La Production sociale de la révolte : penser l’émancipation en temps de crise.

Intervenante:

Florence Joshua est chercheuse post-doctorante à l’Université d’Oxford, département Politics and International Relations (DPIR). Elle est également chercheuse post-doctorante associée à la Maison Française d’Oxford (MFO/CNRS-MAEE) et au Centre d’Etudes Européennes (CEE/Sciences Po Paris)

Exposé:

Le rapport sur les tendances globales de l’emploi des jeunes de l’International Labour Office, paru en octobre 2011, concluait en soulignant la vive inquiétude que la crise économique actuelle suscite pour les perspectives d’emploi des jeunes dans le monde . Cette crise nourrit de nombreuses craintes, mais également d’importantes contestations. Dans la dynamique des révolutions arabes du printemps 2011, on a pu observer l’émergence, à un niveau mondial, de mobilisations dites des « Indigné.e.s », dénonçant le capitalisme, les marchés et la finance et exprimant une défiance diffuse à l’égard des institutions en place. L’actualité sociale et politique récente pose la question de la production sociale de la révolte, en particulier chez les jeunes générations, et soulève plus généralement celle des conséquences politiques de la crise économique.

Cette communication propose d’aborder ces questionnements à partir des résultats d’une recherche doctorale qui a élaboré une sociologie politique des métamorphoses de l’engagement anticapitaliste en France, de 1966 à 2009, à partir du cas de la Ligue communiste révolutionnaire. L’étude des trajectoires sociales des militants qui ont rejoint la LCR après le 21 avril 2002 a révélé la récurrence dans leur positionnement social de situations de décalages et de désajustements (marqués par différentes formes de déclassement objectif – de type intergénérationnel et/ou scolaire – et subjectif) qui ont favorisé chez eux une perception du monde social comme dysfonctionnant, prenant la forme d’un « cadre d’injustice » qui participe au processus de conversion critico-sociétaire qui accompagne leur engagement dans ce parti.

La recherche a ainsi mis au jour la rencontre entre la disposition collective d’une même classe d’âge et une forme d’engagement qui donne un sens à cette expérience sociale, pour la transformer en révolte. En se fondant sur les résultats d’une enquête nationale par questionnaires auprès des militants de la LCR en 2006 (N=1557, soit 59% des effectifs) et sur un volet qualitatif d’enquête (45 entretiens), la communication posera la question du lien entre économie et politique et celle de la production sociale de la révolte envisagée comme un phénomène générationnel et macrosocial, questionnements que le contexte de crise économique pose avec acuité.

Horaire
Samedi 27 octobre
10h – 11h45
Anthropôle, salle 2013
Panel – Pratiques politiques et stratégies transformatrices: Répertoires d’action

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