Karen Dalton

Karen Dalton« Bouleversante réédition!

« Elle avait choisi la réclusion, le retour à la source, la musique plutôt que son business. Les trois disques d’enregistrements inédits exhumés depuis 2007 (Cotton Eyed Joe, The Loop Tapes et aujourd’hui 1966) documentent la musique sans apprêts de cette fée du logis. Des trois, 1966 est le plus beau. D’abord, et c’est rare, on y découvre des photos en couleur de la chanteuse. La clope au bec, une grosse guitare douze cordes ou un verre à la main. Même en couleur, Karen Dalton n’a pas l’air de péter la forme, convalescente éternelle, la mine défaite.

Karen Dalton n’écrivait pas de chansons. Pure interprète, elle délivrait le répertoire dans une complainte limoneuse. Sa voix a le pouvoir de ralentir le temps, d’évoquer l’arte povera du folk, comme on avait dû le jouer pendant des siècles, avant l’électricité, les enregistrements et les soins dentaires. Ce n’était pas un revival, mais la fin de quelque chose. Une immense tristesse suinte de ces chansons. A l’heure où Dylan était devenu une pop-star, l’inconsolable Karen Dalton annonçait le chant du cygne du folk américain. Et plus personne n’a chanté comme ça après elle – à part Cat Power, parfois ». [Extraits de l'article de Stéphane Deschamps pour le magazine Les InRocks] Continuer la lecture

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Nabucco de Michelangelo Falvetti

Nabucco FalvettiAmoureux de la musique baroque, précipitez-vous sur cet album!

« On connaissait Il diluvio universale de ce compositeur calabrais, sicilien d’adoption, de la seconde moitié du xviie siècle.  Leonardo García Alarcón nous fait découvrir maintenant un autre oratorio à peu près contemporain (1683) :  Il dialogo del Nabucco. Si la source en est évidemment la même que celle du célèbre opéra de Verdi, d’un siècle et demi postérieur, l’oratorio se fonde directement sur le récit biblique (Daniel), à la différence de l’opéra, dont le livret s’inspire d’une pièce de théâtre romanesque. Ici, il s’agit du miracle des trois enfants précipités dans la fournaise pour n’avoir pas voulu adorer la statue de Nabucco, sujet traité aussi par Britten dans The Burning Fiery Furnace (1965-66).

La variété des procédés d’une écriture inventive à souhait permet d’éviter l’alternance systématique des récitatifs et des airs. Les moyens mis en œuvre sont importants : huit solistes, un orchestre riche d’un instrumentarium coloré où se glissent des instruments moyen-orientaux, et un chœur.

Le prologue s’ouvre sur une page où l’Euphrate est suggéré par le figuralisme des cordes — qui fait penser par sa fluidité et son rythme au début de la Johannes Passion de Bach — introduisant un beau  duo de sopranes, ponctué par la basse (le fleuve). L’étrangeté est renforcée par l’orientalisme de l’instrumentation de Leonardo García Alarcón »… Citation d’Eusebius extraite de Musicologie.org Continuer la lecture

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Benjamin Righetti

RighettiNé en 1982, organiste titulaire de l’église Saint-François à Lausanne depuis 2012, Benjamin Righetti donne une autre image du métier de musicien classique que celle à laquelle le commun des mortels est habitué. Visitez son site web, visionnez la vidéo ci-après, et vous aurez vite compris! Coup de marketing un peu facile pour tenter d’attirer un public plus jeune ? En tous les cas, voici un artiste original qui a foi en ce qu’il fait, et qui ne craint pas de transmettre sa passion par tous les moyens possibles.

« Ultimes compositions de chacun des auteurs, monuments du répertoire organistique, les Trois Chorals de César Franck et les Onze Préludes de Chorals de Johannes Brahms,ont déjà été joués et enregistrés tant de fois, ont déjà fait l’objet de tant d’analyses, qu’on peut s’interroger quant au sens de remettre ces pages à nouveau sur le métier. Benjamin Righetti en propose pourtant un éclairage inédit prouvant, s’il en était encore besoin, que les grands chefs-d’oeuvre même «reconnus» sont une source infinie pour les interprètes. » Source: Disques K617 Continuer la lecture

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Ahmad Jamal: Saturday morning

Ahmad JamalLa joie joueuse d’Ahmad Jamal, 83 ans selon les organisateurs, 50 selon la police…

« Ahmad Jamal entre en scène comme si de rien n’était. Les trois jeunes gens qui l’accompagnent prennent leurs postes. Encore un peu de brouhaha dans les rangs, 5 762 paires d’oreilles frétillent sous le grand chapiteau de Marciac (Gers). Quatre accords comme on sonne les cloches et l’auditoire est muselé. Non par terreur, mais par la grâce.

Né à Pittsburgh, Pennsylvanie, le 2 juillet 1930, beau visage, corps félin et sourire éclatant, M. Ahmad Jamal aurait, selon les organisateurs, 83 ans. La quarantaine, selon la police. Ahmad Jamal est un magicien. Magicien du clavier, magicien de l’énergie, magicien du quartet, magicien de la scène, magicien du son, scientifique de l’être.

Il choisit Marciac pour présenter son prochain album, Saturday Morning. « Comment gère-t-il le stress d’avant concert ? », ose un jeune gaillard, frais émoulu des grandes écoles du cliché. M. Ahmad Jamal dit que jouer est une joie… » Extrait de l’article de Francis Marmande pour Le Monde Continuer la lecture

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Chant grégorien

Grégorien défHors de l’agitation de la vie urbaine en cette période de l’Avent, nous vous proposons un espace-temps d’intériorité. Ecouter du chant grégorien est apaisant, que ce soit devant un bon feu de cheminée ou, pourquoi pas, en faisant des biscuits de Noël !

« Faire de chaque disque une oeuvre d’art ! Tel est le pari de cette petite maison d’édition « Psalmus ». Or à l’écoute de ce CD, on sent immédiatement que le pari est tenu. Nous sommes transportés dans un autre monde, ou plutôt à une époque où la liturgie  « transfigurait » le temps en durée et en beauté. Le premier millénaire s’achève. Le chant, dit grégorien, unit apparemment tout le royaume comme le souhaitait Charlemagne… Mais à quel prix? Celui d’une hybridation fort complexe des répertoires musicaux alors en activité. L’Italie, la Gaule, l’Espagne, chaque pays avec ces centres vivants d’activités liturgiques: Rome, Milan, Metz, Tolède, Séville…. Retenons simplement que les 6 grands offertoires chantés ici sont d’origine hispano-gallicane. Ces chants très développés accompagnent la procession des offrandes au cours de la célébration eucharistique. A défaut d’orgue, on peut chanter !… » Dominique Fournier pour La Procure Continuer la lecture

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Le Mage de Massenet

Le Mage de Massenet« Créé le 16 mars 1891 au palais Garnier, Le Mage disparaissait des affiches après trente représentations, jusqu’à sa résurrection à l’Opéra de Saint-Etienne en novembre 2012, devant un auditoire électrisé. Quelle révélation! « Trompés dans leur attente par une partition à mille lieues de Manon et de Thaïs, comme de La Juive ou de Parsifal, les connaisseurs étaient surpris de découvrir un Massenet assumant tous les poncifs du grand opéra avec un sens infaillible du rythme dramatique et une écriture vocale aussi exigeante que gratifiante », écrivait Gérard Condé. Les trois concerts ayant été enregistrés par Radio France, le disque nous permet de partager son enthousiasme… Livret, documents, photographies, étude sur la création: Le Mage quitte son purgatoire sur un tapis rouge. » Extraits de la critique de François Laurent dans Diapason no 617, octobre 2013 Continuer la lecture

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Les Tambours du Bronx

Les_tambours_du_bronx_3« Leur première prestation ne devait être qu’un événement unique : depuis 25 ans, l’exception se rejoue chaque soir.
Les Tambours du Bronx sont nés en 1987 dans une commune adjacente à Nevers. Quartier de cheminots et d’ouvriers, ce Bronx engendre une meute au milieu des machines. La cadence de l’usine sera son rythme. Le quadrillage urbain se fera motif et la musique surgira de leur matière première, le métal.
Depuis 25 ans, Les Tambours du Bronx, ce monstre industriel à 17 têtes propage sa rage et son chant sur tous les continents, ce troupeau d’individualités irrigue tous les pays de sa sueur, cette horde à la dégaine animale sévit sur toutes les scènes. » Destination Ailleurs-Le festival Continuer la lecture
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A late quartet

Late quartet« Lorsque le violoncelliste du quatuor The Fugue apprend qu’il est atteint de la maladie de Parkinson, l’avenir du groupe ne tient plus qu’à un fil. Entre les émotions refoulées, les egos et les passions incontrôlables qui se déchaînent alors, la longue amitié qui unit les quatre virtuoses menace de voler en éclats. À la veille du concert qui célèbrera leur 25e et sans doute ultime anniversaire, seuls leurs liens étroits et le pouvoir de la musique peuvent encore préserver ce qu’ils ont construit… Pour son second long métrage, Yaron Zilberman a réuni un casting assez impressionnant autour de Christopher Walken, Philip Seymour Hoffman, Catherine Keener et Mark Ivanir. Avec Le Quatuor (A Late Quartet), qui sort en salle le 10 juillet, le réalisateur israélo-américain aborde frontalement la création musicale, l’interprétation et la vie qui va avec… Mais la véritable star de ce film, c’est évidemment le Quatuor n°14 op. 131 de Beethoven« … Marc Zisman : Rencontre avec Yaron Zilberman Continuer la lecture

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Sophie Maurin

sophie-maurin« Une cascade de notes qui s’épanche en un ruissellement d’arpèges, un piano ragtime, l’humeur bluesy d’un violoncelle, une voix féminine libre comme l’air qui fait le mur, vocalise, croise l’anglais et le français en une joute amusée et affranchie de toute contrainte. En perpétuel mouvement, la musique de Sophie Maurin donne l’impression de se créer en même temps qu’elle s’écoute. Un tour de force pour cette auteur-compositeur-interprète, originaire du Var, pianiste classique et blues de formation, dont le premier album fait écho aux réussites artistiques de prestigieuses aînées : Camille et son appétence pour les acrobaties vocales, Regina Spektor et son lyrisme pianistique, Emily Loizeau et son goût pour les mélodies intemporelles, (re)venues de loin.

L’impression de facilité, de légèreté, qui se dégage de ses chansons, comme Far Away, son premier single, est pourtant trompeuse. En bonne architecte, ce qu’elle était à la ville avant de signer son premier contrat discographique, la musicienne, qui coréalise ses morceaux avec Florent Livet & Jeremy Verlet, a minutieusement échafaudé ses arrangements, structuré son projet en soignant le moindre détail : cordes, toypiano, kalimba, clarinette, vibraphone, percussions, ainsi qu’une splendide section de cuivres, swinguent ensemble ou séparément. Si le résultat ne sonne jamais trop produit, et garde son aspect organique, chaleureux, acoustique oblige, on est bluffé par l’invention musicale, le foisonnement de petits riens (les chœurs fantomatiques sur Ma Maison Désaccordée, le claquement de ciseaux pour marquer le tempo sur Ciseaux) qui forment un grand tout… » Trouvé sur ArtéMédia, la radio des artistes Continuer la lecture

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Les soeurs Labèque

SOEURS LABEQUE

Un max de minimalisme:

« Minimalist dreamhouse

Depuis leur premier prix de conservatoire, obtenu en 1968, les sœurs Labèque n’ont cessé de multiplier les aventures musicales, fidèles au dogme libertaire : «Il est interdit d’interdire». Musique contemporaine, classique, baroque sur instruments d’époque, collaborations avec des vidéastes comme Tal Rosner, ou avec les percussionnistes basques de Kalakan, invités sur leur enregistrement du Boléro de Ravel, avant de les présenter à Madonna – les deux natives de Bayonne aiment surprendre.

Fantasque. Quarante-cinq ans après leurs débuts, ces pianistes vivent et travaillent toujours ensemble, dans un palais romain ayant appartenu aux Borgia. Si le public les aime en duo, au point de les croire jumelles, elles ont chacune leur personnalité. Katia, l’aînée, est la plus fantasque : on n’a pas oublié son union à la ville comme à la scène avec le guitariste de jazz anglais John McLaughlin, auquel succède aujourd’hui un autre pratiquant de la six-cordes, le Français David Chalmin. Marielle semble plus sage : elle partage la vie du chef d’orchestre Semyon Bychkov et, contrairement à sa sœur, n’enchaîne pas les projets solo avec Sting ou Herbie Hancock. Ce qui ne l’empêche pas de participer à certains enregistrements de leur label, KML, fondé en 2007, comme ce Minimalist Dream House, qui est sans doute leur plus ambitieux projet à ce jour… » (Extraits de l’article d’Eric Dahan pour Libération) Continuer la lecture

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