Home (Géopolis)

par Guillaume Lefebvre, coordinateur de support informatique, Ci-UNIL

Découvrez la mise en route du bâtiment Géopolis orchestrée par Unibat, en adoptant le point de vue d’une information qui circule sur le réseau informatique.


© rolffimages – Fotolia.com

Un jour d’octobre, c’est son tour, M déménage à Géopolis. Il quitte son vieux bureau et ses habitudes. Ce matin-là, il arrive devant ce nouveau bâtiment de l’Université de Lausanne. Impressionné et intimidé par cette masse de verre, de métal et de béton, il entre. A gauche, venant de la cafétéria, jaillissent des bruits stridents : ça scie, ça perce. Un grand hall s’ouvre sur sa droite, des ouvriers s’affairent autour de trous dans le plancher, desquels jaillissent des grappes de câbles. Quel chantier ! Un peu perdu, il avise un homme en uniforme de sécurité :

« Le bureau 2070, pour les cartes ?
- Vous montez les escaliers, c’est en face ».

Deuxième étage : s’étale devant lui un sol grisâtre, une baie vitrée plonge sur l’autoroute, quelques tables couvertes de câbles, de cartes et de divers appareils autours desquelles plusieurs employés du Centre informatique s’affairent : le bureau 2070. Un des employés s’approche de M qui semble un peu déboussolé et commence à lui expliquer le fonctionnement du système d’accès à carte :

« Attendez, je vous explique :  dans ce nouveau bâtiment, chaque bureau est équipé d’un système d’accès par carte. Cela signifie que la Campus Card vous sert désormais de clef pour ouvrir votre bureau ou tout autre bureau auquel vous auriez accès.

Ce système est organisé autour de la notion de groupe ; chaque personne peut appartenir à un ou plusieurs groupes (secrétariat, chaire X, professeur Y, etc). Toutes ces informations sont stockées dans une base de données. Le système fonctionne de manière hors ligne. C’est-à-dire qu’il n’y a aucune communication entre la base de données et les portes. En fait, chaque porte est autonome et ne contient qu’une liste de groupes autorisés à entrer. Lorsqu’une carte est présentée à une porte, la porte vérifie qu’elle contient au moins un groupe en commun avec la carte. Le cas échéant, l’accès est autorisé et la serrure est débloquée.

Lorsqu’une personne change de droits d’accès (on change ses appartenances aux groupes), il est dès lors nécessaire de repasser la carte devant l’appareil gérant les droits afin que la liste des groupes auxquels elle appartient soit réécrite sur la carte.

Chaque personne doit aussi régulièrement présenter sa carte devant l’appareil d’activation, sans quoi la carte est bloquée au bout de sept jours. Ce mécanisme empêche qu’une carte perdue et bloquée puisse être utilisée au-delà de ce délai.

Globalement, l’avantage de ce système est à terme d’éviter la distribution de nombreuses clefs et les inconvénients générés en cas de pertes de celles-ci. »

Sa carte en main, M se dirige vers les ascenseurs pour se rendre à son bureau. En vain, les ascenseurs ne sont pas encore fonctionnels… Lentement, M grimpe les quelques volées d’escaliers qui le séparent de son but. Il croise des collègues, certains chargés de cartons vides, d’autres debout sur des chaises, occupés à dévisser les fermes-portes. Après avoir traversé les couloirs de long en large et s’être finalement renseigné ça et là auprès de déménageurs, M atteint enfin son bureau. Fatigué et quelque peu agacé, il désespère en voyant les piles de cartons s’amonceler. Mais, ne se laissant pas abattre, il commence à déballer et ranger ses affaires.


© Nadine Richon – UNIL

Après de longues heures passées à pousser, tirer, couper, ouvrir, trier, empiler et ranger, M regarde autour de lui d’un air satisfait. Sur son bureau trône son ordinateur fraîchement installé et connecté. Il l’allume négligemment et se laisse tomber sur sa chaise de bureau. Il reste un long moment prostré, laissant petit à petit s’évacuer la pression du déménagement et ses muscles se relâcher. Son regard commence à se perdre au sein des millions de pixels qui composent l’écran de l’ordinateur, les icônes commencent à danser devant ses yeux, bariolés. Des chiffres commencent à apparaître, ils se mélangent, se combinent et se recombinent. Peu à peu, ils commencent à se rassembler en faisceaux, à suivre de fines bandes cuivrées. Ils entrent dans une puce, s’agitent, puis ressortent. De puce en puce, le voilà bientôt au bord d’un gouffre lumineux, il se sent happé et entraîné au milieu de ces millions de zéros et de uns qui virevoltent autour de lui. Un groupe de bits l’interpelle :

« Bienvenue M, bienvenue dans LUNET, le réseau informatique de l’UNIL. Viens avec nous, nous te ferons visiter ! Tout d’abord on t’emmène vers l’un des concentrateur d’étage. C’est sur ces appareils que convergent tous les câbles réseau venant des bureaux. Celui-ci et est relié à un concentrateur de bâtiment qui interconnecte tous les concentrateurs d’étage. »

Suivant les bits, M se sent léger. Il fonce à travers les câbles réseau, saute d’un concentrateur à l’autre, facétieux et emplis d’une curiosité nouvelle.

Au détour d’une prise réseau, M se voit tout à coup ébloui par une intense lumière. De petites mains se dessinent alors devant lui. C’est l’assistant-étudiant, occupé à connecter les câbles informatiques et téléphonique dans les bureaux. Attiré par les petites étincelles qui crépitent dans une prise réseau, l’assistant-étudiant s’approche. Brusquement, un arc électrique se fait entre la prise et ses doigts, M demande alors qui il est et ce qu’il fait ici. Peu à peu, le courant passe et l’assistant-étudiant en vient à  raconter comment s’est construit le réseau informatique de Géopolis :

« Tout a commencé avec les spécialistes réseau du Ci, qui ont dû concevoir ce réseau, calculer le nombre de prises à installer, choisir les équipements (concentrateurs, points d’accès wi-fi, types de câbles, etc). Ces spécialistes ont ensuite dû suivre le chantier, afin de s’assurer que les travaux se déroulaient selon les besoins de l’UNIL. Parallèlement à cela, les électriciens ont posé près de 350 kilomètres de câbles réseau dans le bâtiment. Enfin, une fois la pose des câbles terminée, les équipements ont été installés, configurés et testés. Et maintenant, notre tour est venu, celui de poser les quelques 2’000 câbles réseau dans les bureaux et sur les concentrateurs d’étage. Et comme, à Géopolis, le téléphone passe aussi par le réseau, nous posons dans chaque bureau un câble informatique et un câble téléphonique. Bon, je vous laisse, j’ai encore du travail. Bon voyage ! »


© stramatakis – UNIL

Entraîné par ses amis les bits, M reprend le fil de son périple informatique, l’esprit brumeux, tous ces chiffres et informations s’entrechoquant encore dans sa tête. Après un bref détour par les points d’accès Wi-Fi, où il n’a pas osé passer la barrière des ondes radio, de peur qu’après moult rebonds contre les murs il ne se perde dans les limbes du bâtiment, le voilà entraîné au cœur du système informatique de l’UNIL : la salle des serveurs de Géopolis. L’ingénieur est justement là, assis devant son ordinateur, à saisir des suites incompréhensibles de lettres, chiffres et symboles. Prenant possession de son ordinateur, M demande à l’ingénieur de lui parler de cette salle serveur, de lui expliquer son fonctionnement :

« Une salle de serveurs est généralement composée de cinq types d’éléments :

  • des ordinateurs très puissants, appelés serveurs, qui fournissent différents services (mail, web, bases de données, calcul scientifique, etc) ;
  • des machines spécifiques dédiées au stockage, qui offrent tant aux serveurs qu’aux utilisateurs (DocUNIL), de très grands espaces pour y enregistrer les données ;
  • un réseau informatique très haut débit, afin d’interconnecter les serveurs et les machines de stockage ;
  • une alimentation électrique secourue, qui peut continuer à fournir du courant en cas de coupure (batterie et/ou génératrice) ;
  • et finalement une puissante climatisation, capable d’évacuer les très grandes quantités de chaleur dégagées par toutes ces machines.

La particularité de la salle des serveurs de Géopolis, c’est qu’elle est la plus grande de l’Université : elle pourra accueillir entre 1’000 et 1’500 serveurs ou unités de stockage, pour une puissance électrique consommée totale d’environ un Mégawatt (soit environ 10’000 ampoules  de 100 Watts). D’autre part, elle est conçue pour canaliser au mieux les flux de chaleur, de telle manière à assurer à la fois un refroidissement optimal de tous les équipements et de récupérer le plus de chaleur possible. Cette chaleur est ensuite réinjectée au besoin dans le système de chauffage du bâtiment afin de minimiser la consommation d’huile de chauffage. Je dois encore ajouter que… »

Toc, toc, toc !

M tressaille, se frotte les yeux et regarde d’un air éberlué son écran d’ordinateur.

Toc, toc, toc !

M réalise soudain qu’on frappe à la porte. Il s’extrait péniblement de sa chaise et se dirige d’un pas incertain vers la porte de son bureau :

« C’est pour les imprimantes ! Nous passons dans tous les bureaux des personnes qui ont déménagés ces derniers jours pour aider à configurer les imprimantes de Géopolis.

Oui, il faut d’abord supprimer les anciennes, elles ne seront plus d’aucune utilité. Je vous en ai installé trois. La première est au bout du couloir, dans l’espace ouvert, posée à même le sol. La seconde se trouve dans un bureau, le 7245, sur votre droite à environ 20 mètres. La dernière se trouve dans le local bureautique, du côté Genève, dans le coin. Avez-vous branché le câble réseau ? Est-ce qu’il fonctionne ? Je vous laisse, nous essayons de passer auprès de tout le monde. »

Et la porte se referme automatiquement… la poussière du chantier et la frénésie de l’emménagement retombent. La paranthèse logisitique aura finalement été de courte durée. Géopolis, le nouveau fleuron architectural du campus de Dorigny, vit désormais à l’heure académique.

 


Pour plus d’informations techniques sur le réseau et les serveurs à Géopolis, nous vous renvoyons à des articles précédemment parus dans CiNN :

 

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