La bulle immobilière, une conséquence des difficultés rencontrées par l’appareil productif chinois ?

Intervenante:
Mylène Gaulard est Maître de conférences en économie du développement à l’Université Pierre Mendès France de Grenoble. Elle s’intéresse plus précisément à l’économie des pays dits « émergents », et sa thèse de doctorat, ainsi que ses travaux ultérieurs, portent sur les difficultés du processus d’accumulation du capital en Chine et au Brésil.

Exposé:
Avec un taux de croissance de 9,2% en 2011, la Chine semble peu atteinte par les dernières perturbations économiques mondiales. Selon certains auteurs, on assisterait même à un découplage entre l’économie de ce pays et le reste du monde. Il n’en reste pas moins que le pays fait toujours face à des difficultés majeures, et notamment au gonflement d’une bulle immobilière susceptible d’éclater très prochainement. Cette hausse des prix de l’immobilier est aussi bien le résultat d’une poussée de l’endettement des ménages et des autorités locales que la conséquence d’une entrée massive de capitaux spéculatifs dans le pays. Néanmoins, il est important de mieux comprendre les causes profondes de ces phénomènes, notamment par un retour à la théorie de l’économiste marxiste Henryk Grossman analysant la formation des bulles financières durant la décennie 1920 comme la conséquence d’une baisse du taux de profit dans l’appareil productif. De même que dans les pays développés durant la période précédant la crise de 1929, l’industrie chinoise connaît de sérieuses difficultés qui incitent les investisseurs à s’orienter vers d’autres secteurs, purement spéculatifs. Contrairement à ce qui est souvent énoncé dans la presse, la croissance économique chinoise reste extrêmement fragile. Non seulement les mesures politiques qui pourraient être prises pour lutter contre les difficultés les plus apparentes, comme le surendettement des autorités locales, le gonflement de la bulle immobilière ou l’entrée de flux spéculatifs, n’auront aucune efficacité pour supprimer les réelles faiblesses économiques, c’est-à-dire les problèmes de rentabilité rencontrés par l’appareil productif, mais l’éclatement des bulles spéculatives créées ces dernières années pourrait mettre à jour ces difficultés, remettre en question la croissance économique chinoise.

Horaire
Vendredi 26 octobre
9h00 – 10h45
Amphipôle, salle 201
Panel – Mondialisation et impérialisme: La Chine en tant que puissance émergente dans la crise actuelle.

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