Émancipation, relations capital-travail et tissu urbain.

Intervenante:
Corinne Luxembourg est Maître de conférences en géographieà l’Université d’Artois. Sa thèse de doctorat en géographie et aménagement s’intitule : Villes en transition : les avatars de l’industrie dans les villes françaises petites et moyennes. Parmi ses domaines de recherches : villes industrielles, relations espaces productifs/espaces urbains ; habitat, modes d’habiter, politiques de la ville, transformations sociales ; urbanité, rapports sociaux, aménagement du territoir; discontinuités, fragmentations urbaines. Dernières publications :  »Les villes moyennes françaises face à la désindustrialisation : les cas de Gennevilliers et du Creusot », BAGF-Géographies, n°88 Le territoire français, la désindustrialisation et les délocalisations, 2011, pp. 125-136 ;  »Identités et territoires industriels : temporalités et interactions », Fonder les sciences du territoire, Colloque international, Collège International des Sciences du Territoire, 23-25 novembre 2011, pp 316-320.

Exposé:
Aborder la question de l’émancipation par la relation du travail au tissu urbain signifie que l’on s’accorde sur deux présupposés. Le premier implique que l’on définisse la ville comme l’expression spatiale majoritaire des rapports humains, le second décrit le rapport du travail au capital comme un rapport d’aliénation.

La contestation de la valeur émancipatrice de la ville comme du travail est confortée par un triple consensus illustré :

• Par l’affirmation de l’échec d’alternatives au capitalisme et de la nécessaire poursuite du capitalisme, à laquelle s’adjoint celle de la péjoration de l’idéologie dès lors qu’elle discuterait le consensus qualifié, lui, de pragmatisme ;

• Par la prétendue irrémédiabilité de la désindustrialisation et la contestation du caractère productif urbain ;

• Enfin, par l’acceptation du développement durable comme idéologie majoritaire incontestable, rendant le capitalisme plus vert et plus acceptable.

Les villes industrielles sont nées, se sont agrandies autour de l’outil de production manufacturière subordonnant le logement populaire à la proximité du lieu de travail. Ce faisant, le capitalisme industriel a engendré une forte imbrication du travail et de l’habitat, divisant et spécialisant le tissu urbain résultant de la division du travail. Le fait d’habiter le tissu passe donc par une appropriation de la ville par les habitants, expression d’une urbanité et d’un rapport de force.

La relation capital-travail et la fragmentation du tissu urbain ont évolué à mesure que le capitalisme est passé d’industriel à spécifiquement financier, à mesure que par le biais des délocalisations, les entreprises mondialisées confisquent le pouvoir d’aménagement du territoire à la démocratie représentative, enfin à mesure que les territoires, à l’instar des salariés se doivent d’être attractifs et compétitifs.

Cette communication aura donc pour objectif d’analyser les évolutions des rapports capital-travail et leurs impacts sur le tissu urbain, puis des projets de réindustrialisation pensés par les salariés dans leurs caractéristiques émancipatrices pour le lieu de travail et l’urbain.

Horaire
Vendredi 26 octobre
14h15 – 16h
Amphipôle, salle 201
Panel – Ville et capitalisme: Exploitation, gentrification et racialisation

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