour cause d’un point et demi de retard, il ne fut pas admis au concours d’entrée de l’Ecole Normale Supérieure. Son destin était ailleurs : en 1974 -il avait 20 ans- il fit l’achat de sa première presse à imprimer. Les vrais spécialistes, les meilleurs témoins et connaisseurs que j’ai pu rencontrer estiment qu’il fut le plus grand typographe de sa génération.»
Alain Paire

Le Dernier été de Klingsor : l’autoportrait (1991)

Le Dernier été de Klingsor : l’autoportrait
Pully : Editions des ateliers Catherine Bolle et Raymond Meyer, 1991
Typo : François Roubin, Genève
8 doubles f. dans un emboîtage ; 34 cm
Suite de 6 eaux-fortes originales de Catherine Bolle inspirées du texte tiré de la nouvelle Le dernier été de Klingsor de Hermann Hesse, traduit par Edmond Beaujon
– 15 suites sur vélin d’Arches num. de 1/15 à 15/15
– un ex. de dépôt légal marqué 0
– 5 ex. rehaussés, comprenant en hors-texte une suite complète imprimée sur japon à marges perdues, justifiés de I/IV à IV/IV
Ex. n° 5, enrichi d’une suite sur Japon signée et d’une lettre manuscrite de l’artiste à l’imprimeur.

A l’instar du recueil Quatre planches de ta mère, réalisé en 1988, ce travail propose une réflexion sur l’autoportrait, la figure de l’artiste se superposant à celle de l’auteur.
Une gravure de grand format créée en parallèle, Les vergers marins, revisite le thème de Klingsor ; cette figure inquiétante située à la frontière du monde des ténèbres, entre ombre et lumière pouvait-elle ne pas interpeler Catherine Bolle, qui a exploité pour restituer l’univers mental de Hermann Hesse une technique d’eau-forte particulière, qui permet de faire apparaître des traits de lumière sur un fond sombre. Une dimension « magique » que l’alchimie de la gravure traduit à merveille.

L’eau et les pierres . . . (1988)

L’eau et les pierres, leur langage, leur rôle dans la genèse de l’écriture
Pully, Editions des ateliers Catherine Bolle – Raymond Meyer, 1988
Typo : François Roubin Genève
18 f. dans un cartable : ill. ; 59 cm
Suite de 13 gravures originales de Catherine Bolle Bolle (aquatinte, pointe sèche et lavis d’acide), sur des extraits de Gaston Bachelard, Roger Caillois, G. Pauthier et Salah Stétié
– 10 ex. num. de 1 à 10
– 15 planches libres justifiées de I à XV tirées sur japon teinté main
– 2 EA (épreuves d’artiste)
Ex. n° 9

Une des premières collaborations de Catherine Bolle avec Raymond Meyer, qui marque aussi le début d’une aventure de vie. Raymond Meyer a joué un rôle moteur dans l’appropriation par l’artiste du champ littéraire, l’incitant notamment à découvrir un certain nombre d’auteurs contemporains et la sensibilisant à la richesse des textes et aux enjeux dont ils sont porteurs.