La “Grande transformation” en Europe de l’Est et l’intégration européenne, une nouvelle forme de (semi-)périphérisation ?

Intervenante:
Catherine Samary est économiste, à l’Université de Paris Dauphine et Institut d’études européennes de Paris 8. Egalement correspondante du Monde diplomatique, et co-responsable de son Atlas, notamment en 2012, elle fait partie du conseil scientifique d’Attac France. Son dernier ouvrage s’intitule : Yougoslavie : de la décomposition aux enjeux européens, Ed. Du Cygne 2008

Exposé:
Le programme de la « Grande transformation » capitaliste en Europe de l’Est après le basculement de 1989/1991 a été explicité par toutes les institutions financières de la mondialisation capitaliste qui lui apportaient leur « concours » : généraliser les rapports marchands par les privatisations forçées, et le changement radical de statut de la monnaie et de la force de travail sous pression de la mondialisation capitaliste et de ses institutions.

Les pays se soumettant à ces orientations dans le cadre de leur « transformation systémique » connaissaient nécessairement aussi une nouvelle forme de semi-périphérisation. La crise de la « dette souveraine » a mis à nu les relations dissymétriques et le creusement des écarts que recouvrait la « construction européenne » depuis le Traité de Maastricht. La semi-périphérisation de l’Europe de l’Est et du Sud prend même dans la gestion « merkozyste » de la crise des formes néo-coloniales.

Tout en soulignant le bien-fondé des analyses dénonçant cette réalité, nous défendrons pourtant l’idée 1°) que les rapports intérieurs entre Etats membres de la CEE ne peuvent être bien appréhendés dans le cadre des conceptualisations « centre/périphéries » particulièrement inadéquats jusqu’au Traité de Maastricht instituant l’UE ; 2°) que l’adhésion à la CEE puis à l’UE des pays de l’Europe du sud puis de l’est ne pouvait être légitimée que par l’espoir d’intégrer « le centre » en atténuant la périphérisation ; 3° que l’UE comporte donc des éléments contradictoires n’assurant aucune légitimité ni stabilité à des rapports intérieurs de domination – bien que la crise actuelle mette à l’ordre du jour la légalisation d’un ordo-libéralisme dominé par l’Allemagne ; 4°) que l’européanisation et l’inefficacité des politiques « austéritaires » renforce la possibilité d’une délégitimation et contestation à l’échelle de l’Union de ces tendances.

Horaire
Samedi 27 octobre
13h15 – 15h
Anthropôle, salle 2044
Panel – Mondialisation et impérialisme: L’Europe dans l’ordre impérialiste

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