L’imprévisible est toujours au rendez-vous

Jeudi, 17 novembre 2011

La construction du bâtiment Géopolis a inspiré cinq étudiants du Pr. Pius Bienz sur le thème du Project Manager. Leur travail invite à explorer les compétences mise en œuvre dans un tel contexte par le ou les chefs de projet. Ce gestionnaire doit pouvoir concilier des éléments très divers, plusieurs activités et mobiliser de nombreux acteurs au service d’un projet central, dont il doit garantir l’accomplissement dans le respect de contraintes fixées.

Ces compétences multiples sont d’ordre organisationnelles, communicationnelles et conceptuelles. Le bon gestionnaire doit «comprendre chaque élément important du projet» et saisir la manière dont ces «différents éléments interagissent». Grâce à ses «fortes capacités cognitives», il doit pouvoir «apprécier les situations délicates et trouver une solution adaptée au problème qui se pose». Sur un chantier, comme dans toutes les grandes entreprises humaines, il faut savoir gérer l’inattendu. Pour employer une formule paradoxale :

L’imprévisible est toujours au rendez-vous !

Sur un projet de cette envergure, plusieurs gestionnaires sont sollicités, notamment chez Baumag Generalbau SA, l’entreprise totale, chez les architectes Robin Kirschke (bureau Itten + Brechbühl) et Marc Werren (GWJ Architectes SA), et au Bureau de construction de l’Université de Lausanne Dorigny, le BUD. Les étudiants concernés ont intégré à leur travail un entretien avec Jean-Pierre Mathez, architecte responsable du BUD. Ce dernier évoque les avantages à travailler avec une entreprise totale, les qualités humaines d’un bon «project manager», les fonctionnements qui surgissent dans une telle aventure humaine et qui «se reproduisent avec des couleurs différentes», aux yeux d’un homme qui accumule les expériences dans le domaine de la construction, l’imprévisibilité «toujours au rendez-vous», les choix essentiels à préserver même dans l’adversité, et les faux problèmes qu’il faut savoir reconnaître…

Il faut défendre certains choix, par exemple, dans le cas de Géopolis, la réalisation des façades. Il ne fallait pas s’éloigner des intentions initiales, car il en allait de la qualité architecturale du projet. Sur un chantier, il y a forcément des imprévus, mais il ne faut jamais oublier que le bâtiment est là pour cent ans. Cela vaut donc la peine de se battre pour des options qui nous paraissent essentielles… parce qu’à la fin, le bâtiment va rester… Vous me demandez quelles sont les qualités d’un chef de projet ? A certains moments, il faut savoir se détacher, prendre de la distance avec un problème. Souvent, le bon chef de projet ne donne pas le résultat demandé dans l’immédiat, mais un peu plus tard, une fois qu’il a fait son analyse, conclut Jean-Pierre Mathez.

Nadine Richon | Unicom

Project Manager Géopolis Un travail de Martin Des Crescenzio, Gilda Garcia Scarpati, Hazem Hussami, Yannick-T. Luta et Camille Sebert

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