Normes amoureuses et polyamour, une remise en cause de l’ordre de genre ?

Intervenant-e-s:
Pascal Levy est ingénieur d’étude à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Militant féministe et actif dans la communauté polyamoureuse, il a engagé en 2010 un projet de Master 2 d’ethno-sociologie sur le polyamour.

Flora Marchand étudie dans le cadre d’un Master 2 d’Etudes cinématographiques à l’Université Paris 3 Sorbonne Nouvelle, le cinéma politique des années 60 et 70. Militante féministe elle s’intéresse aux questions de sexualités et de genre dans une logique d’intersectionnalité.

Exposé:
L’amour semble rétif à toute analyse scientifique et matérialiste, plus encore à toute politisation. Pourtant il y a bien un modèle, une norme amoureuse qui définit ce qu’est bien ou mal aimer. En occident au 21ème siècle, le bien aimer est encore essentiellement hétérosexuel, exclusif et monogame.

Depuis les années 1990 aux USA et le début des années 2000 en France, une forme de mise en cause de cette norme dominante émerge sous le terme porte-drapeau de « polyamour ». Il regroupe des individu-e-s revendiquant la légitimité sociale de nouvelles pratiques, de nouveaux modes de relation et d’expression du sentiment amoureux. En contestant la norme, le-la polyamoureux-euse la rend visible, révèle ce qui semblait un fait naturel immuable et indiscutable comme une construction normative politiquement, historiquement et socialement située. Sa position de marginalité semble constituer un point de vue privilégié pour la déconstruction du sentiment amoureux et permet de l’analyser comme élément actif d’un dispositif de pouvoir qui construit à chaque moment la différence sexuelle, l’hétéronormativité et la reproduction du patriarcat.

A travers l’analyse du discours et de l’expérience polyamoureuse en France, nous tenterons de voir en quoi ces pratiques constituent un biais d’émancipation du système de normes. Plusieurs pistes traversent notre réflexion :

  • La normativité, les marges, et la remise en cause de ces frontières.
  • Le polyamour comme une contestation de l’ordre de genre et comme stratégie pour l’autonomie des femmes dans la relation amoureuse… et ses aspects contradictoires
  • La politisation de l’intime et l’élucidation du rapport complexe entre pratiques personnelles et émancipation individuelle et collective

Horaire
Jeudi 25 octobre
16h – 17h45
Amphimax, salle 415
Panel – Les sexualités en mouvements

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