Poudre et théologie: la force messianique de la pensée latino-américaine

Intervenant:
Luis Martinez Andrade, Sociologue. En 2009, il a reçu le premier prix du Concours international d’essai « Penser à contre-courant » lors de sa 6e édition. Il poursuit actuellement ses recherches auprès de Michael Löwy à l’Ecole des hautes études en sciences sociales à Paris. Il est notamment l’auteur du livre Religión sin redención. Contradicciones sociales y sueños despiertos en América Latina, Ediciones de Medianoche-Universidad de Zacatecas, Mexique, 2011 (A apparaître en polonais en 2012).

Exposé:
Après la chute du mur de Berlin, l’effondrement du socialisme réel, la déclaration de la fin de l’histoire et la victoire du libre-échange, qui oserait encore mettre en question l’actuel paradigme hégémonique ? Où se trouvent les utopies et les projets alternatifs ? Dans un monde où l´american way of life se généralise et se globalise, qui seront les retardateurs qui se battront pour une société sans classes ? Sur une planète où l´on accepte soigneusement les règles imposées par la démocratie libérale-bourgeoise, qui seront les incrédules qui mettront en question ces normes ? La théologie de la libération est-elle morte elle aussi ?

Pour comprendre la reconfiguration et la pertinence de ce courant théologique, il importe de comprendre le nouveau contexte dans lequel se déroule la théologie de la libération d´aujourd’hui. L’Amérique latine n’est pas le continent le plus pauvre de la planète, mais il détient le degré de polarisation économique le plus élevé au monde. En ce sens, le sociologue Luis Gerardo Díaz Núñez avertit que le capitalisme –en tant que régime « trans-séculaire »- utilise le processus de mondialisation comme un véhicule afin de consolider des structures de domination dans cette région périphérique du monde qu´est l´Amérique latine.

Si auparavant, le pauvre fut la figure préférentielle de cette théologie, désormais, la victime –au sens benjaminien du terme– sera le sujet central dans son locus. La victime se dédouble entre d´une part le pauvre et d´autre part la nature, tous deux, ruinés par la grande industrie et la grande agriculture industrialisée –comme l’avait déjà bien décrit Marx dans son livre III du Capital- ; d’où la nécessité de repenser la lutte à partir des victimes du système hégémonique.

En réalité, les théologiens de la libération ont toujours souligné le caractère idolâtrique du capitalisme, ce qui les inquiétait n’était pas l’athéisme –en tant que critique à l´idéologie- ; mais bien plus la création des nouvelles idoles comme par exemple le marché. En ce sens, le marché –ou la logique du capitalisme- ; est dénoncé comme une dynamique sacrificielle qui nécessite des immolations. Ainsi, dans un contexte comme le nôtre, où le néolibéralisme ne fait qu’augmenter le niveau de pauvreté, l’actualité de la théologie de la libération réside dans sa critique à l’idéologie du capital.

Horaire
Vendredi 26 octobre
9h00 – 10h45
Amphipôle, salle 315.1
Panel – Revanche des superstructures: Religions et luttes pour l’émancipation

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