L’importance des mouvements Occupy comme forme politique et les défis que rencontrent leurs militants soucieux de construire des espaces internationaux de coordination.

Intervenant:
Nicolas Haeringer est membre du comité de rédaction de la revue Mouvements.

Exposé:
L’année 2011 a été marquée par une effervescence sociale, parfois révolutionnaire, qui ne peut qu’émerveiller. Les mouvements anciens (syndicaux, associatifs ou politiques) qui ont irrigué ces dynamiques s’accompagnent de l’irruption spectaculaire de nouveaux acteurs. De la Tunisie au Chili, en passant par l’Égypte, le Sud de l’Europe, le Sénégal, les Etats-Unis, etc. ils ont ravivé l’espérance qu’un autre monde est possible.

Ce moment politique rappelle avec force l’émergence du mouvement altermondialiste, à la fin des années 90 et au début des années 2000, dans sa capacité à articuler ensemble trois dynamiques (un cycle de mobilisations connectées les unes aux autres bien que se déroulant dans des lieux éloignés géographiquement ; un travail de renouvellement des cadres d’interprétation des injustices ; et, enfin, un cycle d’innovations organisationnelles). Mais les militants de 2011 rompent avec les altermondialistes en faisant émerger l’occupation comme élément décisif de leur répertoire d’action. Elle est le lieu à partir duquel s’élaborent des revendications, s’expérimentent de nouvelles formes d’organisation et se préfigure une société alternative. Le mouvement altermondialiste avait été pensé comme archétypique de la structuration en réseau – parfois jusqu’à l’excès, déterritorialisant les luttes ou les appartenances, en surjouant la « transnationalisation ». Les occupations semblent opérer par rupture, et être le théâtre de l’invention de formes « translocales » de coordination.

L’objet de cette contribution est de proposer quelques pistes de réflexion sur l’importance de l’occupation comme forme politique et sur les défis que rencontrent leurs militants soucieux de construire des espaces internationaux de coordination. Il s’agira également de réfléchir au lien possible entre ces mouvements et la dynamique altermondialiste – les organisateurs du Forum Social Mondial 2013 (qui aura lieu en Tunisie) ayant annoncé leur volonté d’ouvrir massivement le FSM aux acteurs des révolutions arabes, du mouvement des indignés et d’Occupy.

Horaire
Samedi 27 octobre
10h – 11h45
Anthropôle, salle 2013
Panel – Pratiques politiques et stratégies transformatrices: Répertoires d’action

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