Brahms à Glion: L’Hôtel Righi vaudois s’ouvre à la musique!

Aimez-vous Brahms? C’est la question posée ces jours-ci par le Quatuor Sine Nomine, et à laquelle vous pourrez répondre lors du festival musical organisé du 9 au 20 mai 2013. Café philosophique, installations sonores et projections de films, performances théâtrales, cours de musique de chambre et d’art choral et, bien sûr, concerts (requiem, concerto, symphonie, œuvres pour piano, œuvres pour orgue, musique chorale, musique de chambre): le festival vous permettra de (re)découvrir à loisir l’illustre compositeur allemand du XIXe siècle. Mais si nous consacrons un billet à l’événement, c’est avant tout pour souligner le cadre inattendu dans lequel se déroulera une grande partie des manifestations: l’Hôtel Righi vaudois, à Glion.

L'Hôtel Righi vaudois aujourd'hui (photo tirée du site www.festivalsinenomine.ch)

L’Hôtel Righi vaudois aujourd’hui (photo tirée du site www.festivalsinenomine.ch)

Après 15 ans de fermeture, cet édifice Belle-Epoque rouvrira exceptionnellement ses portes pour accueillir le Festival du Quatuor Sine Nomine. Salons, salles de bal, véranda, kiosque à musique et jardin se réanimeront pour quelques jours et résonneront de l’oeuvre musicale de Brahms.

C’est d’ailleurs ce jardin, cette vue sur les montagnes et le lac, ce «bon air» dont il jouit, qui ont contribué à la réputation de l’Hôtel Righi vaudois au XIXe siècle. Sa construction est due à l’impulsion de Jacques-Marie-Jean Mirabaud, homme d’affaires établi à Clarens depuis 1851. L’architecte est le même Philippe Franel qui a dirigé les travaux du Château de l’Aile à Vevey. L’Hôtel Righi vaudois n’aura cependant rien à voir avec le château veveysan: au contraire, dès sa construction en 1854, il prendra des allures de « chalet suisse ». Son nom rappelle d’ailleurs le mont Rigi qui domine le lac des Quatre-Cantons – lieu emblématique s’il en est, de la Suisse et de ses origines.

Hôtel du Righi vaudois, chalet de 1854 et nouvel édifice de 1866 (Montreux, Rambert E., [et al.], ill. par G. Doré, [et al.], Neuchâtel, 1877)

Hôtel du Righi vaudois, chalet de 1854 et nouvel édifice de 1866 (Montreux, Rambert E., [et al.], ill. par G. Doré, [et al.], Neuchâtel, 1877)

En 1866, alors que Mirabaud est mort depuis deux ans et que Brahms compose ses danses hongroises, la concurrence hôtelière incite à construire un deuxième Hôtel Righi plus grand, à côté du premier petit hôtel-chalet; un peu moins pittoresque, certes, mais plus en adéquation avec les nécessités d’une exploitation hôtelière devant faire face à un tourisme en expansion.

Ce bâtiment de 1866 sera transformé et agrandi une troisième fois en 1895. Il recevra alors le décor Belle-Epoque que l’on peut encore observer aujourd’hui, s’alignant sur l’esthétique des luxueux hôtels des bords du lac Léman. Le premier hôtel-chalet sera démoli quelques années plus tard…

Né en 1833, décédé en 1897, Johannes Brahms a mené sa carrière parallèlement aux grandes années du Righi vaudois; d’ailleurs, peut-être sa musique y a-t-elle été interprétée? Quoiqu’il en soit, nul doute que l’oeuvre du compositeur résonnera à merveille dans l’écrin du Righi, et que de belles découvertes, à la fois architecturales et musicales, attendent les visiteurs mélomanes!

 

Pour plus d’informations et le détail du programme du Festival Sine Nomine à Glion, cliquez ici. Vous y trouverez également plusieurs images récentes de l’Hôtel Righi vaudois.

Pour plus de détails sur l’histoire de la construction de l’Hôtel Righi vaudois, nous renvoyons au mémoire (en cours) de Carole Schaub : La station de Glion. Architecture et urbanisme 1850-1940 (Université de Lausanne, Section d’Histoire de l’art).

A la découverte des écoles lausannoises

On n’oublie pas les bâtiments qui ont marqué notre enfance. La Société d’histoire de l’art en Suisse SHAS, en collaboration avec l’Université de Lausanne, a donc conçu un guide à travers les bâtiments scolaires de la ville de Lausanne en 5 itinéraires et 12 articles.

Lausanne – Les écoles est le premier volume d’une nouvelle collection de guides intitulée « Architecture de poche ». Cette nouvelle collection séduit par son format pratique et ses couleurs vives et gaies, qui distinguent visuellement ce livre des guides d’architecture déjà existants.

Des étudiantes et des étudiants de Master ont signé la majorité des contributions. La première partie du livre dépeint les caractéristiques de l’architecture scolaire des 19e et 20e siècles; la deuxième partie invite le lecteur à partir à la découverte des bâtiments: des plans et des propositions d’itinéraires font de ce «tour architectural» un plaisir à la portée de tous.

Les auteurs ont de plus étudié avec un soin particulier les différentes théories pédagogiques, leur influence sur le style de chaque bâtiment, et comment ces théories ont ensuite évolué. L’ensemble ne manquera pas de susciter la curiosité des écoliers, ex-écoliers, parents et enseignants loin à la ronde de Lausanne.

Quelques images supplémentaires, pour vous faire envie, c’est par ici.
Pour commander, c’est par .

Les couleurs médiévales de l’église de Daillens

Vue vers la paroi orientale de l'ancien choeur de l'église de Daillens.

Choeur de l’église de Daillens: vue vers la paroi orientale (© MVD)

Les amateurs de peinture murale médiévale le savent bien: rares sont les oeuvres qui n’ont pas été retouchées ou restaurées au cours des siècles. Aussi, quand des nouvelles peintures médiévales sont découvertes à notre époque, et que l’on a alors accès au coup de pinceau original du peintre du Moyen âge, c’est l’évènement. De telles peintures ont été découvertes en décembre 2006 dans l’ancien choeur de l’église de Daillens; la mise au jour s’est faite progressivement et n’a été achevée que récemment, grâce aux bons soins des conservateurs-restaurateurs de l’Atelier Saint-Dismas.

L’espace médiéval du choeur -situé sous le clocher- arbore un décor polychrome aux couleurs vives datant du début du XIVe siècle, et représentant une Annonciation (sur la gauche) et une Présentation au Temple (sur la droite).

La Présentation de l’Enfant Jésus au Temple (© MVD)

Ces deux scènes étaient surmontées d’un Christ en mandorle flanqué de deux anges musiciens, dont seul l’ange de droite -qui accorde son psaltérion- est aujourd’hui bien lisible. Sur la voûte, quatre anges supplémentaires font sonner leurs trompettes; les ogives conservent une polychromie ocre rouge et jaune remarquablement intense.

L’état de conservation de ces peintures s’explique par des circonstances historiques particulières: après l’introduction de la Réforme en Pays de Vaud (1536), le choeur a été abandonné dans sa fonction liturgique, et son accès a été fermé par une porte. Bien que la nef de l’église ait fait l’objet de travaux en 1892-1893, puis -de façon plus conséquente- en 1967-1968, l’intérieur de l’ancien choeur n’a jamais été exploré.

Ange musicien (© MVD).

Les travaux de « conservation » étant achevés, il s’agit à présent de définir en quoi consisteront, précisément, les travaux de « restauration » à venir: comment respecter la substance médiévale de ces peintures exceptionnelles, sans la dénaturer, tout en rendant l’ensemble lisible pour le spectateur? Les discussions sont actuellement en cours.

 

 

 

Pour plus d’informations sur les peintures médiévales de Daillens, voir un premier article de Brigitte Pradervand, écrit en 2009, alors que les peintures étaient encore en cours de dégagement. Une vidéo réalisée en 2011 par Carina Freire pour la Ville de Daillens documente le travail des conservateurs-restaurateurs:

Journées du patrimoine 2012

Chaque année, en Europe, le mois de septembre est synonyme de patrimoine. En Suisse, c’est cette année pendant le week-end du 8 et du 9 septembre que les portes d’ordinaire fermées, s’ouvriront pour permettre à des milliers de visiteurs de découvrir les monuments de leur région. Le thème de cette année: Pierre et béton.

Avec 13 sites dans le canton de Vaud et plus de 900 manifestations au total dans toute la Suisse, ces deux journées s’annoncent bien remplies et le choix, cornélien!

Vous laisserez-vous tenter par le Château Saint-Maire et ses peintures de la fin du Moyen Âge et de la Renaissance, à Lausanne?…

Préférerez-vous découvrir comment sont réalisés les décors en faux-marbre du château de Prangins?…

Ou partirez-vous à la découverte de la carrière de pierre d’Arvel à Villeneuve et de son histoire?

Pour une liste et un descriptif des 10 autres sites vaudois, c’est par ici!

Le Château de la Roche vit une deuxième jeunesse (24heures)

Le 24 heures consacre un article au château de la Roche (Ollon), qui a reçu en juin la « Distinction vaudoise du patrimoine », décernée par la section vaudoise de Patrimoine suisse, pour sa restauration exemplaire.

http://www.24heures.ch/vaud-regions/riviera-chablais/chteau-roche-vit-deuxieme-jeunesse/story/27256590

Photo tirée de la galerie d’images du site du château de la Roche (http://chateau-ollon.ch/chateau/restaurations/)

Le site de l’Association du château de la Roche avait également consacré une page à ce sujet en juin dernier, tout comme le bulletin de la section vaudoise de Patrimoine suisse A Suivre… en mai.

Derniers jours de l’exposition Abraham Hermanjat à Nyon

Hermanjat vous accueille chez lui, au château de Nyon.

Vous avez vu l’affiche de l’exposition Abraham Hermanjat (1862-1932). De l’Orient au Léman dans les rues de Suisse romande. Vous hésitez encore à vous déplacer jusqu’à Nyon? Voici peut-être de quoi vous décider avant qu’il ne soit trop tard (l’exposition ferme le 9 septembre).

Montée à l’occasion des 150 ans de la naissance du peintre vaudois Abraham Hermanjat, cette grande rétrospective prend place dans deux musées de la ville de Nyon: au Musée historique et des porcelaines/château de Nyon et au Musée du Léman.

Au château, on vous présente d’abord l’homme, dans son contexte, entouré de plusieurs objets qui formaient son quotidien (meubles, outils, oeuvres d’art…); puis, l’exposition vous emmène en Orient, avec une belle série de tableaux réalisés par le peintre suite à ses séjours en Algérie et en Tunisie, d’où il revient visiblement profondément marqué par l’intensité de la lumière orientale (1886-1896).

Des couleurs en enfilade, au musée du Léman.

Au musée du Léman sont présentées des oeuvres plus tardives (1900-1910), reflétant le goût d’Hermanjat pour le travail des fauves ou de Cézanne. Dans chaque salle, on découvre une thématique nouvelle: les alpes, les scènes au bord de l’eau, le travail de la terre…
Saluons tout particulièrement les choix muséographiques et l’accrochage, où les couleurs étonnament lumineuses des parois dialoguent intimement avec les peintures, mettant en évidence une tonalité à chaque fois différente de l’oeuvre multicolore d’Hermanjat. L’absence de toute vignette explicative aux côtés des tableaux (des brochures mises à disposition contiennent toutes les informations nécessaires ainsi que quelques textes explicatifs) accentue encore ce jeu inattendu de couleurs.

Enfin, argument qui devrait achever de vous convaincre: le prix! Pour 8 CHF (4 CHF prix réduit; gratuit jusqu’à 16 ans), vous pouvez visiter les deux sites (y compris les expositions permanentes) et faire encore un saut au musée romain de Nyon, si le coeur vous en dit.

Pour accompagner l’exposition, la Fondation Abraham Hermanjat publie aux Editions Benteli un livre de référence de 272 pages avec plus de 140 illustrations en couleurs. Cet ouvrage collectif en français et en allemand comprend notamment des textes de Carinne Bertola, Françoise Jaunin, Laurent Langer, Vincent Lieber et Christine Peltre.

Noblesse oblige! La nouvelle exposition permanente du château de Prangins

Le château de Prangins fait peau neuve!
Nous savions depuis quelque temps déjà que l’exposition permanente allait être complétement remaniée et que l’équipe du château travaillait d’arrache-pied à sa conception. La preuve par cette vidéo récemment mise en ligne sur Youtube, et qui nous dévoile les premières images des coulisses de l’exposition. Helen Bieri Thomson (commissaire de la nouvelle exposition permanente) et Sylvia Krenz (scénographe) y présentent ce projet qui rendra aux anciennes salles de réception du château leur faste d’autrefois.

L’élaboration de cette nouvelle muséographie a bien sûr été l’occasion de mener des études plus approfondies sur ce qu’était la vie quotidienne au château de Prangins au XVIIIe siècle. Le résultat de ces recherches sera présenté dans le futur catalogue d’exposition. En attendant, vous pouvez trouver une contribution de Helen Bieri Thomson concernant le château de Prangins et son aménagement au XVIIIe siècle dans Monuments vaudois 3-2012, mais également dans la revue officielle du Nationalmuseum (ZAK, 2012, vol. 69, cahier 2).

Pour l’ouverture officielle des salles du château, rendez-vous le 23 mars 2013!

Par monts et par Vaud… à la découverte du patrimoine vaudois!

Une nouvelle rubrique s’ouvre sur le site internet de la revue Monuments vaudois; une rubrique qui – nous l’espérons – vous donnera envie de partir, par monts et par vaux, à la découverte du patrimoine vaudois.

Au gré des coups de coeur des membres du comité de rédaction de la revue, vous trouverez donc régulièrement sur cette page des annonces d’évènements à venir et à ne manquer sous aucun prétexte (des petites chroniques sur les évènements qui vous auraient toutefois échappé), des comptes rendus des expositions qui nous ont captivé, des notes sur les lectures qui nous ont passionné, des liens vers des contenus internet que nous vous faire partager, etc.

Et tout comme Monuments vaudois a sa rubrique « Ouverture », Par monts et par Vaud se permettra également quelques escapades hors des frontières cantonales.

De quoi patienter entre deux numéros de Monuments vaudois!