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	<title>Qu&#039;est-ce-que la guerre?</title>
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	<description>Une rencontre entre Art et Sciences sur le site de l&#039;Université de Lausanne</description>
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		<title>Dernière année, le début des opérations!</title>
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		<pubDate>Wed, 06 Jul 2011 14:51:41 +0000</pubDate>
		<dc:creator>rrivier</dc:creator>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>

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		<description><![CDATA[Voilà deux ans que nous complotons, réfléchissons, imaginons, programmons. Deux ans que la question de la guerre nous obsède et se révèle bien plus proche de nous-même que nous aurions pu le penser au départ. La dernière saison du projet &#8230; <a href="http://www3.unil.ch/wpmu/projetguerre/2011/07/derniere-annee-le-debut-des-operations/">Continuer la lecture <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Voilà deux ans que nous complotons, réfléchissons, imaginons, programmons. Deux ans que la question de la guerre nous obsède et se révèle bien plus proche de nous-même que nous aurions pu le penser au départ.</p>
<p>La dernière saison du projet arrive et tout est prêt. Les dates sont fixées, l&rsquo;équipe connue, pourtant il reste l&rsquo;essentiel, la réalisation! Que vont devenir ces années d&rsquo;exploration artistique et académique? Comment va se passer la rencontre avec le public?</p>
<p>De mon côté c&rsquo;est le dernier jour, je passe le relais pour le suivi des ateliers académiques et de la publication finale. Mais pour sûr je me réjouis du résultat et le rendez-vous est déjà pris pour la première de la pièce en mars 2012!<br />
<em>Raphaël Rivier</em></p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Un stage intensif</title>
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		<pubDate>Mon, 23 May 2011 14:17:14 +0000</pubDate>
		<dc:creator>rrivier</dc:creator>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>

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		<description><![CDATA[Ce furent 5 jours de travail intensifs pour les participants du stage de théâtre animé par Jean-Michel Potiron et Stéphane Kéruel. Du 27 avril au 1 mai 2011 ils se sont confrontés à la première esquisse du texte de &#171;&#160;Qu&#8217;est-ce &#8230; <a href="http://www3.unil.ch/wpmu/projetguerre/2011/05/un-stage-intensif/">Continuer la lecture <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Ce furent <strong>5</strong> jours de travail intensifs pour les participants du stage de théâtre animé par Jean-Michel Potiron et Stéphane Kéruel. Du 27 avril au 1 mai 2011 ils se sont confrontés à la première esquisse du texte de <strong>&laquo;&nbsp;Qu&rsquo;est-ce que la guerre?&nbsp;&raquo;</strong>, décortiquant, rabotant, et remaniant la matière dense récoltée et mise en écriture par Jean-Michel à l&rsquo;issue de deux années de recherches et d&rsquo;entretiens. Lors de la représentation de fin de stage, les participants nous ont fait partager leur cheminement et le résultat de leurs réflexions. <strong>Merci</strong> à eux et à Jean-Michel et Stéphane pour ce beau moment. <span id="more-551"></span></p>
<p><a href="http://www3.unil.ch/wpmu/projetguerre/files/2011/05/stage12.jpg" rel="lightbox[551]"><img class="size-full wp-image-554 alignleft" src="http://www3.unil.ch/wpmu/projetguerre/files/2011/05/stage12-e1306159982849.jpg" alt="" width="480" height="640" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Un commando artistique subversif?</title>
		<link>http://www3.unil.ch/wpmu/projetguerre/2011/04/un-commando-artistique-subversif/</link>
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		<pubDate>Fri, 01 Apr 2011 20:00:26 +0000</pubDate>
		<dc:creator>rrivier</dc:creator>
				<category><![CDATA[guerre]]></category>
		<category><![CDATA[journal]]></category>
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		<category><![CDATA[théâtre]]></category>

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		<description><![CDATA[Raphaël : L’humeur après ces deux semaines lausannoises ? Jean-Michel : un poisson d’avril, non ? R : une humeur poissonnière ? J-M : Non, heureux de « Tout ça, tout ça » (*spectacle présenté à la Grange) R : La réflexion du moment ? J-M : je repars à Besançon en &#8230; <a href="http://www3.unil.ch/wpmu/projetguerre/2011/04/un-commando-artistique-subversif/">Continuer la lecture <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Raphaël : </strong>L’humeur après ces deux semaines lausannoises ?<br />
<strong>Jean-Michel :</strong> un poisson d’avril, non ?<br />
<strong>R :</strong> une humeur poissonnière ?<br />
<strong>J-M : </strong>Non, heureux de « Tout ça, tout ça » <em>(*spectacle présenté à la Grange)</em><br />
<strong>R :</strong> La réflexion du moment ?<br />
<strong>J-M :</strong> je repars à Besançon en sachant qu’il faut que je réécrive ma première esquisse en distribuant le texte entre deux personnages, et qu’il faut que j’étoffe encore ce texte par de nouvelles lectures. Parce que je me demande s’il ne manque pas encore des dimensions : le rapport entre la guerre et l’économie, est-ce un problème qu’il faudrait aborder ou non, et le rapport entre l’humanisme et l’inhumanité, l’humanisme comme un barrage à l’inhumanité, réussite ou échec ? <span id="more-517"></span>Puisque je pense que le spectacle terminerait sur cet échec de l’humanisme contre l’humanité. Comme disait Sartre, on ne fait pas d’œuvre d’art avec des bons sentiments !<br />
Je veux aussi lire encore plusieurs textes, ceux de Fernand Brodel, « Civilisation matérielle du capitalisme » et « Grammaire des civilisations », pour la dimension guerre et économie, et concernant le barrage de l’humanisme je vais lire « le troisième chimpanzé » de Jared Diamond, toujours ce rapport de l’homme et de l’animal, et enfin un livre qui vient de sortir, « Les guerres du climat : pourquoi tue-t-on au 21<sup>e</sup> siècle » de Harald Welzer. Peut-être que je trouverai dans ce dernier livre des choses d’anticipation à côté desquelles il ne faudrait pas passer. Il y en a encore d’autres, mais voilà pour l’instant. J’ai recompté, pour l’heure j’ai lu 70 livres sur ma bibliographie de 150 ouvrages. Il y en a forcément là quelques uns que je regrette de ne pas pouvoir lire faute de temps. On sera toujours incomplet, c’est terrible ça ! J’aimerai assez peu être contesté <em>(rires)</em>. J’aimerai moi-même avoir le sentiment de ne pas me contester moi-même. Avec une question aussi large que celle que je pose, j’aimerai avoir eu le sentiment de toucher du doigt quelque chose. C’est un sacré sujet !<br />
<strong>R : </strong>tu y vois de plus en plus clair ?<br />
<strong>J-M : </strong>Oui, bien sûr ça s’éclaircit. Il y a des gens qui vont me contester, c’est évident, mais j’aimerai avoir les arguments d’y répondre ! Dans le livre « la fin de l’exception humaine », Jean-Marie Schaeffer dit très bien que l’humain n’est pas une exception et qu’il n’est pas au-dessus de l’animal. Il nous remet à notre place. Si on prend la catastrophe d’aujourd’hui au Japon. Quand tout va bien l’homme ne se pose pas ces questions là, mais lors d’une catastrophe, nous sommes bien obligés de nous les poser. On s’aperçoit que tout est lié. On a une activité humaine qui parfois détruit tout ce qui nous entoure. Aujourd’hui il y a donc un territoire qui est obligé de se poser la question de la place de l’homme dans la nature. Nous ne sommes pas indépendants. Et si nous pensons l’être, on va droit dans le mur ! ça nous impose donc une certaine humilité. Ce projet pose donc toutes ces questions là..<br />
<strong>R : </strong>T’attendais-tu à aller dans cette direction au début de ton projet ?<br />
<strong>J-M :</strong> Oui bien sûr, parce qu’au fond la question de l’homme est la seule qui m’intéresse. C’est de mieux me comprendre et de mieux nous comprendre. Et de partager cette compréhension. Je ne suis rien de plus qu’un autre homme et c’est ma manière de vivre que de me pencher sur cette connaissance. Mais on fait tous la même chose, nous sommes des êtres de connaissance, on s’interroge sur le sens de la vie, sur le sens de l’homme. On le fait tous à plus ou moins forte échelle. Moi je le fais de façon constante, par le biais de mon travail qu’est le théâtre. D’autres le font dans la recherche, pourquoi il y a des chercheurs ? pourquoi j’ai rencontré trente chercheurs ? Font-ils autre chose que moi ? Qu’est-ce qu’un chercheur ? Je suis un chercheur ! Eux aussi cherchent à mieux se connaître, mieux connaître l’homme.<br />
J’avais donc envie d’aller dans cette direction là, mais je n’étais pas sûr de trouver les auteurs qui s’étaient penchés de cette manière sur cette question. Quels livres fallait-il lire ? Et tout cela a été très long, ça a duré deux ans, et c’est pas fini ! Parce que la question de l’homme et une question immense et parce que nous la posons depuis le début de l’humanité et nous la poserons jusqu’à la fin. Je ne suis qu’un petit grain de sable là-dedans, qui essaye de formuler son propre questionnement.<br />
<strong>R : </strong>quelle sera la part de poésie ?<br />
<strong>J-M :</strong> Souvent quand on sort de mes spectacles, on me remercie du travail de lecture que je fais, parce que je leur épargne de lire tous ces livres. Mais je vais continuer de les lire parce que je vais toujours être inquiet en me disant que je suis passé à côté de quelque chose. Et je pense que l’inquiétude peut être un des moteurs de jeu. Je pense que nos personnages sont très inquiets, parce que quelle question ! Et parce que plein d’autres plus savants y ont répondu. L’inquiétude c’est ne pas à avoir atteint une vérité. Bien sûr la vérité n’existe pas mais on le dit parce que cela nous aide à avancer, à vivre. Et c’est important. Et ensuite d’autres vérités arrivent, etc…<br />
Pour la Guerre, les gens vont sentir que derrière le texte il y a beaucoup de livres. Et j’aime que les gens sortent avec la curiosité, l’avidité, la soif de lire à leur tour. C’est comme si on est transitoire, nous sommes qu’un petit bout de l’Iceberg. Au théâtre je m’ennuie souvent s’il n’y pas une recherche artistique forte et/ou s’il n’y a pas un contenu. Je fais des spectacles ou le contenu est ailleurs, il y a un décalage et c’est ce pas de côté qui est intéressant. Et je fais d’autres spectacles qui sont des gros gâteaux, bien lourds, pas faciles à digérer. Donner à manger.<br />
<strong>R :</strong> Comment les rendre appétissants ?<br />
<strong>J-M : </strong>Ben j’essaye… C’est une galère inimaginable ! Pour mes autres spectacles c’était pareil. Combien de fois j’ai pensé que c’était fini, que c’était la bonne, et puis non. Et il faut repartir en péril face au public. Mais je ne peux pas faire l’épargne de cette étape là. A partir du moment où il n’y pas de recette, pas de grammaire préétablie, le danger est plus grand. Le risque est terrible. Pour d’autres spectacles la grammaire est pré écrite, c’est donc plus détendu, plus confortable. Là, bien sûr je m’appuie sur quelques recettes, mais je n’ai pas envie de me répéter, j’aimerai bien réussir à inventer une autre grammaire, une autre recette. D’où cette envie de travailler en duo avec Stéphane Keruel. La difficulté à venir sera d’être à la fois sur scène et en dehors. En fait les conditions idéales seraient d’avoir encore un an pour être sûr d’avoir fait le tour des textes, et ensuite avoir le temps pour la production. Mais les réalités font que nous ne pouvons pas avoir ces conditions là. Je nous considère donc avec Stéphane comme un commando : nous avons une mission et nous devons la réaliser ! (<em>rires</em>) Pour mon spectacle Protesto, j’avais vingt ans de lectures derrière moi. Pour la guerre, j’essaye de faire la même chose en trois ans et sans la Grange je n’aurai pas pu le faire.<br />
<strong>R :</strong> Tu es donc obligé d’être moins exhaustif dans tes lectures<br />
<strong>J-M :</strong> Oui et c’est là qu’on peut être discutable et contestable. On peut défoncer les portes ouvertes, etc.. C’est ma grande inquiétude ! Stéphane m’a lu les définitions de « commando », et parmi celles-ci, on y trouve l’idée de personnes faisant une action subversive. Je ne sais pas si nous serons subversifs, par contre je pense qu’il y aura un décalage, que nous ne serons pas placés là où s’attendent les gens. Est-ce là de la subversion ? Je ne pense pas mais qui sait ?</p>
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		<title>La guerre, notre poésie</title>
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		<pubDate>Tue, 22 Mar 2011 14:58:07 +0000</pubDate>
		<dc:creator>rrivier</dc:creator>
				<category><![CDATA[guerre]]></category>
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		<description><![CDATA[Raphaël : Quelle est ton humeur après cet hiver de travail et d’écriture à Besançon ? Jean-Michel : Concentré ! R : Quelle sont les lectures qui te nourrissent en ce moment ? J-M : Wolfgang Sofsky, qui a écrit « L&#8217;Ère de l&#8217;épouvante » et « Le traité de &#8230; <a href="http://www3.unil.ch/wpmu/projetguerre/2011/03/la-guerre-notre-poesie/">Continuer la lecture <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Raphaël :</strong> Quelle est ton humeur après cet hiver de travail et d’écriture à Besançon ?<br />
<strong>Jean-Michel :</strong> Concentré !</p>
<p><strong>R : </strong>Quelle sont les lectures qui te nourrissent en ce moment ?<br />
<strong>J-M :</strong> Wolfgang Sofsky, qui a écrit « L&rsquo;Ère de l&rsquo;épouvante » et « Le traité de la violence ». Dominique Lestel aussi qui parle de la frontière entre l’homme et l’animal. Parce que je « refuse » la pensée selon laquelle nous ne sommes pas des animaux. Je me sens bien animé de pulsions. Comme le dit P. Magistretti, l’animal est génétiquement prédéfini. Il a des instincts, il n’a pas de liberté. <span id="more-508"></span>En revanche, l’homme part d’une carte blanche, il doit se faire, s’écrire. On ne naît pas homme, on le devient. Mais on ne vient pas de nulle part et je pense que le spectacle « Qu’est-ce que la guerre ? » le dira. Je me suis d’ailleurs amusé dans le manuscrit auquel je travaille, à refaire l’arbre généalogique de l’homme. Ce sont des noms savants pas possibles, mais dans cette carte d’identité de l’homme, il y a bien à un moment donné une branche qui rejoint celle des primates. On a en nous ce point commun, on est quand même des animaux, on a une part animale, nous sommes des mammifères. Nous sommes uniques, mais quelle est cette unicité, sommes-nous exceptionnels ? Je vais lire « La fin de l&rsquo;exception humaine » de Jean-Marie Schaeffer. Nous gardons cette part animale. C’est de ça que parle également Peter Sloterdijk dans « Règles pour le Parc humain ». J’ai envie de parler de cela, parce que beaucoup de chercheurs, que j’ai rencontré ici dans cette roulotte, sont dans une sorte de déni de notre animalité, ils cherchent à expliquer la guerre ou notre violence pour d’autres raisons que cette part là, nos pulsions de destructivité. Et puis il y aussi la part inconsciente. Comme dit Pierre Magistretti, on n’a peut-être pas envie d’entendre parler de cela. Si l’inconscient existe, et j’y crois beaucoup, il y a toute une part d’inconnu qui nous meut et qui n’est pas rassurante et qu’il faut aussi questionner.</p>
<p><strong>R :</strong> Où en es-tu de ton questionnement sur les pulsions de destruction et de création ?<br />
<strong>J-M :</strong> Ce sont les pulsions de vie – Eros &#8211; et de mort – Thanatos &#8211; décrites par Freud. Ça m’intéressait d’observer les personnes qui, à l’intérieur de leur pratique artistique, sont dans des pulsions de destructivité. Mais pour l’instant je n’ai pas encore pu me pencher sur cette question et je ne sais pas si j’en aurai le temps.</p>
<p><strong>R :</strong> Tu te concentres donc sur la question de l’humanité et de l’inhumanité ?<br />
<strong>J-M :</strong> Oui. Pour l’art comme arme, j’ai essayé de voir parmi les auteurs qui me plaisent quelles sont leur pratique. Pour quelqu’un comme Bernard Noël par exemple, une arme serait un art qui donne du sens. Rien que de donner du sens, d’avoir une position de questionnement, de lutter contre le non-sens, peut déjà être une arme.</p>
<p><strong>R :</strong> Et dans ton écriture ?<br />
<strong>J-M : </strong>Pour l’instant j’ai aussi mis de côté cette question d’art comme arme. Je me suis vraiment concentré sur l’humanité et l’inhumanité et ce livre de Sloderdijk, que je découvre ces jours, apporte je pense beaucoup de réponses à cette question. Parce qu’il y a la foi dans l’humanisme qui pourrait être un frein, un barrage à l’inhumain. Foi en laquelle je crois un peu mais que Sloderdijk remet en cause. Il remet en cause cette puissance de l’humanisme dans une vision un peu pessimiste, et cela m’intéresse.</p>
<p><strong>R : </strong>Et concrètement où en es-tu de ton travail de création ?<br />
<strong>J-M :</strong> J’ai commencé à coucher sur le papier un début de manuscrit, 18 pages pour l’instant. Et maintenant j’essaye d’une part de les compléter, c’est pour ça que je me suis relancé dans de nouvelles lectures, et d’autre part j’essaye de définir un agencement de ce que j’ai écrit. Je me demande également dans quelle mesure tout sera dit texto sur scène ou est-ce que ce sera un matériel, point de départ d’une création qui se fera sur scène. Demain je lirai mes 18 pages à Christian Denisart et à Stéphane Kéruel pour avoir les premiers retours.<br />
Pour l’instant mon manuscrit commence par les idées de Konrad Lorenz qui parle des animaux et de son observation des poissons et des oiseaux. Dans son étude il s’interroge sur les couleurs criardes et vives de certains poissons. En fait il a montré que ces poissons là étaient très agressifs et que cette vivacité de couleur signifiait aux autres « danger », « ceci est mon territoire ». Ce qui me plaît dans cet exemple est que derrière ce qui pourrait être naïvement vu comme une simple beauté, se cache quelque chose de très agressif et belliqueux. Konrad Lorenz fait le même raisonnement avec le chant des oiseaux. Nous pouvons ainsi trouver beau quelque chose qui cache une certaine violence. Voilà pour l’instant je commence par là, par cette naïveté de trouver une beauté qui peut cacher l’horreur. Ensuite j’explore cette frontière entre l’homme et l’animal. A travers treize personnages qui passent, un peu comme tous ces gens qui passaient pour tenter St Antoine.<br />
J’ai trouvé une nouvelle piste ce matin dans ce « traité de la violence ». Wolfgang Sofsky parle des spectateurs et de notre amour de l’horreur, de notre penchant pour le sang et notre voyeurisme. Oui, nous sommes très voyeurs, et peut-être la guerre existe-t-elle aussi en raison de notre voyeurisme. W. Sofsky parle des combats de gladiateurs et des hommes qu’on livrait aux lions et aux ours. En le lisant, je me suis demandé si j’y serais allé, et en fait certainement oui. Un des premiers réflexes serait de dire non, ma volonté me l’interdirait mais en fait oui. Pareil pour les exécutions et les tortures du Moyen Age. Horrible mais peut-être fascinant, non ? Voilà une dimension à laquelle je n’avais pas encore songé, le spectateur. Il y a un public pour la guerre. Aujourd’hui, avec les événements, il y a une très forte demande pour les journaux, etc…</p>
<p><strong>R :</strong> Et qu’en est-il aujourd’hui de la fin de ta pièce ?<br />
<strong>J-M :</strong> Je pense que de toutes manières cela va tourner autour de cette question de l’humanisme, de la défaite de l’humanisme.</p>
<p><strong>R :</strong> Qu’en est-il de l’observation froide?<br />
<strong>J-M : </strong>Je me laisse guidé par mes lectures. Je voudrais que toutes ces lectures dont on aura une trace dans la pièce aient l’air d’un fourre-tout mais de fait très construit. On commence par un philosophe qui interpréterait la guerre par la pensée et ensuite on « descend ». On passe de l’explication rationnelle à quelque chose de plus enfoui, de plus sourd. Il s’agira donc d’une descente dans nos instincts. C’est un voyage dans le noir, dans notre part maudite selon Bataille, notre part obscure.<br />
Dans son livre « humain, trop humain », Nietzsche interroge notre générosité. Il ne s’agit pas de pur altruisme mais d’une attente d’un retour. Nous serions donc tous animés par nos intérêts. L’homme ne pense qu’à lui. Nietzsche fait donc le lien avec ce que disait la Rochefoucauld, et dit de lui qu’il voyage dans le noir, mais dans le noir de la nature humaine. Je retiens cette idée là, dans le noir, mais dans le noir de la nature humaine, ce qui pourrait devenir le titre. « Qu’est-ce que la guerre ? », c’est un désir d’autoportrait de ce que nous sommes, par la pensée, par la langue et par les mots, non pas par les images. Autoportrait de ce que nous sommes, Ni optimiste, ni pessimiste.</p>
<p>Un autre titre possible serait d’Hannah Arendt. Hannah Arendt est une des plus belles lectures que j’ai faite l’année dernière, mais je ne vais malheureusement pas pouvoir en parler dans mon spectacle, parce qu’elle prend un autre chemin. J’ai un problème avec les femmes : une fois de plus je n’aurais peut-être pas un texte de femme dans mon spectacle, parce que je n’en ai pas trouvé dans la direction qui m’intéresse, l’autoportrait. J’aimerai bien que quelqu’un me parle d’une femme qui aurait écrit sur la guerre dans ce sens de l’autoportrait. Simone Veille en parle également mais de façon trop partisane.</p>
<p><strong>R :</strong> et ce second titre possible serait donc ?<br />
<strong>J-M : </strong>Cette phrase de Hannah Arendt, qu’elle a retiré de Karl Marx, « la guerre, leur poésie ». Et comme je veux m’inclure, je dirais plutôt : « la guerre, notre poésie ».</p>
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		<title>Dans le noir de la nature humaine</title>
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		<pubDate>Wed, 19 Jan 2011 09:21:57 +0000</pubDate>
		<dc:creator>rrivier</dc:creator>
				<category><![CDATA[guerre]]></category>
		<category><![CDATA[journal]]></category>
		<category><![CDATA[théâtre]]></category>

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		<description><![CDATA[Message de Jean-Michel que j&#8217;imagine sous une montagne de livres et de transcriptions. Raphaël, Souvent, tu m&#8217;as demandé :  &#171;&#160;Si aujourd&#8217;hui tu démarrais ton spectacle, quelle serait la première phrase ?&#160;&#187; Alors, à ce jour, je ne peux pas encore &#8230; <a href="http://www3.unil.ch/wpmu/projetguerre/2011/01/dans-le-noir-de-la-nature-humaine/">Continuer la lecture <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><em>Message de Jean-Michel que j&rsquo;imagine sous une montagne de livres et de transcriptions. </em></p>
<p>Raphaël,<br />
Souvent, tu m&rsquo;as demandé :  &laquo;&nbsp;Si aujourd&rsquo;hui tu démarrais ton spectacle, quelle serait la première phrase ?&nbsp;&raquo; Alors, à ce jour, je ne peux pas encore te dire qu&rsquo;elle sera la première phrase de mon spectacle, en revanche, je peux te faire connaître les deux premières phrases &#8211; en exergue &#8211; de mon manuscrit. Tu me reconnaîtras bien là. Ces phrases sont d&rsquo;ailleurs si importantes qu&rsquo;elles deviendront peut-être&#8230; les deux premières phrases du spectacle&#8230; :</p>
<p>« Au lieu de dire et de vouloir prouver que la guerre est horrible à voir, inhumaine et ainsi du reste, <span id="more-456"></span>ce qui est trop évident et ne sert à rien, j’essaierai de dire exactement ce que c’est, comment cela se prépare, survient et dure,<strong> de façon que chacun saisisse en quoi il a voulu la guerre.</strong> Idée douloureuse, que chacun repousse au premier mot. Si cela te semble trop dur, jette le livre.» Mars ou la guerre jugée, Alain</p>
<p>« Notre principal effort dans cet ouvrage a été de laisser de côté la méthode dont des milliers d’exemples ont démontré l’inutilité et le caractère illusoire : à savoir l’exercice de stérile rhétorique consistant à justifier les guerres ou à les condamner, à en faire l’apologie ou la diatribe. <strong>Dans cet ouvrage nous évitons les jugements moraux et, plus encore, les lamentations sur la cruauté de la guerre.</strong> Nous avons, répétons-le, à rechercher avec le plus d’objectivité possible, surtout quels sont ses effets et ses fonctions.» Traité de polémologie, sociologie des guerres, Gaston Bouthoul.</p>
<p style="text-align: left">Et peut-être aussi, un titre pour le spectacle ! Inspiré d&rsquo;une phrase de Nietzsche, titre évidemment provisoire :</p>
<p style="text-align: center"><strong>Dans le noir,<br />
mais dans le noir de la nature humaine</strong></p>
<p style="text-align: left">Bien à toi.<br />
Jean-Michel</p>
]]></content:encoded>
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		<title>L&#8217;indifférence armée</title>
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		<pubDate>Fri, 10 Dec 2010 17:27:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator>rrivier</dc:creator>
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		<category><![CDATA[guerre indifférence neutralité sade]]></category>

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		<description><![CDATA[Raphaël: ton humeur après cette semaine passée à Lausanne? Jean-Michel: tout va bien, je lis, lis et lis encore! R: Quelle est la réflexion qui te nourrit en ce moment? J-M: Une espèce d&#8217;intime conviction que je n&#8217;ai pas à &#8230; <a href="http://www3.unil.ch/wpmu/projetguerre/2010/12/lindifference-armee/">Continuer la lecture <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Raphaël:</strong> ton humeur après cette semaine passée à Lausanne?<br />
<strong>Jean-Michel: </strong>tout va bien, je lis, lis et lis encore!</p>
<p><strong>R:</strong> Quelle est la réflexion qui te nourrit en ce moment?<br />
<strong>J-M: </strong>Une espèce d&rsquo;intime conviction que je n&rsquo;ai pas à me préoccuper de traduire la guerre. J&rsquo;ai pu encore vérifier cette semaine (cf. &laquo;&nbsp;<a href="http://www3.unil.ch/wpmu/projetguerre/2010/12/une-guerre-personnelle/">Une guerre personnelle</a>&laquo;&nbsp;) que tous ceux qui ont abordé le sujet ont fait cette tentative de traduction, ce qui est un penchant normal. Il est normal de tenter de traduire par la peinture, la littérature, la langue, ce qu&rsquo;est le phénomène de la guerre, souvent dans le but de nous dire que c&rsquo;est insupportable, violent, tragique, et avec un engagement pacifiste. Cela nous met donc nous spectateurs dans la position de devoir l&rsquo;être, de devoir adhérer à une sorte de parti pacifiste.  Toutes les pièces de théâtre que j&rsquo;ai lu, de Lars Noren, d&rsquo;Edward Bond par exemple, toutes ces pièces de guerre montrent  l&rsquo;horreur de la guerre et plongent l&rsquo;acteur et le spectateur dans sa cruauté. Cette démarche est louable mais ce n&rsquo;est pas mon sujet.<span id="more-409"></span><br />
J&rsquo;ai envie de relire Sade. Peut-être y trouverais-je un développement, une description de nos pulsions de cruauté. Sade fait le contraire, il ne nous dit pas de ne pas le faire, il nous dit de le faire! Il y a comme une autorisation, une apologie, et cela est peut-être bien plus fort que ces dénonciations pacifistes.<br />
Dans le spectacle que nous avons vu ensemble, &laquo;&nbsp;<a href="http://www3.unil.ch/wpmu/projetguerre/2010/12/une-guerre-personnelle/">Une guerre personnelle</a>&laquo;&nbsp;, il s&rsquo;agit d&rsquo;une personne russe qui parle de la guerre en Tchétchénie. Elle a donc peut-être une raison engagée en rapport à son gouvernement. Comment parle-t-on de cette guerre en Russie? Il y a peut-être une raison très locale à monter ce spectacle. Il s&rsquo;adresse sans doute aux Russes, et de façon très impliqué.<br />
De mon côté je ne sais pas encore si je vais réussir à réaliser mon spectacle mais je veux essayer d&rsquo;être presque froid et indifférent. A la manière d&rsquo;un extraterrestre découvrant le phénomène guerrier, sans implication. C&rsquo;est peut-être cette distance mon &laquo;&nbsp;arme&nbsp;&raquo; face à un tel sujet, de refuser d&rsquo;utiliser le pathos au risque de me faire accuser de désengagement, peut-être.</p>
<p><strong>R: </strong>Avec qui voudrais-tu en discuter?<br />
<strong>J-M:</strong> Sade peut-être, pour son rapport à la cruauté qu&rsquo;il souligne en nous. Le conditionnement qui peut réveiller chez chacun de nous notre potentiel de cruauté. Dans &laquo;&nbsp;Si c&rsquo;est un homme&nbsp;&raquo;, Primo Levi décrit la vie dans les camps. Ce qui m&rsquo;a le plus étonné c&rsquo;est qu&rsquo;il décrit le moment qui suit le départ des Allemands comme le moment le plus cruel, malgré l&rsquo;intolérable et immense cruauté qui a précédé. Parce que il s&rsquo;agit là encore, plus que jamais, de vie ou de mort. Dans ces conditions la survie prime souvent sur l&rsquo;humanité. C&rsquo;est donc l&rsquo;environnement, le conditionnement qui fait que l&rsquo;on peut faire acte d&rsquo;inhumanité. Et cela on ne le prévoit pas, on ne peut pas deviner comment l&rsquo;on réagirait. Et comme le dit Primo Levi on est surpris de voir qui se comporte comment.<br />
Lors des entretiens, c&rsquo;est <a href="http://www3.unil.ch/wpmu/projetguerre/lenquete-interdisciplinaire/les-entretiens-de-vous-a-lartiste/">Isaac Pante</a> qui a beaucoup insisté  sur cette idée de conditionnement. Je vais lire son livre &laquo;&nbsp;Passé par les armes&nbsp;&raquo;.</p>
<p><strong>R: </strong>Quel serait le début de ton spectacle aujourd&rsquo;hui?<br />
<strong>J-M:</strong> Une phrase de Faust de Goethe. &laquo;&nbsp;Je n&rsquo;imagine point pouvoir enseigner quoique que ce soit pour améliorer ou convertir les humains&nbsp;&raquo;. Cela me parle. Dans mon spectacle je veux être neutre, désengagé, indifférent, sans chercher à militer pour améliorer l&rsquo;homme. L&rsquo;homme est ce qu&rsquo;il est et j&rsquo;en suis un. Cette position, cette indifférence est peut-être une arme.</p>
<p><strong>R: </strong>Une neutralité armée?<br />
<strong>J-M: </strong>Ce n&rsquo;est peut-être pas pour rien que le spectacle se crée ici en Suisse&#8230; (rires)</p>
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		<title>&#171;&#160;Une guerre personnelle&#160;&#187;</title>
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		<pubDate>Thu, 09 Dec 2010 16:06:40 +0000</pubDate>
		<dc:creator>rrivier</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Mercredi 8 décembre, Jean-Michel et moi sommes allés au théâtre de Vidy voir &#171;&#160;Une guerre personnelle&#171;&#160;,  par le Théâtre KnAM d&#8217;après &#171;&#160;Alkhan-Yourt&#160;&#187; (dans La couleur de la guerre) et autres récits inédits d&#8217;Arkadi Babtchenko. Théâtre documentaire témoignant de la guerre &#8230; <a href="http://www3.unil.ch/wpmu/projetguerre/2010/12/une-guerre-personnelle/">Continuer la lecture <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Mercredi 8 décembre, Jean-Michel et moi sommes allés au théâtre de Vidy voir &laquo;&nbsp;<a href="http://www.vidy.ch/spectacle/une-guerre-personnelle">Une guerre personnelle</a>&laquo;&nbsp;,  par le Théâtre KnAM d&rsquo;après &laquo;&nbsp;Alkhan-Yourt&nbsp;&raquo; (dans <em>La couleur de la guerre</em>) et autres récits inédits d&rsquo;Arkadi Babtchenko.</p>
<p><a href="http://www3.unil.ch/wpmu/projetguerre/files/2010/12/12guerre_tatiana_frolova_c_Kirill_Khanonkov.jpg" rel="lightbox[392]"><img class="size-thumbnail wp-image-393 alignleft" src="http://www3.unil.ch/wpmu/projetguerre/files/2010/12/12guerre_tatiana_frolova_c_Kirill_Khanonkov-150x150.jpg" alt="" width="150" height="150" /></a></p>
<p>Théâtre documentaire témoignant de la guerre en Tchétchénie, en langue russe sous titré français. Utilisation d&rsquo;une caméra filmant les comédiens en direct, un écran au lointain. L&rsquo;image nous rappelle notre façon de vivre les guerres à travers le prisme des médias. Sur scène, chacun est tantôt acteur parfois caméraman. La projection évite ainsi la confusion, elle installe une distance entre la réalité d&rsquo;un plateau et celle du véritable théâtre des opérations. On ne joue pas à la guerre, on en rend compte à travers les mouvements des acteurs et les mots des témoignages parfois dits, parfois filmés.<span id="more-392"></span></p>
<p>Les acteurs ne se touchent pas ou peu, isolés, livrés à eux-mêmes, chacun dans son propre combat, sa guerre personnelle. Dans l&rsquo;air le bruit des balles et des bombes, l&rsquo;odeur de la poudre, sur scène de la terre et de l&rsquo;eau. La guerre c&rsquo;est le bruit, la pluie, le froid. La terre légère et belle devient boue, gadoue, elle blesse les visages et les corps, les recouvre. Sous les projecteurs la guerre prend alors les traits de cette nature qui  dépasse les humains, les frigorifie, les trempe, les perd entre tempêtes  et accalmies, puis les enterre.</p>
<p>Beau spectacle, on est touché par le récit de cette guerre là, son actualité et sa réalité. Mais peut-on parler de la guerre sans impliquer nos émotions, sans en affirmer notre dégoût? La nature est-elle la seule voie pour traduire l&rsquo;horreur de la guerre? Ne pourrait-on pas en parler froidement ? La disséquer?</p>
<p>A l&rsquo;issue de ce spectacle nous repartons donc avec quelques questions de plus, mais quelques décisions aussi&#8230;</p>
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		<title>Repli au chaud</title>
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		<pubDate>Tue, 07 Dec 2010 12:52:56 +0000</pubDate>
		<dc:creator>rrivier</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Non classé]]></category>

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		<description><![CDATA[Lundi 6 décembre, Jean-Michel est de retour sur Lausanne pour une semaine! Face au froid, nous décidons de nous replier et d&#8217;installer nos quartiers d&#8217;hiver à l&#8217;intérieur de la Grange. On investit les loges, le foyer et le bureau du &#8230; <a href="http://www3.unil.ch/wpmu/projetguerre/2010/12/repli-au-chaud/">Continuer la lecture <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Lundi 6 décembre, Jean-Michel est de retour sur Lausanne pour une semaine! Face au froid, nous décidons de nous replier et d&rsquo;installer nos quartiers d&rsquo;hiver à l&rsquo;intérieur de la Grange. On investit les loges, le foyer et le bureau du théâtre.<br />
Lundi soir représentation de &laquo;&nbsp;Protesto! Solo inutile pour une culture qui cultive&nbsp;&raquo; dans le cadre du cours de gestion culturelle organisé par Ana Rodriguez. Un grand merci pour son accueil.<br />
Mardi journée bien remplie, cinéma, philosophie et psychologie sont au rendez-vous! La semaine démarre à toute bombe!</p>
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		<title>Tout le monde à l&#8217;abri!</title>
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		<pubDate>Fri, 03 Dec 2010 14:53:29 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www3.unil.ch/wpmu/projetguerre/files/2010/12/DSC01186.jpg" rel="lightbox[349]"><img class="size-large wp-image-350 alignnone" src="http://www3.unil.ch/wpmu/projetguerre/files/2010/12/DSC01186-1024x768.jpg" alt="" width="512" height="384" /></a></p>
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		<title>Une encyclopédie des guerres&#8230; drôle de pari</title>
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		<pubDate>Mon, 29 Nov 2010 16:43:22 +0000</pubDate>
		<dc:creator>rrivier</dc:creator>
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		<category><![CDATA[paris]]></category>

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		<description><![CDATA[Jeudi 25 novembre, Paris, à la rencontre d&#8217;un encyclopédiste des guerres. A peine arrivé, je retrouve les sensations de la capitale française, une gare-de-Lyon comme une ville avec ses places et ses entrées nord-sud-est-ouest et ses panneaux indiquant mille et &#8230; <a href="http://www3.unil.ch/wpmu/projetguerre/2010/11/une-encyclopedie-des-guerres-drole-de-pari/">Continuer la lecture <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Jeudi 25 novembre, Paris, à la rencontre d&rsquo;un encyclopédiste des guerres.<br />
A peine arrivé, je retrouve les sensations de la capitale française, une gare-de-Lyon comme une ville avec ses places et ses entrées nord-sud-est-ouest et ses panneaux indiquant mille et un numéros comme autant de directions, de possibilités, de musées et de théâtres!  Halte là, cette fois la tactique est claire, il n&rsquo;est pas question que je me débatte encore avec le plan du métro parisien, perdu sous un bombardement boulimique d&rsquo;offres culturelles.<br />
A l&rsquo;extérieur, j&rsquo;essuie le feu de l&rsquo;hiver quelques instants avant de mettre plein cap sur le centre Beaubourg!<span id="more-336"></span></p>
<p>Là, une petite foule hétéroclite se retrouve calmement au sous-sol  pour assister à la vingtième de l&rsquo;encyclopédie des guerres de Jean-Yves Jouannais. Une casquette militaire, des écharpes théâtrales, pacifistes de passage, curieux révolutionnaires et aficionados sont là, les portes s&rsquo;ouvrent, de la place pour tous, on s&rsquo;installe, il fait bon chaud.</p>
<p>Sur scène un écran et de côté une table éclairée par une petite lampe de bureau. Passé le générique de jeux vidéos, Jean-Yves Jouannais nous accueille et, peu sûr, nous donne son objectif du jour: &laquo;&nbsp;exécution&nbsp;&raquo;! De &laquo;&nbsp;épreuves&nbsp;&raquo; à &laquo;&nbsp;exécution&nbsp;&raquo;. C&rsquo;est peut-être là toute l&rsquo;utopie de son projet&#8230;</p>
<p>Après un préambule sur l&rsquo;intrusion naturelle de la subjectivité jusque dans une œuvre d&rsquo;encyclopédie, Jean-Yves Jouannais se lance à corps perdu dans les mots, ajoutant des entrées oubliées, en complétant d&rsquo;autres, se laissant guider par des citations littéraires, des images. Et si l&rsquo;on tirait pour que le bruit calme notre peur et s&rsquo;il l&rsquo;on criait pour ne plus entendre les justes reproches de nos adversaires, et s&rsquo;il l&rsquo;on faisait la guerre pour inventer un mot? La guerre est surpassée par l&rsquo;art, bien que tragique et inacceptable elle en devient petite, par trop humaine et tristement naturelle. Il n&rsquo;en reste qu&rsquo;une image, un livre, une expression, un mot, voire plus qu&rsquo;une syllabe.</p>
<p>Étonnant ou détonnant. On reste ensuite, on parle, traqué par un micro géant, des conversations s&rsquo;installent, on s&rsquo;étonne, on parle des mots, de la langue, de cette langue qui est notre arme pour dire et traduire la guerre. On se raconte des anecdotes, si terribles qu&rsquo;on finit par en rire devant le buffet. Puis on quitte la chaleur de ce hall de musée et l&rsquo;hiver se rappelle à nous.</p>
<p>(élément de bibliographie apporté par J-Y Jouannais: W.G. Sebald &#8211; De la destruction comme élément de l’histoire naturelle, Actes Sud - Lettres allemandes 2004)<br />
- Plus d&rsquo;informations sur le site du <a href="http://www.centrepompidou.fr/Pompidou/Manifs.nsf/AllCycle/Jean-Yves%20Jouannais?OpenDocument">centre Pompidou</a> -</p>
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