Par Camille Perraudin et Titziana Egli
Résumé
Dans le but de protéger efficacement la peau contre le rayonnement solaire, certains cosmétiques contiennent des filtres anti UV. Ces filtres peuvent être soit de type minéral soit chimique. Une partie des filtres chimiques influe sur le système endocrinien de certaines espèces et les « féminise ». En Suisse ces effets ont été démontrés notamment sur des truites de rivière. De même, le Programme National de recherche «Perturbateurs endocriniens: Importance pour les êtres humains, les animaux et les écosystèmes» (PNR 50) a attesté de l’impact de certaines crèmes solaires sur le système hormonal. Certains filtres chimiques sont également en cause concernant le phénomène de blanchissement des coraux. Les filtres minéraux, quant à eux, sont généralement composés de nanoparticules dont les effets négatifs sur la santé humaine restent difficiles à évaluer mais sont avérés. Les effets négatifs des crèmes solaires sur l’homme sont dus à l’exposition dermatologique lors de l’application des crèmes, et à la transmission des molécules via la chaîne alimentaire. Ces effets sont particulièrement nocifs pour les femmes enceintes ou les bébés. Il existe donc un conflit d’intérêt entre une protection solaire permettant de limiter les risques de cancer de la peau et les impacts des crèmes sur l’environnement et la santé. Un bon compromis serait d’utiliser de manière parcimonieuse les crèmes solaires et de favoriser les protections actives. A une échelle globale, la législation permet d’obtenir des résultats visibles. Finalement, le problème des interactions existantes dans l’environnement complique l’étude de ces phénomènes. Par exemple, les systèmes endocriniens de certaines espèces sont également affectés par des médicaments ingérés par l’homme. Il est donc difficile d’estimer les réels impacts des crèmes solaires sur l’environnement. Continuer la lecture
