Le réseau « Penser l’émancipation » réunit des chercheurs et chercheuses, des éditeurs et éditrices, des acteurs et actrices du mouvement social, qui entendent contribuer à développer dans le monde francophone, un espace de réflexion et de discussion ouvert et respectueux des différences, sans pour autant se départir du débat et de la confrontation. Il s’agit pour nous de permettre aux recherches et élaborations théoriques, comme aux pratiques sociales, de participer à l’émergence d’une politique d’émancipation riche, exigeante, et à même de répondre aux défis du temps présent. Ce réseau est actif à plusieurs niveaux:

- A l’université de Lausanne, ce réseau s’est constitué en groupe de recherche: le GRIME, Groupe de recherche interfacultaire sur les mouvements d’émancipation – histoire, théories, pratiques, qui organise régulièrement des conférences, dont les prochaines se trouvent ci-dessous, et certaines sont accessibles en format vidéo. Pour obternir plus d’information, il vous suffit de cliquer sur l’onglet correspondant.

- Ce réseau a organisé un premier colloque à l’université de Lausanne en 2012. Les vidéos des différentes interventions sont disponibles sur ce site. Par ailleurs, la revue Dissidences a publié différentes interventions qui ont eu lieu lors de ce colloque dans son édition en ligne accessible à l’adresse suivante: http://revuesshs.u-bourgogne.fr/dissidences./

- Un deuxième colloque sera organisé à Nanterre en février 2014. Pour toute information, rendez vous sur le site: www.penserlemancipation.net

Voici les prochaines activités des différentes facettes du réseau « Penser l’émancipation » dans l’ordre chronologique:

CONFERENCES DU GRIME SEMESTRE PRINTEMPS 2014

La construction européenne et sa crise: éléments pour une lecture marxiste

avec Cédric Durand

Mardi 18 mars, 17h15 (Géopolis, salle n°2227)

 Deux raisons justifient de tenter aujourd’hui un approfondissement de la réflexion théorique sur la construction européenne. Premièrement, le fait que depuis 2010 l’UE a été l’épicentre de la grande crise que connaît le capitalisme contemporain, crise qui a pourtant démarré aux État-Unis. C’est l’UE qui a connu le recul du PIB le plus marqué, bien que dans des proportions très variables selon les pays. Il y a donc une singularité de l’Europe dans cette crise qu’il convient d’éclairer. Le second élément renvoie à l’acuité des débats: la question européenne travaille aujourd’hui en profondeur les corps sociaux et divise intellectuels et militants. Dans cette présentation je me propose d’abord d’examiner ce que la crise nous a appris de l’UE en jetant les bases d’une interprétation de la séquence spécifiquement européenne de la crise. Afin d’apprécier plus précisément les processus à l’oeuvre, il convient ensuite d’ancrer l’analyse dans des cadres conceptuels éprouvés. A cette fin, je proposerai une relecture contemporaine du débat fondateur, entre Ernest Mandel et Nikos Poulantzas, des années 1970 sur le processus d’intégration européen. Enfin, une interprétation régulationniste de la construction européenne permettra de montrer que le rééchelonnement spatial des formes de l’étatité au cours de la construction européenne a permis un renversement de la hiérarchie des formes institutionnelles aux dépens du rapport salarial. Les implications politiques possibles de cette analyse seront présentées en conclusion.

Cédric Durand, économiste, est Maître de Conférences à l’Université Paris-13 et enseigne aussi à l’EHESS. Auteur de nombreuses études, dont Le capitalisme est-il indépassable ?, Paris, Textuel, 2010, il vient d’éditer l’ouvrage collectif Pour en finir avec l’Europe, Paris, La Fabrique, 2013.