La critique du fétichisme de la valeur comme fil rouge du Capital.

Intervenant:
Alain Bihr est professeur émérite de sociologie à l’université de Franche-Comté ; il est membre du Laboratoire Culture, Sport, Société, Santé (C3S) rattaché à cette université. Ses travaux ont porté sur les transformations contemporaines des modes d’intervention des Etats occidentaux dans la régulation économique et sociale ; le rôle grandissant sur le plan social, politique et culturel des « couches moyennes salariées » ; la crise actuelle du mouvement ouvrier européen ; la réémergence des mouvements et idéologies d’extrême droite ; les inégalités entre hommes et femmes. Par ailleurs, sur la base d’une relecture de la critique marxienne de l’économie politique, il a entrepris de jeter les bases d’une théorie générale du capitalisme, dans le cadre de laquelle il travaille à une relecture critique de l’histoire du capitalisme.

Exposé:
Rares sont les lecteurs et les commentateurs du Capital qui ont su relever la présence en lui du concept de fétichisme. La grande masse des études auxquelles cette œuvre maîtresse de Marx a donné lieu ne mentionne pas même ce concept. Etant donné la difficulté qu’il présente, cette omission serait compréhensible sinon franchement excusable de la part des ouvrages de vulgarisation. Mais on le relève tout autant au sein de la plupart des études savantes qui lui ont été consacrées, dont le concept de fétichisme est absent voire délibérément écarté. Plus rare encore sont les auteurs à avoir saisi toute l’importance de ce concept dans Le Capital et avoir suivi et restitué toutes les méandres de son développement dans cette œuvre.

Ma communication commencera par rappeler la définition marxienne générique du fétichisme de la valeur par le double mouvement de réification des rapports de production par confusion de ces rapports avec leurs supports matériels et de déification (de personnalisation surhumaine) consécutive de ces mêmes supports, avant de montrer comment la critique de ses différentes formes et figures court tout le long du Capital, depuis le fétichisme de la marchandise jusqu’à la fameuse formule trinitaire Terre – Capital – Travail. Elle s’interrogera dans un second mouvement sur les raisons de l’escamotage de ce fil conducteur, en montrant qu’il tient essentiellement à la méconnaissance du sens profond et radical de la « critique de l’économie politique » par Marx. Ce qui permettra du même coup de souligner que le concept de fétichisme s’insère dans une constellation conceptuelle plus large, permettant d’appréhender la contradiction sujet/objet et se situant de ce fait au cœur de la critique marxienne de la praxis sociale. Ce qui autorisera à conclure à sa portée générale, par delà même les limites du champ de la critique de l’économie politique.

Horaire
Vendredi 26 octobre
11h00 – 12h45
Amphimax, salle 414
Panel – Philosophie et libération: Fétichisme, domination sociale et violence de l’abstraction.

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