Des indicateurs de performance RSE

HEC Lausanne développe un nouveau concept

Les entreprises sont tenues de rendre des comptes sur les effets de leur production. Des problèmes liés notamment à l’eau, aux émissions polluantes, à la biodiversité, à l’esclavage et au travail des enfants émaillent en effet tout processus de production de celui permettant la construction des ordinateurs à celui présidant à la confection de nos vêtements, en passant par la plantation, la récolte ou la transformation du cacao ou du café. Ces thèmes relèvent certes de la responsabilité des gouvernements, mais bon nombre des activités de production mondiales s’effectuent dans des contextes géopolitiques délicats, où les gouvernements ne sont pas en mesure ou pas désireux de réglementer les problèmes sociaux et environnementaux. La mondialisation des chaînes de production a donc fait évoluer la notion de responsabilité des entreprises. Si ces dernières ne répondaient autrefois que de leurs propres activités, elles sont désormais responsables (ou coresponsables) de l’ensemble du processus de production.

Comment les multinationales réagissent-elles face à ces nouvelles exigences? Comment, par exemple, les producteurs de chocolat gèrent-ils le problème des enfants esclaves en Côte-d’Ivoire, le principal pays fournisseur de cacao?

A l’occasion du centenaire d’HEC Lausanne, une équipe de chercheurs, rassemblée autour des professeurs Wentland et Palazzo, a développé un nouveau concept d’analyse de la performance des multinationales en matière de responsabilité sociale des entreprises (RSE). Une étude pilote prévoit l’application de ce concept dans quatre branches: le cacao, le café, l’informatique et l’industrie pharmaceutique. Le but est d’évaluer la manière dont les principales entreprises opérant dans ces quatre branches font face aux défis sociaux et environnementaux majeurs qui se posent dans leur contexte industriel respectif. Par ailleurs, deux enquêtes vont être menées en Suisse en collaboration avec M.I.S Trend, société spécialisée dans les études de marché. L’une d’elles visera à déterminer dans quelle mesure les petites et moyennes entreprises (PME) ont conscience des difficultés liées à leur chaîne de production, tandis que l’autre enquête analysera le degré de sensibilité du grand public à ces questions et son niveau de connaissance en la matière.

Guido Palazzo, HEC Lausanne, novembre 2010

Les résultats ont été présentés lors du Forum des 100 organisé par le magazine L’Hebdo le 12 mai 2011 à l’Université de Lausanne.

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