L’état d’urgence et la hausse de la droite néo-nazie en Grèce: problèmes d’interprétation

Intervenant:

Dimosthenis Papadatos est candidat au doctorat au Département de Science Politique et d’Administration Publique de l’Université d’Athènes. Il est collaborateur de l’Institut de Nicos Poulantzas et du quotidien Avgi. Il est également rédacteur en chef du magazine en ligne Red Notebook. Il a participé à l’ouvrage collectif La République de Weimar et ses réveils actuels, récemment publié. Ses articles sur la droite néofasciste et métafasciste sont régulièrement publiés dans la presse et des revues spécialisées.

Exposé:

Jusqu’au début des années 2000, l’extrême droite grecque jouait un rôle politique marginal. La droite néo-nazi, en particulier,  connaissait des rendements électoraux autour de 0,2% depuis des nombreuses années. Mais avec le début de la crise économique en Grèce, il y a quatre ans, l’extrême droite grecque, dans ses différentes composantes (métafasciste et néofasciste), a déjà enregistré une croissance importante.
Une interprétation naïve attribue ce phénomène à un renforcement du «populisme». Malgré le fait que l’extrême droite s’adresse toujours à la «nation»et non pas au «peuple», ce discours anti-populiste tente d’assimiler le radicalisme de gauche avec l’ extrémisme de droite, en dénonçant une certaine tradition politique datant de l’après dictature de 1967-1974, ainsi que de cacher les accointances idéologiques et politiques communes entre l’extrême droite et la politique de l’ Etat – accointances, qui se sont multipliées durant les années de crise financière.
Mon intervention tentera de montrer les éléments de continuité qui existent entre le discours neo-nazi et celui d’ un Etat d’ Urgence qui déstigmatise l’extrême droite. Il s’agit d’un discours qui définit la crise et cherche à l’affronter sous le spectre d’ un anti-immigrationisme archaïque, d’une conception autoritaire de la sécurité et de la légalité et, finalement, d’ un anti-communisme renouvelé. A cause de la crise politique exacerbée par la politique du Mémorandum, ce discours commun à l’extrémisme de droite et l’extrémisme du centre permet aujourd’hui le renforcement des néo-nazis et fait courir à la démocratie le plus grand danger qu’elle ait à affronter depuis 1974.


Horaire
Vendredi 26 octobre
16h15 – 18h
Amphipôle, salle 201
Panel – L’extrême droite en Europe: Est-il toujours fécond le ventre de la bête immonde ?

 

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