La dérive productiviste éclairée par le mythe de Dédale.

Intervenant:
Bertrand Méheust, né en 1947.
– Ex Professeur certifié de philosophie, Lycée Camille Claudel, Troyes.
– Doctorat  de sociologie ( Sorbonne, 1997).
– Ex membre associé du groupe CNRS Psychanalyse et pratiques  sociales de la santé.
– Membre du Comité directeur de l’Institut métapsychique international (IMI).
– Chargé de cours à l’université de Lausanne en 2010-2011 , faculté de théologie.

Derniers ouvrages publiés :
La Politique de l’oxymore, La Découverte, Paris, 2009.
Les Miracles de l’esprit, ce que les voyants peuvent nous apprendre, Les Empêcheurs de penser en rond – Editions de la Découverte  Paris, 2011.
La nostalgie de l’Occupation, Les Empêcheurs de penser en rond – Editions de la Découverte,   Paris, 2012.

Exposé:
La prétention de remodeler le monde et l’être humain constitue même la source fondamentale de l’hybris moderne. On la trouve exprimée à satiété dans la littérature de Science fiction des XIX° et XX° siècles. Mais elle remonte beaucoup plus loin, elle est, avec le mythe grec, à la source de la culture occidentale. On la trouve par exemple exprimée avec une prescience inquiétante dans l’histoire de Dédale et du Minotaure. Dédale est par excellence la figure de l’inventeur astucieux dont les créations provoquent en cascade des problèmes imprévisibles et incontrôlables. Ayant créé un leurre destiné à permettre à la reine Pasiphaé de s’accoupler avec un taureau divin, il se trouve contraint d’inventer le labyrinthe pour y parquer l’être monstrueux né de cette union. À la suite de diverses péripéties, il est lui-même enfermé dans le labyrinthe avec son fils Icare, et, ayant perdu le fil magique, il ne sait plus comment en sortir. Alors il fabrique des ailes pour Icare, et l’on connaît la fin de l’aventure. Le thème crucial que ce mythe met en scène n’est rien d’autre que celui de l’emballement catastrophique. Qui ne voit que cette fuite en avant, c’est la nôtre ? Nous pouvons certes leurrer la mystérieuse intelligence de la nature pour la faire travailler à nos fins. Mais régulièrement cette dernière répond de manière inattendue, en produisant des monstres. Notre monstre, c’est le capitalisme productiviste, qui, arrivant à ses limites, est contraint à une nouvelle fuite en avant, laquelle s’exprime aujourd’hui dans le transhumanisme. Il faut s’envoler, quitter la condition humaine, en créant une espèce nouvelle dégagée de ses anciennes contraintes biologique. Si l’on suit cette perspective, le capitalisme n’est que la dernière phase d’ un processus engagé depuis les débuts de notre civilisation. Sa responsabilité est immense mais elle ne nous dispense pas d’une réflexion plus globale sur les sources de la catastrophe en cours. C’est ce que nous allons tenter.

Horaire
Vendredi 26 octobre
14h15 – 16h
Amphimax, Anthropos Café
Panel – Critique du productivisme: Marxisme et écologie

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