Le théâtre de l’opprimé comme instrument d’expression et de lutte des paysans indiens

Intervenant:
Clément Poutot, doctorant et ATER en sociologie à l’UCBN. Sa thèse, réalisée sous la direction de C. Tarot, porte  sur le théâtre de l’opprimé. Il a notamment écrit «Le théâtre de l’opprimé: au confluent de l’art et du politique», Revue Sociologie de l’Art (OPuS ), l’Harmattan, (à paraître).
Page personnelle de Clément Poutot

Exposé:
Né comme pratique révolutionnaire dans une Amérique latine en proie aux dictatures, le théâtre de l’opprimé d’Augusto Boal trouve son inspiration et sa quête d’émancipation dans les écrits de Paulo Freire.

Lors de son arrivée en Europe, en s’institutionnalisant et en se professionnalisant, les ambitions de ce théâtre ont été revues. Si les volontés émancipatrices peuvent toujours être présentes, les mots capitalisme et domination ont souvent quitté la scène d’un théâtre qui s’était fixé comme objectif de libérer l’opprimé.

 Mais depuis 25 ans, c’est en Inde que cette pratique a retrouvé une dynamique et une volonté claire de résister au capitalisme. Le Jana Sanaskriti, qui signifie « culture du peuple » en Bengali, réunit en son sein plus de 20000 paysans. Ce mouvement organise son action autour du théâtre de l’opprimé, en cherchant à combiner une pratique artistique, de lutte et d’éducation.

 Ainsi, les « spect’acteurs et les spect’actrices » y participant sont invités à monter sur scène pour devenir acteurs et proposer des alternatives à la situation d’oppression.

Suivant un des principes fondamentaux du théâtre de l’opprimé selon lequel doit exister une véritable continuité entre les actes théâtraux et les actes dans le social, le Jana Sanskriti organise des campagnes qui prolongent les actions développées dans l’espace théâtral.

Nous présenterons ici les fondements des stratégies de ce groupe (mode d’organisation au sien du mouvement, types alliance avec d’autres groupes et formes d’actions…) ainsi que leurs pratiques théâtrales et la manière dont elles peuvent se transformer en pratiques sociales. Enfin, en tenant compte des formes d’oppression les plus souvent représentées (oppressions hiérarchiques, sexistes, racistes), nous interrogerons les vertus émancipatrices d’une telle pratique, en Inde en particulier, mais aussi de manière plus générale.

Horaire
Jeudi 25 octobre
16h – 17h45
Internef, salle 123
Panel – Combats actuels pour l’émancipation: Résistances à l’accumulation par dépossession.

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