Voilà trois mois que j’ai atterri à Londres, que j’étudie dans une université anglaise, et que j’ai complètement oublié le blog checkout! Honte à moi? Peut-être. Mais cela prouve qu’il faut du temps pour s’adapter à un nouveau mode de vie, et j’espère que cela vous encouragera à partir étudier à l’étranger pour une durée de deux semestres, afin de pouvoir profiter pleinement de votre séjour! Car oui, même si c’est loin d’être facile au début… on perd vite l’envie de rentrer au bercail.

Park Wood
Reprenons depuis le début. Je suis donc arrivée à Londres mi-septembre, et j’ai pris le train jusqu’à Canterbury, avec mes deux valises. Jusque-là, pas de problème. Pour regagner le campus, où se trouvait mon logement, j’ai dû prendre un bus rempli d’étudiants, avec mes deux valises. Je suis descendue à un arrêt que me semblait être proche de mon logis, cependant mon sens de l’orientation sous-développé m’a valu une longue marche, en traînant tant bien que mal… mes deux valises! C’est là que je me suis rendue compte que le campus était… grand. J’ai béni le M1 de toutes mes forces. Bref, j’ai finalement trouvé Park Wood, un village estudiantin à l’autre extrémité du campus, et j’ai emménagé dans ma nouvelle maison, impatiente de rencontrer mes colocataires. Après avoir rangé mes affaires, je me suis accoudée à la fenêtre pour rêvasser en observant le grouillement des étudiants qui prenaient possession de leurs chambres. C’est là que je me suis rendue compte qu’ils étaient tous venus avec leurs parents ET la voiture familiale remplie d’objets de tout genre, comme des casseroles ou des aspirateurs. Mes deux valises (reparlons-en) ne pouvaient malheureusement pas contenir de tels outils, fort utiles soit dit en passant, surtout quand votre cuisine est … vide! Là, commence une course interminable pour acheter tout ce qu’il faut pour cuisiner. Le problème? Le campus héberge quelques milliers d’étudiants, et Canterbury est une ville… minuscule. Je me suis rendue au centre ville, innocemment, pour faire mes courses. Les chinois m’avaient devancée: les magasins étaient envahis d’étudiants aux yeux bridés avec des chariots qui contenaient ce qu’il n’y avait plus sur les étalages. Non, ceci n’est pas une blague, il n’y avait plus RIEN en rayon. Du jamais vu! Retour bredouille à la maison, où je fais connaissance avec mes colocs: que des premières années. Je précise qu’en Angleterre, les notes de première année d’université ne comptent pas pour le bachelor. Du coup, c’est un peu vendredi tous les soirs. Vive la vie sur le campus!
Les premiers jours, je les ai consacrés aux dédales administratifs, volume II. Je ne pense pas exagérer si je remplace « jours » par « semaines » dans ma phrase précédente. Bref, il a fallu compléter mon inscription, me faire ma carte d’étudiante, me procurer un abonnement de bus, ouvrir un compte en banque, aller à toutes les petites réunions de bienvenue pour les étudiants Ersamus, sans oublier le casse-tête des modifications des contrats d’étude. Pour résumer, j’ai couru de bureaux en bureaux, pour faire signer des papiers que personne ne voulait signer, se renvoyant la balle entre eux. Oui, la balle, c’était moi. Bref, après une semaine de course intensive, j’envoie les documents signés à Lausanne. Trois semaines plus tard (hé oui, y a pas l’feu au laaaaaaac), retour des documents signés par l’Unil, et classement du dossier. OUF!

Premières dissertations
Entre temps, les cours ont déjà bien commencé. Et là, place au plaisir! Ce semestre, j’ai deux modules de 15 crédits, un en linguistique de l’acquisition, et l’autre en littérature anglaise. Quand j’ai vu mon horaire, j’ai cru éclater de rire: six heures de cours par semaine, c’est une blague? J’ai papillonné dans cet état de naïveté jusqu’à ce que je reçoive la liste de lecture pour le semestre. Ah oui. Rien qu’en anglais, un livre par semaine, ça va changer des deux livres par semestre de l’Unil. J’ai vite compris qu’il fallait que je devienne vite plus indépendante dans mes recherches qu’auparavant, et pour être honnête, ça me convient parfaitement, car je peux enquêter à loisir sur les sujets qui m’intéressent vraiment. Du coup, les premières dissertations furent un vrai régal.
Une chose qui change considérablement par rapport à nos cours lausannois sont les séminaires, pour lesquels chaque élève est noté sur sa participation lors des discussions. Du coup, ils deviennent l’occasion de grands débats, dans lesquels le professeur ne fait que nous rediriger quand nous dévions le sujet. C’est beaucoup plus interactif, et donc doublement intéressant, me semble-t-il. Au début, c’est pas facile, surtout en tant qu’Ersamus complexée par son anglais. Un peu de confiance en soi, et le tour est joué!

Vue sur Canterbury depuis le campus
Parlons campus maintenant. Il est immense, perché sur une colline, d’où on peut admirer la ville de Canterbury et sa cathédrale (enfin, pour autant qu’il n’y ait pas de brouillard). Tout autour, c’est la campagne, les champs et les moutons (dans ce sens, les Lausannois ne sont pas dépaysés). Pour être tout à fait honnête, il est possible de vivre sans quitter le campus. En effet, on y trouve des magasins alimentaires et d’habits, une papeterie, des banques, un théâtre, un cinéma, un centre sportif, des cafés, des restaurants, des bars, et même des boîtes (ça surpasse le Zelig). Non, vraiment, c’est une petite bulle hors du monde réel. Je n’ai pas parlé de la bibliothèque, qui est aussi grande que notre Banane, et qui regorge de trésors. Chaque bâtiment a le nom d’une personne célèbre, et il existe une certaine compétition entre eux, surtout lors des événements sportifs. En fait, on se croirait un peu à Poudlard, avec les différentes maisons, les salles communes, les halls et les lustres majestueux qui pendent au plafond. C’est un univers magique quoi.

La cathédrale
Par contre, transplaner n’est toujours pas possible. Pas de M1 qui vaille: on se déplace à pied ou à vélo. Il y a des lignes de bus qui desservent le campus, et qui nous relient à Canterbury en dix minutes. Les moins paresseux descendront à pied, en 30 minutes, par des chemins sveltes et sinueux, à travers les bois, puis les vielles rues de la ville. Canterbury est une toute petite cité, encore bien pavée et toujours protégée par les murs médiévaux qui l’entourent. Les bus, pour entrer dans la ville, doivent passer par une porte si étroite, qu’ils le font au ralenti et passent au millimètre près. LA chose à voir est évidement la cathédrale, monument important du point de vue religieux. On ne se lasse pas d’admirer son architecture tout en se remémorant quelques passages des Canterbury Tales de Chaucer. Les rues de la ville sont joliment pavées et regorgent de petites boutiques aussi alléchantes les unes que les autres. Pour les gourmands, vous trouverez toutes sortes de restaurants, vous invitant à déguster les spécialités culinaires des quatre coins du monde, sans oublier les cafés, qui sont les lieux de rencontre préférés des étudiants après une longue journée de cours.

Où suis-je?
Mais la vie sur le campus, ça ressemble à quoi? Le matin, les cours commencent au plus tôt à neuf heures. C’est bien connu, les étudiants ne sont pas matinaux, et émergent gentiment vers dix ou onze heures. Chacun fait ensuite son chassé-croisé sur le campus, entre les différents bâtiments. Au début, on fait des grands détours, on se perd, mais c’est positif, car on découvre des raccourcis qui nous sont plus tard bien utiles quand on est en retard pour un cours. Vers cinq heures, changement de costume! Tout le monde troque ses jeans pour un training et une vielle paire de baskets, car oui, c’est l’heure du sport. Au centre sportif, ça zigzague, ça court, ça danse et ça saute dans tous les sens. Sauf que les prix du centre sportif sont …élevés. Aucun problème! Il existe les « sociétés » formées par les étudiants. Celles-ci ont pour but de regrouper des personnes ayant des intérêts similaires, lors d’activités ou d’événements. Par exemple, j’ai rejoint la société de danse, qui propose un large choix de cours hebdomadaires, donnés par des étudiants bénévoles et enthousiastes. La liste des sociétés s’allonge toujours plus, car chaque étudiant a la possibilité de créer la sienne s’il ne trouve pas son bonheur. Et croyez-moi, il y en a de toute sorte, comme la société de magie, ou encore de quidditch (ne me demandez pas ce qu’ils font durant leurs réunions, moi non plus je n’en n’ai pas la moindre idée!). A huit heures, c’est le moment du dinner in the kitchen avec ses colocataires, suivi de la cuppa tea et des discussions interminables dans lesquelles on refait le monde. Ensuite, il y a les studieux qui retournent à leurs bouquins, et il y a les autres, qui retournent sur le campus pour terminer la soirée entre amis dans un bar. Les weekends, la plupart des étudiants rentrent chez eux, et les Erasmus en profitent pour visiter l’Angleterre, car oui, il y en a des choses à voir! Mais je m’arrête là, car cet article n’est pas sensé être un guide touristique.

Devant les canaux
- Pour finir, quels sont les avantages d’être une étudiante Erasmus? D’un point de vue académique, on a la possibilité de suivre des cours qui sont bien sûr différents de ceux qu’on suivrait à Lausanne, mais je considère que c’est un enrichissement, puisqu’on découvre de nouvelles façon de travailler et d’apprendre. En plus, partir dans un pays où la langue parlée n’est pas le français permet d’améliorer et de perfectionner notre niveau personnel, puisque notre vie de tous les jours se déroule dans cet univers linguistique différent. Et pour terminer, on apprend aussi beaucoup à se connaître soi-même, étant loin des repères familiers. Un des points forts d’un séjour Erasmus, c’est qu’on est très encadrés. Durant la première semaine, on a des meetings tous les jours, où l’on fait la connaissance de nombreux autres étudiants venant du monde entier, avec qui on tisse vite des liens d’amitié, puisqu’on vit tous les moments difficiles de l’arrivée dans un nouvel environnement. Soyez donc curieux, et profitez de cette chance extraordinaire!