Por-Bajin

Por-Bajin

Une expédition archéologique en Sibérie du Sud

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Articles archivés dans la catégorie: L’expédition

20 août 2008 – Premier départ

20 août 2008 par Pascal Burgunder publié dans L'expédition | Commentaires fermés

L’heure des premiers départs a déjà sonné: une première équipe de fouilleurs quitte Por-Bajin après une longue nuit de fête. On accompagne les étudiants russes au son de la flûte de Micha. Les bagages sont entassés dans les microbus tandis que nos collègues, émus autant par les adieux que la perspective de rentrer chez eux, se calent dans les grands fourgons de l’armée russe, transformés en véhicule tout terrain de fortune. Le convoi s’ébroue finalement dans un nuage de suie et de poussière. On voit s’éloigner au loin ces bruyants engins semblables à des coléoptères maladroits.

20 août 2008 – Des hôtes venus du ciel

20 août 2008 par Pascal Burgunder publié dans L'expédition | Commentaires fermés

Un oiseau inattendu, lent à se poser sur l’herbe haute: c’est une apparition quasi anecdotique que celle d’un hélicoptère transportant quelques touristes fortunés en mal d’aventures. Survolant d’abord l’île de Por-Bajin, l’engin altier attérit finalement sur l’aire du camps et livre ses passagers à notre curiosité – des touristes russes en route pour le lac Baïkal accompagnés de leurs amis…suisses! La visite de la forteresse aura à peine duré deux heures – nos touristes reprennent les airs pour disparaître à l’horizon. 

Du mardi 13 au dimanche 17 août 2008

18 août 2008 par Pascal Burgunder publié dans L'expédition | Commentaires fermés

Les ruines de la forteresse de Por-Bajin ont livré des parois peintes à foison. Il s’agit le plus souvent de panneaux à fond blanc dépourvus de décor et retrouvés in situ ou juchant le sol. Les prélèvements d’ensembles peints exigent une démarche adaptée et préalablement discutée par l’archéologue et le restaurateur.

Nous avons la chance de pouvoir profiter de l’expérience de Gallina E. Veresotskaja, restauratrice attachée à l’Institut de recherche en restauration de Moscou. Elle est notre interlocutrice pour tous les prélèvements effectués par notre équipe. Les compétences de restauratrice de Fanny sont immédiatement sollicitées: aidée d’Iris et Sabina, elle entreprend le nettoyage d’un panneau peint tombé face contre terre. On procède à la consolidation du mortier épais de 4 à 5 mm avant d’opérer le prélèvement à l’aide d’une scie. 

Les investigations archéologiques menées par V.A. Zavialov à l’endroit de la porte d’accès à la forteresse de Por-Bajin  sont très complexes. La superstructure de la porte s’est effondrée dans l’incendie qui a ravagé une partie significative de la construction. Les couches d’argile qui la composaient, devenues orangées, témoignent, de la violence de l’incendie. Laure et Jill tentent d’amadouer ce monstre d’argile, aidées de Martin et de Lyndon, un jeune historien australien.

Du lundi 11 au mardi 12 août 2008

12 août 2008 par Pascal Burgunder publié dans L'expédition | Commentaires fermés

Les rives du lac Tere-Khol sont comme les gradins du théâtre où les puissances de la nature jouent sans discontinuer. Le spectacle des cieux est en perpétuel mouvement. De jour, c’est un cortège ininterrompu de nuages, de longues barbes défilent négligemment, quelques bedonnants esquissent un maladroit pas de danse pour laisser place à de hautaines altesses vaporeuses.

C’est en général le signal pour un changement tonitruant. On passe à l’acte suivant. Le ciel s’assombrit bien vite, des nuées menaçantes nous plongent dans une obscurité soudaine. La température chute, annonçant un nouveau cortège, bruyant. C’est alors le tintamarre d’un orchestre privé de chef, obéissant au seul caprice des vents et défilant le plus souvent le long des reliefs.

Notre camps reste épargné. Pour cette fois. La nuit offre un autre spectacle, silencieux et sublime. Des étoiles se décrochent de la voûte céleste pour tomber en bouquets. On croirait pouvoir les cueillir à la surface du lac pour les arranger avec des nénuphars.

L’autre soir, les éléments naturels se sont multipliés pour donner au cirque des montagnes le pressentiment de l’apocalypse. Les fumées qui s’émancipaient lentement des cimes ont finalement trahi leur origine. Le feu avait bien pris sur la montagne, transformant en baguettes de cendre les forêts de noueux. Le rouge de la braise ne le cédait en rien à l’éclat violent de l’orage.

Dimanche 10 août 2008

10 août 2008 par Arnaud Nicod-Clément publié dans L'expédition | Commentaires fermés

Manuel russe d’organisation de promenades

1. Fixer un premier rendez-vous à 10h
2. Repousser le rendez-vous d’une demi-heure
3. Repousser le rendez-vous d’une demi-heure
4. Idem, ad libitum
5. Vérifier que tout le monde ait pris assez d’eau en quantité suffisante
6. Marcher une bonne heure en observant une pause de cinq minutes toutes les dix minutes environ
7. Durant l’ascension, augmenter la fréquence ainsi que la durée des pauses
8. A l’approche du sommet, inviter les marcheurs à cueillir des myrtilles
9. Le sommet une fois atteint, admirer la vue et demander nonchalamment si quelqu’un a pensé à prendre de la nourriture
a. Si oui, se dépêcher de dîner pour ne pas arriver en retard au point de départ et pour qu’il reste du temps à consacrer à la cuillette des myrtilles
b. Si non, s’adonner joyeusement à la cueillette des myrtilles
10. Descendre rapidement et extrêmement prudemment sans prendre de photographies et profiter des nombreuses et interminables pauses pour cueillir des myrtilles
11. Prévoir un véhicule motorisé pour accueillir les blessés au bas de la montagne
12. Réquisitionner l’eau des plus prévoyants
13. Marcher une bonne heure en observant une pause de cinq minutes toutes les dix minutes environ
14. Arriver au point de départ
15. Prévoir le même itinéraire pour le dimanche suivant, mais en prenant par la droite au sortir des fourrés

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