Des serveurs virtuels à la pelle

par Yassine Ghennai, administrateur Oracle + systèmes Linux, Ci-UNIL

Il y a 3 ans, nous vous avions présenté le processus d’implémentation de la virtualisation au Ci. Nous vous invitons cette fois à faire un tour d’horizon des avantages de ces machines virtuelles qui fonctionnent aujourd’hui en terme de continuité de service, de rationalisation des coûts ou de consommation d’énergie.


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Notre expérience

Cela fait maintenant presque 8 ans que nous avons introduit la virtualisation des serveurs au Ci, et nous sommes toujours satisfaits d’avoir fait ce choix. Le produit choisi à l’époque était VMware. Depuis nous n’avons cessé d’augmenter notre capacité à accueillir toujours plus de machines virtuelles (ou VM pour Virtual Machine), ce qui signifie de nouveaux serveurs et de nouveaux services. Avec l’expérience, nous avons vu que nous pouvions virtualiser la plupart de serveurs. Il n’y a que de très rares cas où on ne peut pas profiter de cette technologie.

Depuis début 2010 nous avons passé à la dernière version de VMware connue sous le nom de vSphere, l’innovation technologique qui nous promet de nous propulser dans l’ère du cloud computing (concept de déportation sur des serveurs distants des traitements informatiques traditionnellement localisés sur le poste utilisateur)… Cette version nous a permis de généraliser différentes fonctionnalités. Exemples:

  • HA (High Availability ou Haute Disponibilité) : si un serveur physique tombe en panne, les VMs sont automatiquement redémarrées sur les autres machines en attente.
  • DRS (Distributed Resource Scheduler ou Répartiteur de charge) : si un serveur virtuel a besoin de plus de puissance, il est déplacé sur un serveur physique moins chargé.
  • vMotion : déplacer un serveur virtuel d’un serveur physique à un autre, sans que personne ne s’en aperçoive !


Déplacement des VMs de la machine en panne vers les autres serveurs « survivants » (source: vmware.com)

Toutes ces fonctionnalités permettent d’augmenter considérablement la disponibilité de nos serveurs, donc des services qui y sont hébergés. Plus besoin d’arrêter une machine pour une panne physique ou un autre problème de mise-à-jour lié au hardware. La qualité et la disponibilité du service s’en trouve augmentée. Un redémarrage lié au système d’exploitation ou de l’application de la VM peut quand même s’avérer nécessaire, mais plus de la couche de bas niveau vSphere ! C’est ça la magie du nuage, le fameux cloud computing tant vanté : l’informatique libérée de la pesanteur de la gestion des machines physiques…

Topologie et inventaire

Comme l’UNIL n’a pas cessé de grandir ces dernières années, le besoin en ressources informatiques n’a pas cessé de croître non plus. Le Ci a donc continuellement augmenté la puissance de ses salles des machines (voir article dans i-Ci). Nous avons depuis quelques mois plus de machines virtuelles que physiques au Ci… un tournant qui illustre une tendance de fond vers la virtualisation des serveurs.

Actuellement notre parc de machines, pour la virtualisation, est constitué de :

  • 18 serveurs physiques, Dell ou Sun,
  • 2 SAN (Storage Area Network, stockage déporté, connecté aux serveurs souvent avec une fibre optique) pour le stockage, EMC2 Clariion (avec chacun 10.5 TB de disque dédié à la virtualisation)
  • environ 140 machines virtuelles.

Le graphique ci-dessous illustre l’efficacité des machines virtuelles. Moyennant une croissance raisonnable du nombre d’ordinateurs, le nombre de serveurs virtuels a fortement augmenté :


Augmentation du nombre de machines virtuelles depuis 2006

Plus de sécurité

Il existe des événements qui sont hors de notre contrôle, comme par exemple :

  • une panne d’alimentation, panne des onduleurs (UPS : Uninterruptible Power Supply, batterie et onduleur qui évite les coupures de courtes de l’alimentation de ville),
  • la malveillance,
  • une fuite d’eau,
  • le feu,
  • la destruction de bâtiment…

Depuis plus d’une année nous avons donc réparti notre hardware entre nos salles informatiques de l’Amphimax et l’Internef. Le but est de ne pas « mettre tous nos œufs dans le même panier » en cas de panne majeure sur notre site principal.

Notre stratégie vise à garantir la meilleure protection contre ces risques, selon les conclusions issues de notre démarche qualité. Car les données informatiques et les services informatiques deviennent toujours plus critiques pour le bon fonctionnement de l’UNIL.

Que pouvons-nous faire pour vous ?

Nous proposons, depuis quelques années déjà, d’héberger dans un cadre sécurisé vos serveurs au Ci. Nous avons actuellement un soixantaine de machines virtuelles qui appartiennent à des facultés ou des instituts. Vos serveurs seront mieux protégés au Ci que dans le placard surchauffé d’un de vos bureaux !

Il vous est donc possible de demander au Ci, dans le cadre d’un projet précis, des machines virtuelles pour vos besoins spécifiques. Nous vous offrons, après signature d’un SLA (Service Level Agreement, accord signé entre l’hébergeur et le propriétaire de la ressource, pour définir les limites de responsabilité de chacun), une plateforme où vous pourrez installer la plupart des systèmes d’exploitation (OS) du marché ou même certains OS libres.

Vous aurez accès à vos machines grâce à un petit logiciel client qui vous permettra de travailler comme si vous aviez la machine sous votre bureau. Vous pourrez, depuis votre poste, installer avec votre CD/DVD toutes vos applications ! Vous serez donc en mesure de gérer vos machines et vos services intégralement, à votre convenance. Vous n’aurez pas besoin de nous pour intervenir sur vos machines.

Vos avantages si vous profitez de notre offre d’hébergement de machines virtuelles

caractéristiques conséquences
amélioration drastique de la disponibilité des services serveurs pratiquement jamais arrêtés
exploitation maximale des ressources hardware faire plus avec moins
optimisation des ressources (CPU, mémoire et énergie) bilan écologique nettement amélioré
simplifie le management d’une grande quantité de serveurs moins de « prises de tête »

Il est peut-être temps de penser à virtualiser vos serveurs… non ?

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