Stéphanie Ginalski

Du capitalisme familial au capitalisme financier ?
Le cas de l’industrie suisse des machines, de l’électrotechnique et de la métallurgie au XXe siècle

Stéphanie Ginalski a obtenu sa licence en sciences sociales en 2003, son DEA d’histoire économique et sociale en 2006 et son doctorat en histoire (Université Lumière Lyon 2) et en sciences sociales (Université de Lausanne) en mai 2012. Cette thèse a été effectuée en cotutelle, sous la direction du professeur Th. David et du directeur de recherche au CNRS H. Joly.

L’objectif principal de cette thèse consiste à mettre en évidence la persistance du capitalisme familial en Suisse au cours du XXe siècle, et sa résistance aux capitalismes managérial et financier qui sont censés lui avoir succédé. Pour ce faire, nous avons retenu vingt-deux grandes entreprises du secteur des machines, de l’électrotechnique et de la métallurgie – principale branche de l’industrie suisse pour la période considérée –, pour lesquelles ont été recensés les membres des conseils d’administration et les principaux dirigeants exécutifs pour cinq dates-repère couvrant le siècle (1910, 1937, 1957, 1980 et 2000).

Cette thèse s’inscrit dans une démarche pluridisciplinaire qui relève à la fois de l’histoire d’entreprise et de la sociologie des dirigeants, et fait appel à différentes méthodes telles que l’analyse de réseau et l’analyse prosopographique. Elle s’articule autour de trois axes de recherche principaux : le premier vise à mettre en évidence l’évolution des modes de gouvernance dans notre groupe d’entreprises, le second investit la question de la coordination patronale et le troisième a pour but de dresser un portrait collectif des élites à la tête de nos vingt-deux firmes. Nos résultats montrent que durant la majeure partie du siècle, la plupart de nos entreprises sont contrôlées par des familles et fonctionnent sur un mode de coordination hors marché qui repose notamment sur un réseau dense de liens interfirmes, le profil des dirigeants restant dans l’ensemble stable. Si la fin du siècle est marquée par plusieurs changements qui confirment l’avènement d’un capitalisme dit financier ou actionnarial et la mise en place de pratiques plus concurrentielles parmi les firmes et les élites industrielles, le maintien du contrôle familial dans plusieurs entreprises et la persistance de certains anciens mécanismes de coopération nous incitent cependant à nuancer ce constat.

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