Les logiciels libres à l’UNIL

par Pierre Magnenat, responsable gestion, Ci-UNIL

Qu’en est-il de l’utilisation des logiciels libres au sein de l’UNIL ? Bilan objectif d’une thématique trop souvent traitée par des «pro» ou des «anti».


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Open source ≠ Freeware !

Par logiciel libre, ou open source, on entend un logiciel qu’on peut utiliser librement, modifier, et redistribuer. Ne pas confondre avec « freeware », ou gratuiciel, qui est un logiciel gratuit, mais dont on ne dispose pas du code source.

Parmi les exemples les plus connus de logiciels open source, citons le navigateur Firefox, le système d’exploitation Linux, la suite bureautique OpenOffice, et quantité de programmes liés aux développements d’applications. Et parmi les gratuiciels, l’outil de vidéoconférence Skype ou le lecteur de PDF Adobe Reader.

Les avantages de l’open source

Le développement de logiciels open source est assuré par des communautés animées d’un état d’esprit collaboratif très fort, qui conduit à des résultats d’une qualité remarquable et à une amélioration constante des performances et de la sécurité que seule l’union d’une grand nombre de forces individuelles est à même d’assurer. De plus le «client» est libre de tout lien contractuel, délai de résiliation ou autre : on a la maîtrise totale de ce qu’on fait et on peut changer quand on veut.

Les désavantages de l’open source

Ils se situent au niveau de l’adoption généralisée par les utilisateurs, en particulier concernant les outils de bureautique de base. Le quasi monopole de MS-Office ; la crainte du changement; les difficultés, réelles ou supposées, d’échanges de fichiers de et vers l’extérieur ; tout cela freine l’adoption d’OpenOffice. Par ailleurs, certains programmes open source sont moins confortables à installer et/ou utiliser que des programmes classiques pour un utilisateur lambda (par exemple linux à la place de Windows ou MacOS, ou The Gimp à la place de Photoshop pour faire du traitement d’image). Enfin, la communauté open source n’a jamais eu vocation, envie et moyens de mettre en place une stratégie de marketing, face aux rouleaux compresseurs des grands éditeurs comme Microsoft et Adobe.

L’Open source est-il gratuit ?

Généralement, oui. Mais par exemple Jahia, notre solution de CMS et de portail, est open source sans être gratuit.

Par ailleurs, l’utilisation de logiciels open source à un niveau institutionnel implique soit d’avoir des compétences internes pour s’en occuper, soit d’acheter du support auprès de partenaires externes. Tout ça n’est pas gratuit. Au Centre informatique, nous avons des contrats de support externe pour Red Hat (notre version favorite de Linux) et MySQL  (système de gestion de bases de données), ainsi que des coûts de licence et de support pour Jahia. Chacun de ces trois logiciels nous coûte entre 20’000 et 25’000.- par an.

Mais globalement, outre les avantages cités plus haut, l’open source revient nettement moins cher que les logiciels « classiques ».

Open source et gratuiciels à l’UNIL

Un rapide inventaire des logiciels utilisés par le groupe Conseils et études du Ci, probablement le groupe utilisant le plus de logiciels différents à l’UNIL, que cela soit pour du développement ou du support, a permis d’identifier plus de 120 logiciels open source et une soixantaine de gratuiciels. Si la plupart de ces logiciels sont destinés à des tâches bien spécifiques réservées aux spécialistes, certains d’entre eux sont utilisés par l’ensemble de la communauté universitaire, sans forcément qu’elle le sache, et constituent des éléments majeurs du système d’information de l’UNIL. Quelques exemples :

  • La majorité des serveurs du système central tourne sous Linux Red Hat : open source !
  • Serval est basé sur Fedora : open source !
  • Les applications administratives sont développées sous Java ou PHP : open source !
  • Les serveurs web utilisent Apache : open source !
  • Les sites web sont réalisés avec Jahia et WordPress : open source !
  • L’autentification intra- et inter-unversitaire est assurée par Shibboleth : open source !

Devons-nous en faire plus à l’UNIL ?

Comme on l’a vu plus haut, une adoption plus systématique de l’open source passerait d’une part par une évangélisation poussée de manière à convaincre les utilisateurs de la pertinence d’un changement, et d’autre part par une préparation en amont de packages adéquats ; en outre une structure de support spécifique devrait être mise en place. Tout cela nécessiterait du temps et des efforts en quantité. Cela se fait déjà et continuera à se faire pour des logiciels spécifiques (p. ex. WordPress, Jahia, et R à la faculté des SSP), mais pour ce qui concerne la bureautique de base et le système d’exploitation des postes de travail, la tâche paraît illusoire en l’état.