Construire en pensant aux générations futures

Jeudi, 22 décembre 2011

Entretien avec Philippe Thalmann, professeur à l’EPFL

A la Faculté des HEC, le professeur Pius Bienz a travaillé sur le projet Géopolis avec ses étudiants. A cette occasion, il a interviewé Philippe Thalmann, gradué HEC et professeur à l’EPFL, où il enseigne depuis 1994 dans le domaine de l’économie de l’environnement naturel et construit. «Cela englobe l’analyse économique des politiques climatiques et des impacts des changements climatiques, les politiques environnementales en général, mais aussi le marché et la politique du logement et les marchés immobiliers», précise le professeur Thalmann dans cet entretien dont vous pourrez lire l’intégralité en lien ci-dessous.

Il évoque les différentes phases d’un projet architectural et de construction, la nécessité de ne pas promettre l’impossible au maître d’ouvrage, et de bien choisir les principaux intervenants, mandataires et entreprises de construction. Il s’agit ensuite de «vérifier continuellement leurs prestations».

Dans un environnement réel

Dans un grand projet de construction, la dimension «prototype» demeure car si on utilise l’expérience, dit-il, «c’est quand même chaque fois un peu différent» et le «risque de défaillance» d’un ou plusieurs intervenants importants peut toujours surgir en cours de réalisation. Le professeur Thalmann souligne la spécificité d’un tel projet de construction, qui doit être «réalisé dans un environnement réel, souvent mal connu et difficile à maîtriser» : qualité du sol, météo, qualité d’un bâtiment préexistant à transformer… Si bien que «les marges de sécurité finissent par être utilisées même en l’absence de mauvaise surprise.»

Pas d’engrenage fatal

Dans ce contexte, «la réception des travaux se fait tout au long des prestations, de même que le paiement des travaux. La réception finale avec la remise des clés n’est plus qu’une opération symbolique.» Il souligne le principal défi : il s’agit en effet d’éviter «l’engrenage du projet», qui s’engage lorsque l’on tente à tout prix de planifier la construction de surfaces additionnelles au lieu de répondre au manque de surface par une «solution d’organisation». Un exemple : «le décalage du début des cours entre l’UNIL et l’EPFL pour désengorger le métro, alors qu’il n’était plus possible d’augmenter la capacité du M1.

Penser aux générations futures

«Ne pas construire est souvent la meilleure manière d’économiser des ressources, dont la plus précieuse en Suisse, conclut-il, est le territoire non construit.» Le professeur Thalmann souligne encore la tendance helvétique à «construire très solide», ce qui n’est «pas toujours la meilleure solution pour les générations futures». Il est donc «important de choisir la bonne durabilité physique des constructions», afin de léguer aux générations futures des bâtiments «physiquement et économiquement amortis…»

Interview complète du prof. Thalmann [pdf]

Entretien réalisé par Pius Bienz et résumé par Nadine Richon

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