Les défis de l’émancipation en Équateur et en Bolivie : un questionnement sur les modalités politico-juridiques de la transition

Intervenant-e-s:
Julie Canovas, docteure en droit et Julien Barbosa, doctorant en science politique à l’Université de Bourgogne et membres du CREDESPO (Centre de Recherche et d’Etude en Droit et Science Politique), travaillent sur les mouvements sociaux, les peuples autochtones, la justice environnementale et sur les logiques alternatives au système dominant.

Exposé:
Si Equateur et Bolivie se distinguent à plusieurs égards, ils portent néanmoins les stigmates encore présents d’une histoire partiellement commune et partagent des caractéristiques géographiques, identitaires et culturelles. L’ampleur des recherches académiques et de l’espace médiatique consacrés depuis plusieurs années à l’étude des mobilisations politiques et sociales dans la zone andine reflète l’espoir actuel suscité par les dynamiques de changements et de transformations mises en œuvre dans ces deux pays.

La consécration des caractères plurinational, interculturel et unitaire des Etats équatorien et bolivien reconnus dans les articles 1er des dernières Constitutions adoptées respectivement par référendum le 29 septembre 2008 et le 25 janvier 2009, reflète simultanément une rupture importante dans l’histoire constitutionnelle nationale (voire même au niveau international), et cristallise la continuité d’une lutte pour la reconnaissance des singularités autochtones menée par les mouvements indigènes depuis plusieurs siècles. Le contenu de ces Constitutions, qui répond à un processus original issu de l’accession au pouvoir de Rafael Correa en Equateur et d’Evo Morales en Bolivie, tous deux issus de mouvements populaires et récemment réélus (2009), permet d’établir une analyse comparative entre ces pays. La combinaison entre différents systèmes de valeurs sur laquelle repose l’esprit des nouvelles Constitutions équatorienne et bolivienne, qui résulte du dialogue entre des cultures distinctes, incite alors à s’interroger sur leurs impacts réels.

Si l’apport des deux textes constitutionnels dans la construction d’une dynamique novatrice d’émancipation paraît indéniable, les difficultés liées à leur mise en application questionnent. D’ordre juridique, mais aussi social et politique, les embûches rencontrées (Ley de Minería en Equateur, Projet TIPNIS en Bolivie) sont à la hauteur des transformations qu’ils entendent engendrer. En Bolivie comme en Equateur, les contradictions entre un discours de rupture progressiste – fidèle à l’interprétation stricte de la Constitution – et certaines pratiques et décisions politiques – enracinées dans le modèle économiciste dominant – doivent sans doute être analysées, pour être comprises et dépassées, à la lumière de la problématique de la transition.

Horaire
Jeudi 25 octobre
14h00 – 15h45
Amphimax, salle 415
Panel – Combats actuels pour l’émancipation: Amérique Latine, un continent en ébullition.

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