Por-Bajin

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Une expédition archéologique en Sibérie du Sud

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Du lundi 11 au mardi 12 août 2008

12 août 2008 par Pascal Burgunder publié dans L'expédition | Commentaires fermés

Les rives du lac Tere-Khol sont comme les gradins du théâtre où les puissances de la nature jouent sans discontinuer. Le spectacle des cieux est en perpétuel mouvement. De jour, c’est un cortège ininterrompu de nuages, de longues barbes défilent négligemment, quelques bedonnants esquissent un maladroit pas de danse pour laisser place à de hautaines altesses vaporeuses.

C’est en général le signal pour un changement tonitruant. On passe à l’acte suivant. Le ciel s’assombrit bien vite, des nuées menaçantes nous plongent dans une obscurité soudaine. La température chute, annonçant un nouveau cortège, bruyant. C’est alors le tintamarre d’un orchestre privé de chef, obéissant au seul caprice des vents et défilant le plus souvent le long des reliefs.

Notre camps reste épargné. Pour cette fois. La nuit offre un autre spectacle, silencieux et sublime. Des étoiles se décrochent de la voûte céleste pour tomber en bouquets. On croirait pouvoir les cueillir à la surface du lac pour les arranger avec des nénuphars.

L’autre soir, les éléments naturels se sont multipliés pour donner au cirque des montagnes le pressentiment de l’apocalypse. Les fumées qui s’émancipaient lentement des cimes ont finalement trahi leur origine. Le feu avait bien pris sur la montagne, transformant en baguettes de cendre les forêts de noueux. Le rouge de la braise ne le cédait en rien à l’éclat violent de l’orage.

Dimanche 10 août 2008

10 août 2008 par Arnaud Nicod-Clément publié dans L'expédition | Commentaires fermés

Manuel russe d’organisation de promenades

1. Fixer un premier rendez-vous à 10h
2. Repousser le rendez-vous d’une demi-heure
3. Repousser le rendez-vous d’une demi-heure
4. Idem, ad libitum
5. Vérifier que tout le monde ait pris assez d’eau en quantité suffisante
6. Marcher une bonne heure en observant une pause de cinq minutes toutes les dix minutes environ
7. Durant l’ascension, augmenter la fréquence ainsi que la durée des pauses
8. A l’approche du sommet, inviter les marcheurs à cueillir des myrtilles
9. Le sommet une fois atteint, admirer la vue et demander nonchalamment si quelqu’un a pensé à prendre de la nourriture
a. Si oui, se dépêcher de dîner pour ne pas arriver en retard au point de départ et pour qu’il reste du temps à consacrer à la cuillette des myrtilles
b. Si non, s’adonner joyeusement à la cueillette des myrtilles
10. Descendre rapidement et extrêmement prudemment sans prendre de photographies et profiter des nombreuses et interminables pauses pour cueillir des myrtilles
11. Prévoir un véhicule motorisé pour accueillir les blessés au bas de la montagne
12. Réquisitionner l’eau des plus prévoyants
13. Marcher une bonne heure en observant une pause de cinq minutes toutes les dix minutes environ
14. Arriver au point de départ
15. Prévoir le même itinéraire pour le dimanche suivant, mais en prenant par la droite au sortir des fourrés

Semaine du lundi 4 au samedi 9 août 2008

9 août 2008 par Pascal Burgunder publié dans L'expédition | Commentaires fermés

Notre groupe prend ses quartiers sur le site de Por-Bajin et vient épauler les équipes touvaines, russes, bulgares et anglaises.

Laure, Jill et Martin sont dirigés vers la porte centrale de la forteresse, les autres rejoignent la fouille du bâtiment central.

Sarah et Arnaud s’initient à la fouille des fragments de peinture murale sur un secteur attenant au bâtiment central. Il faut procéder à un nettoyage méticuleux pour dégager des fragments d’enduits peints et des vestiges de charpente calcinée sur la couche.

Nathalie explore un secteur situé au pied de la plateforme sur lequel se dressait le bâtiment central. Les sondages et autres stratigraphies effectués précédemment à cet endroit offrent un aperçu saisissant du mode de construction de la plateforme et révèlent la présence d’une fosse.

Iris s’essaie également à la fouille de vestiges très délicats: les rails en bois d’une cloison peinte, les panneaux peints effondrés face contre terre et les restes carbonisés d’une structure en bois offrent une belle variété d’artefacts conservés souvent dans un état exceptionnel.

Sabina se voit attribuer la fouille d’un enchevêtrement de fragments d’enduits peints et de charpente calcinée. C’est là aussi un défi de patience et de méticulosité qu’elle relève après avoir prêté main forte à Iris. Le bâtiment étudié est relié au bâtiment central par une galerie couverte et en constitue le prolongement.

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