Une histoire de la révolution chilienne : le gouvernement Allende (1970-1973) vu “par en bas“.

Intervenant:
Franck Gaudichaud est docteur en science politique et Maître de conférence CF en Études Latino-américaines à l’Université Stendhal Grenoble 3. Il est également chercheur à l’Institut des langues et des cultures d’Europe et d’Amérique (ILCEA), membre du comité de rédaction des revues Dissidences et ContreTemps et Co-président de l’association France Amérique Latine. Il est l’auteur de Poder Popular y Cordones industriales. Testimonios sobre la dinámica del movimiento popular urbano durante el gobierno de Salvador Allende, Santiago, LOM-DIBAM, 2004 et d’ Etude sur la dynamique du mouvement social urbain chilien. « Pouvoir populaire » et Cordons industriels durant le gouvernement de Salvador Allende (1970-1973), (sous la direction de Michael Löwy), Université Paris 8, 2005 (à paraître aux Presses universitaires de Rennes – PUR, 2013).

Exposé:
L’Unité Populaire a marqué le XX° siècle. Elu sur la base d’une puissante mobilisation sociale, le médecin et parlementaire Salvador Allende prenait la tête du gouvernement avec pour ambition d’impulser – de manière pacifique – la « voie chilienne au socialisme », en pariant notamment sur la « flexibilité » des institutions et la « constitutionnalisme » des forces armées. Porté par deux grands partis ouvriers, le Parti communiste et le Parti socialiste, ce gouvernement sera violemment destitué, mille jours plus tard, suite au coup d’Etat du Général Pinochet, dont la dictature devient alors l’un des symboles du terrorisme d’Etat latino-américain. Hors, parmi les milliers de livres et d’articles consacrés à cette expérience essentielle du mouvement ouvrier international, on peut constater que l’immense majorité des écrits a été consacrée au système politique, à ses acteurs et à sa crise, aux jeux des partis et de l’État, au conflit parlementaire ou encore, dans un autre registre, à l’interventionnisme impérialiste états-unien. Au sein de l’historiographie dominante, toutes sensibilités confondues, l’UP est alors interprétée comme un moment de destruction du système de la démocratie représentative, sous le poids de la « polarisation » partisane et d’une destruction accélérée du centre politique. A rebours d’une telle interprétation, nous proposerons une histoire « par en bas » du processus révolutionnaire chilien, basée sur la respiration des luttes sociales, leurs formes d’organisation et leur rapport au politique, montrant le développement d’une crise d’hégémonie et la radicalisation du conflit de classe. En effet, un des champs qui reste largement à défricher sur le plan de la recherche est -paradoxalement- celui qui a trait à un des aspects les plus riches de cette période : les diverses expériences d’auto-organisation et de « pouvoir populaire », dont tout particulièrement celle des Cordons industriels, dans la périphérie de Santiago et de quelques grandes villes.

En outre des ouvrages de Franck Gaudichaud sur le sujet voir également:
• H. Cancino, La problemática del poder popular en el proceso de la vía chilena al socialismo 1970-73, Aarhus, Aarhus Universitet Press, 1988.
• J. Pinto (coord.), Y hicimos historia. La historia de la Unidad Popular, Santiago, LOM, 2005.

Horaire
Samedi 27 octobre
15h15 – 17h
Anthropôle, salle 2013
Panel – Histoire en lutte: Retour sur les ruptures des années 60-70

 

 

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