Le printemps québécois de 2012: nouveau cycle des luttes populaires

Intervenant:
Pierre Beaudet est Professeur à l’École de développement internationale et de mondialisation de l’Université d’Ottawa. Il est également rédacteur des Nouveaux Cahiers du socialisme, une revue politique et intellectuelle publiée au Québec deux fois l’an. Parmi ses autres implications, mentionnons qu’il est le fondateur du réseau Alternatives, membre du Comité international du Forum social mondial et collaborateur du CEDETIM.

Il a coordonné plusieurs ouvrages récents dont: Du prolétariat au précariat. Le travail à l’ombre du capitalisme contemporain (2012); Migrations. Stratégies, acteurs et résistances (2011); L’altermondialisme. Forums sociaux, résistances et nouvelles cultures politiques (2010); Introduction au développement international. Concepts, approches et acteurs (2008). Enfin, Pierre Beaudet a écrit plusieurs ouvrages dont: Qui aide qui ? Une brève histoire de la solidarité internationale au Québec (2009) et On a raison de se révolter. Chronique des années 1970 (2007).

Exposé:
Tout au long du printemps de 2012 et bien au-delà, une mobilisation populaire inédite s’est concrétisée au Québec. Inédite de son ampleur (plusieurs centaines de milliers de personnes), inédite de son contenu (la lutte pour le « bien commun » donc au-delà de revendications sectorielles ou spécifiques), inédite de son mode opératoire (organisation par réseaux, indépendance face aux grands appareils).

Certes, cette mobilisation s’inscrit dans la continuité des mouvements populaires dans le nouveau cycle qui s’amorce en 2011 lors du Sommet des peuples des Amériques et qui se poursuit quasiment sans interruption depuis sous la forme de grandes convergences sociales et de l’irruption d’un nouvel acteur politique (Québec Solidaire).

Mais la mobilisation en question indique également des moments de rupture. Sous l’initiative des nouvelles générations et notamment du mouvement étudiant, la convergence s’est trouvée un terrain plus affirmatif, plus cohérent, se démarquant (jusqu’à un certain point) du narratif traditionnellement dominant. C’est ainsi qu’une sensibilité explicitement anticapitaliste s’est exprimée, désengluée des cadres rigides antérieurs.

Autre trait caractéristique, l’organisation en réseaux, facilité par l’usage des médias sociaux, a permis de dépasser la géographie habituelle du mouvement populaire. Une nette inflexion s’est faite vers une citoyenneté active, agissant de manière autonome, tant à l’intérieur des mouvements (les « profs contre la hausse par exemple au sein de la Fédération des professeurs) qu’à l’extérieur (assemblées virtuelles ou physiques d’affinités). Devant l’émergence de ce groupe d’acteurs, Québec Solidaire qui dans une large mesure est le « répondant » de cette mouvance populaire et qui propose un autre discours sur le terrain politique institutionnel a été à la fois bousculé et transformé.

La communication permettra d’approfondir la dynamique en cours et de discuter le rôle des acteurs dans le contexte de la lutte sociale et politique prolongée qui va de toute évidence reconfigurer le et la politique au Québec dans les prochaines années.

Horaire
Vendredi 26 octobre
11h00 – 12h45
Amphipôle, salle 315.1
Panel – Combats actuels pour l’émancipation: Antécédents et enjeux du printemps érable québécois

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