Objectifs

Pour aborder le thème des relations police-médias, la journée d’étude privilégie le croisement des regards et des expériences afin de mettre en évidence les mécanismes concrets, les pratiques effectives et les influences réciproques entre les deux univers professionnels. Parmi les questions qui seront soulevées :

  • Quelle est l’influence des médias sur le travail policier et la construction d’une image publique de l’institution ?
  • Quelle est, en retour, l’influence de cette image publique et des dispositifs communicationnels de la police sur l’écriture journalistique ?
  • Comment la police, à travers ses actions et ses prises de parole dans l’espace public, renouvelle-t-elle les imaginaires, les discours médiatiques et les pratiques journalistiques ?

Ces questions amèneront à envisager des cas concrets et à interroger des phénomènes tels que :

  • L’utilisation des communiqués de presse et des conférences de presse par les services de police en Suisse romande ; plus largement le développement des cellules presse et communication au sein des institutions policières ;
  • Les sources officielles policières et leur place dans le compte-rendu journalistique ;
  • La place prise (ou à donner) aux images non journalistiques (vidéosurveillance, images amateurs) dans la relation police-médias ;
  • Les arrière-plans imaginaires, caractérisés par l’action non-stop et la répression, véhiculés par les médias de fiction. Leur influence sur la perception du travail policier.
  • Les technologies de l’information et de la communication (TIC) et leur influence sur les rapports de travail entre policiers et journalistes. Pensons par exemple aux réseaux sociaux de l’Internet, aux outils numériques portatifs (caméra et enregistreur miniaturisés, etc.), aux moyens de retransmission simultanée des conférences de presse, aux outils numériques du travail policier (iPhone, ordinateur embarqué, etc.).

Démarche inductive et participative : analyser des « situations de communication » avec les acteurs impliqués

Dans un objectif de dialogue entre les savoirs des universitaires et les savoirs-faire des praticiens, la journée d’étude vise à réunir des chercheurs en sciences sociales, des représentants de la police et des journalistes dans l’objectif de créer un espace de travail en commun. Une telle réflexion croisée entre acteurs de terrain, catalysée par les apports analytiques des chercheurs en sciences sociales, permettra une meilleure compréhension des logiques d’action de chacun et des modes de communication existants. Dans un contexte d’évolution et de diversification des formations dispensées aux professionnel-le-s des médias et de la police, il paraît en effet important de mieux cerner ces collaborations et d’explorer la multiplicité des situations de contact et de communication entre les policiers de terrain et les journalistes, notamment par l’intermédiaire des communicateurs/trices de police.

Les professionnel-le-s des médias et de la police proposeront, autant que possible, d’illustrer ces moments de contact afin que l’on puisse obtenir in fine une description fine des liens, des pratiques et des représentations qui existent entre les formes de l’intervention policière et celles des comptes rendus journalistiques.

Objectifs de la journée d’étude

Confirmant une tradition de la recherche sociologique à l’interface de la science et de la société, le Laboratoire de Sociologie de l’Université de Lausanne propose un espace de rencontre, de réflexion et de dialogue entre les professionnel-le-s et les scientifiques. En proposant un espace public participatif pour la police et les médias, cette journée d’étude se fixe trois objectifs principaux:

1. Faire le point sur la problématique « police et médias » en tant qu’objet de recherche académique et thématique spécifique de réflexivité professionnelle, en recourant à des intervenants locaux. Créer des liens entre ces pratiques locales et le développement actuel des réflexions au niveau international.

2. Établir un bilan des pratiques institutionnalisées et informelles qui ont lieu en Suisse romande, dans le domaine de la relation entre les sources policières et les comptes rendus journalistiques.

3. Interroger des problématiques nouvelles qui mettent au défi les deux univers professionnels, par exemple au niveau de leurs modes de communication, du développement de formations professionnelles, de leur investissement des outils du web, etc.