Le dégel au pays de Guillaume Tell : à contre-courant dans le monde de la culture dans les années 60.

Intervenant:
Hadrien Buclin est doctorant en histoire à l’Université de Lausanne.

Exposé:
Contrairement à ses grands voisins, la Suisse n’a pas connu une sortie de guerre marquée par l’émergence d’une nouvelle génération d’artistes et d’intellectuels, qui se serait imposée comme un pôle de légitimité forte, conférée par la résistance antifasciste. Au contraire, l’après-guerre se caractèrise en terre helvétique par une grande continuité au sein de l’establishment politique et intellectuel, ainsi que par une très forte stabilité sociale. De plus, l’anticommunisme de guerre froide s’impose rapidement comme une manière de tourner la page sur les dérives autoritaires de certaines personnalités issues des milieux conservateurs pendant les années 30 et la guerre. Sur le plan culturel, les autorités et les milieux intellectuels dominants font la promotion d’une idéologie fondée sur des valeurs comme la « paix du travail », la famille, la religion et la glorification de la défense nationale au service de la « neutralité ».

Pour autant, la Suisse n’échappe pas à la vague de contestation sociale et culturelle qui émerge en Europe occidentale dans les années 60. A cet égard, les mouvements étudiants des « années 68 » n’émergent pas ex nihilo, mais sont au contraire précédés dès le début des années 60 par une série de mises en cause du consensus helvétique, portées en particulier par une nouvelle génération d’intellectuels et d’artistes critiques. C’est sur ce « moment critique » des années 60, dans le contexte spécifique décrit plus haut, que se penchera cette communication.

Horaire
Samedi 27 octobre
15h15 – 17h
Anthropôle, salle 2013
Panel – Histoire en lutte: Retour sur les ruptures des années 60-70

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