Arrivée de l’IP version 6 à l’UNIL

par Vincent Magnin, groupe réseau, Ci-UNIL

Le protocole IPv6 sera déployé prochainement sur le réseau UNIL. Coup de projecteur sur les protocoles d’accès à Internet afin de mieux comprendre les enjeux au sein de la communauté académique de l’UNIL.


© Dan Collier – Fotolia.com

A quoi sert une adresse IP ?

Lorsqu’on relie plusieurs postes informatiques dans le but de former un réseau, nous utilisons un langage commun entre les différents ordinateurs : ce langage s’appelle un protocole de communication. Afin d’accéder au réseau Internet, nous utilisons l’Internet Protocol version 4, plus communément appelé IPv4.

Ce protocole implique l’utilisation d’adresses :

  • Lors d’un accès sur Internet, votre ordinateur contacte un serveur grâce à son adresse IP. Votre ordinateur communique à l’aide de messages (ou paquets) qui contiennent leur propre adresse, ainsi que l’adresse du destinataire :
    • l’adresse IP du destinataire permet au réseau d’acheminer le message jusqu’à sa destination
    • l’adresse IP de l’expéditeur permet au destinataire de savoir à qui il a affaire, et de répondre à l’expéditeur.

Actuellement, il y a pénurie d’adresses IPv4, car :

  • Le nombre d’adresses IPv4 est limité.
  • De plus en plus d’appareils sont connectés à Internet (téléphones, postes de télévision…).
  • Les pays émergents ne disposent pas suffisamment d’adresses IPv4.

Cette pénurie était prévue depuis de nombreuses années. A la fin des années 1990, une nouvelle norme d’adressage a été développée afin de repousser cette limite :
l’IP version 6 (IPv6).

Qu’est ce qui va changer avec l’IPv6 ?

L’adresse IP version 4 s’écrit le plus souvent à l’aide de la syntaxe suivante :

  • 4 chiffres de 0 à 255 (8 bits) séparés par un point « . »
  • 130.223.27.47 est un exemple d’adresse IPv4 distribuée par l’UNIL
  • ces 4 chiffres forment une adresse utilisant 32 bits
  • il existe donc un peu plus de 4.3 milliards d’adresses

L’adresse IP version 6 est composée de 8 blocs de 4 chiffres hexadécimaux (4×4 bits), séparés par deux points « : ». Donc :

  • 2001:0620:0610:0102:862b:2bff:fea4:b76b est un exemple d’adresse IPv6 distribuée par l’UNIL
  • ces 8 chiffres forment une adresse utilisant 128 bits
  • il est donc possible d’écrire plus de 3.4*10^38 d’adresses distinctes
  • ceci est l’équivalent de 667 millions de milliards d’adresses par mm² de la surface de la Terre.

A priori, cette limite ne sera jamais atteinte sur Terre.

La plupart du temps, l’utilisateur accède à un service Internet par son nom (par exemple : www.switch.ch au lieu de son adresse IP). C’est l’ordinateur qui se charge de contacter un service d’annuaire (le serveur DNS) pour faire traduire ce nom en adresse IP. Du point de vue de l’utilisateur, Internet continuera à fonctionner de la même manière, que ce soit avec des adresses IPv4 ou IPv6, grâce au répertoire DNS :

  • si un service existe en IPv4, l’adresse IPv4 correspondante sera indiquée
  • si un service existe en IPv6, l’adresse IPv6 correspondante sera indiquée
  • si un service existe en IPv4 et IPv6, les deux types d’adresses seront indiquées.

Ainsi, si votre ordinateur est compatible IPv4 et IPv6, et qu’il est relié à un réseau compatible avec ces deux normes, il aura accès à tous les services d’Internet. Du point de vue de l’utilisateur, cela est donc totalement transparent. Il existe des modules pour vos navigateurs vous indiquant quel protocole est utilisé pour accéder à vos services usuels, comme par exemple le module Showip pour Firefox . Si les deux protocoles sont présents au niveau du client et du serveur, une priorité est accordée au protocole IPv6.


Un poste compatible IPv4 et IPv6 a un accès complet à Internet.

Pourquoi maintenant?

Le 8 juin 2011, un essai d’ampleur mondiale a eu lieu avec les acteurs majeurs d’Internet (comme Google et Facebook) : les adresses IPv6 de leurs différents services ont été ajoutées aux annuaires DNS.

Cet essai s’est avéré concluant. Ainsi, certains des sites web participant à cet essai ont même gardé les entrées IPv6 dans leurs annuaires.

Le 6 juin 2012 aura lieu le lancement officiel d’IPv6 pour ces mêmes acteurs majeurs d’Internet.

De plus en plus de services sont désormais disponibles en IPv6, l’UNIL va donc déployer ce protocole sur son réseau Internet.

Est-ce que mon ordinateur est compatible IPv6 ?

Aujourd’hui, si vous avez un ordinateur acheté après 2002, il est certainement compatible IPv6 :

  • les postes utilisant Windows ont accès à IPv6 depuis la version Windows 2000
  • les postes utilisant Mac OS X à partir de la version 10.2 (Jaguar) ont accès à IPv6
  • les postes utilisant Linux installé après l’an 2000 disposent de l’IPv6
  • les smartphones les plus courants (iPhone et Android) sont aussi compatibles IPv6.

La majorité des postes de travail de l’UNIL utilise des versions plus récentes de ces systèmes d’exploitation. Si vous voulez vérifier que votre poste de travail peut contacter des services en IPv6, il suffit d’entrer la commande ipconfig (sous Windows) ou ifconfig (sous Mac OS X et Linux) dans une fenêtre de terminal et de vérifier la présence d’adresses IPv6.

Le site web test-ipv6.com vous indiquera si vous utilisez un réseau compatible IPv6.


Affichage de l’adresse IPv6 d’un poste sous Windows XP


Affichage de l’adresse IPv6 d’un poste sous Mac OS X Snow Leopard


Affichage de l’adresse IPv6 d’un poste sous Linux – Ubuntu LTS Lucid Lynx