DécriGraph: Apprendre à lire et interpréter les graphiques

En criminologie, ainsi que dans de nombreuses autres disciplines, on est souvent amené à devoir lire et interpréter des données présentées sous forme de graphique. Bien qu’à priori simple, donner une description raisonnée et bien structurée d’un graphique peut en réalité se révéler ardu.

Partant du constat que les étudiants ne disposaient pas de toutes les compétences nécessaires pour faire un bon usage des graphiques, le projet FIP DécriGraph a été mis en place dans le cadre du cours Crime, justice et prison en Suisse.

 

Un exercice régulier avec une difficulté progressive
Élaboré comme une partie intégrante du cours, ce projet a consisté à mettre en place un programme utilisant des graphiques provenant de la statistique judiciaire et pénitentiaire de difficulté conceptuelle et statistique croissante. Ainsi, durant huit semaines, les étudiants ont reçu à chaque session jusqu’à quatre graphiques en lien avec les problématiques abordées. Réunis en groupe de 3 à 5 personnes, leur tâche était de décrire et analyser ces graphiques selon un modèle présenté au début du cours. Une description par groupe devait être rendue la semaine suivante.

 

Des différences par rapport aux années précédentes
A la suite de ce projet, les étudiants ont montré de bien meilleures capacités pour la description et l’analyse de graphique comparé aux années précédentes; leurs descriptions étaient mieux construites, les différentes parties mieux articulées entre elles et les contenus étaient bien hiérarchisés. Le fait de travailler en groupe a probablement aussi favoriser l’apprentissage par les discussions et confrontations de points de vue.

 

Personne de contact: Daniel Fink

Collecte d’informations et rédaction: Steve Bennoun

Vous pouvez aussi consulter la fiche du projet sur: la vitrine de projets du RISET

TEXTABLE

Une approche formelle et empirique des textes

Comme tout type de donnée, le texte se prête à un traitement informatique et statistique. Ainsi, pour autant qu’on dispose des sources appropriées, il est possible d’étudier la variation de quantités mesurables dans des textes (telles que fréquences et mesures de complexité) en fonction de l’auteur, du genre, de l’époque, etc. Ces variations peuvent également être visualisées par le biais de diverses représentations graphiques, ou encore être exploitées pour établir des catégories de textes.

Bien implantée dans le domaine des Sciences sociales, cette approche formelle et empirique des corpus textuels intéresse un nombre croissant d’étudiants et d’enseignants de Lettres. Dans le cadre d’un travail de séminaire, l’application de ce genre de méthodologie implique typiquement:

-          la formulation d’une question de recherche;

-          la sélection, la récolte et l’annotation de données textuelles;

-          l’utilisation de logiciels pour le traitement quantitatif des données;

-          l’analyse et la présentation des résultats.
L’expérience montre que les étudiants n’ont guère de difficultés à collecter des données textuelles (sur internet ou par numérisation de texte imprimé). Pour les traitements quantitatifs, il existe un large éventail de logiciels conviviaux et souvent libres, dont l’enseignement est d’ores et déjà généralisé au niveau universitaire: Calc/Excel, R/SPSS, Tanagra, etc. Toutefois, ces outils opèrent très généralement sur des tableaux où les lignes (individus) correspondent p.ex. aux parties d’un corpus et les colonnes (variables) aux quantités mesurées dans ces parties.

Or, jusqu’à peu, il n’existait pas de solution portable, flexible et intuitive pour extraire de sources textuelles potentiellement hétérogènes (textes bruts, documents XML, etc.) des données quantitatives en format tabulaire. Cet état de fait posait un problème pédagogique, dans la mesure où il restreignait drastiquement la possibilité pour les étudiants de s’approprier par la pratique les concepts et méthodes qui sous-tendent le traitement statistique des données textuelles – sauf à gravir d’abord la courbe d’apprentissage considérable qu’implique l’acquisition de compétences en programmation.

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Apprentissage par résolution de problèmes dans l’enseignement théorique forensique

Un problème de temps

Si l’on considère la récurrence des problématiques liées au temps en science forensique, une approche systématique ainsi qu’une meilleure compréhension fondamentale de ces notions sont nécessaires. C’est pourquoi un nouveau cours a été introduit récemment dans le cursus des étudiant-e-s de master en science forensique. Leur programme étant déjà suffisamment chargé, ce cours n’a pas pour but d’introduire de matière supplémentaire mais, en se basant sur les notions acquises précédemment, de permettre aux étudiant-e-s de considérer et intégrer les aspects temporels dans la résolution de cas pratiques.

Des situations réelles

Le cours intègre une partie interactive importante afin de faciliter l’apprentissage des étudiant-e-s et de leur permettre de développer leurs compétences de réflexion dans les situations réelles qu’elles et ils retrouveront plus tard dans leur vie professionnelle. L’introduction de l’apprentissage par résolution de problèmes soulève plusieurs questions pédagogiques, notamment le fait de disposer d’un nombre de problèmes suffisants et de les adapter aux objectifs d’apprentissage. Il faut également considérer l’encadrement des groupes d’étudiant-e-s et la formation spécifique des personnes qui les encadrent. Ainsi cette nouvelle approche devrait permettre d’atteindre les objectifs suivants:

- Soumettre aux étudiant-e-s du matériel stimulant la discussion de problèmes importants dans le domaine

- Proposer des problèmes provenant de situations forensiques réelles

- Guider les étudiant-e-s dans une réflexion critique en leur fournissant peu de ressource afin de les amener à la résolution de problèmes par eux-mêmes

- Amener les étudiant-e-s à travailler en collaboration dans des petits groupes de 3-4 personnes

- Stimuler les étudiant-e-s à identifier leur besoin en apprentissage et ressource

- Amener les étudiant-e-s à utiliser les connaissances acquises dans la résolution de nouveaux problèmes et identifier de nouveaux problèmes

- Apprendre une nouvelle approche pédagogique à l’enseignant-e.

Ce projet a donc pour but d’introduire deux nouveautés dans un cours théorique forensique: un concept, la notion de temps, et une méthode d’enseignement, l’apprentissage par problèmes. Ceci devrait permettre aux étudiant-e-s d’atteindre les objectifs d’apprentissage de manière plus efficace tout en participant au processus d’enseignement de manière active.

Personne de contact:

Céline Weyermann

Consulter la fiche du projet sur la vitrine du site du RISET: http://www.unil.ch/riset/page68912.html

Autoévaluation et cas clinique sur le lymphome

Deux axes d’apprentissage

Le projet a pour ambition d’améliorer l’apprentissage des étudiants du cours Immunologie/Cancer (IC) du Master de Biologie Médicale (MScBM) selon deux axes. Le Premier axe a pour mission d’aider les étudiants à acquérir les connaissances de base nécessaires pour suivre le MSc. Les éditions précédentes du MScBM ont montré que les étudiants intégrant la filière IC ont des niveaux de connaissance en immunologie et oncologie très hétérogènes car issus d’horizons différents. Ceci pose un problème pour l’enseignant qui n’a pas de vision globale des compétences de son groupe d’étudiants et doit donc consacrer une partie non négligeable de son enseignement à retravailler des notions déjà acquises par certains étudiants au niveau du Bachelor. Ceci diminue le temps à disposition de l’enseignant pour développer les connaissances et compétences plus avancées, qui figurent dans les objectifs d’apprentissage du master. Le premier axe du projet vise donc à définir – avec les enseignants concernés – l’ensemble des connaissances prérequises, et à fournir aux étudiants des moyens de compléter leurs connaissances de façon autonome. Le deuxième axe a pour objectif de préparer les étudiants à leur future intégration dans des groupes de recherche translationnelle ou clinique. Le MScBM dispense un enseignement à l’interface entre la biologie fondamentale et la médecine sous forme de cours ex-cathedra et d’analyse d’articles scientifiques. L’enseignement en immunologie bénéficie également de plusieurs séances de travaux pratiques (TP). Il n’existe actuellement qu’une séance de TP d’histologie pour le cours d’oncologie. Le second axe du projet vise donc à valoriser davantage l’enseignement d’oncologie en offrant un complément à l’enseignement théorique.

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Badges : un projet pilote expérimenté en Faculté des géosciences et de l’environnement (FGSE)

1. INTRODUCTION

Il n’est pas toujours aisé pour l’enseignant à ce que ses étudiants s’investissent dans les activités qui leur sont proposées. A cet effet, Viau (2009) nous signale justement que « (…) un élève accorde de la valeur à une activité pédagogique s’il en perçoit l’intérêt ou l’utilité. » Dès lors, le questionnement premier du présent projet a été : « Comment susciter la motivation chez les étudiants afin qu’ils s’engagent (davantage) dans les activités qui leur sont confiées ? ».

2. ANCRAGE PEDAGOGIQUE

Selon Viau (2009), les facteurs qui influent sur la dynamique motivationnelle de l’élève sont notamment liés à la classe. Parmi ces facteurs, on citera tout particulièrement les récompenses qui visent à motiver les étudiants « à travailler davantage lors des activités pédagogiques qui leur sont proposées » (Archambault et Chouinard, 1996).

Deci, Koestner et Ryan (2001) distinguent les récompenses dont le but est d’informer l’élève sur la qualité de ses apprentissages et les récompenses matérielles qui visent à augmenter l’effort qu’il consacre à une activité ou à augmenter sa performance. Tous les chercheurs s’entendent pour dire que les récompenses de type informatif favorisent la motivation intrinsèque de l’élève (Deci et al., 2001; Cameron, 2001; Lepper et Hodell, 1989). Ils expliquent ce phénomène par le fait que les récompenses informatives influent positivement sur la façon dont les élèves jugent leurs capacités de réussir (Viau, 2009). Lire la suite de cette entrée »

E-learning collaboratif au service de la programmation

Financé en 2008 par le FIP, ce projet cherche à répondre au sentiment d’incompétence, identifiée comme résistance principale à l’apprentissage, que les étudiants ressentent dans le cadre des cours de programmation de l’IMM (Section d’informatique et méthodes mathématiques). Cette résistance avait bien entendu une conséquence néfaste tant sur la motivation des étudiants que sur leurs performances dans divers contextes. Après réflexion, il est apparu que ce sentiment, bien que partiellement légitime face à un champ à la fois vaste et en constant renouvellement, pouvait également être rattaché à une présentation insuffisamment progressive de la matière.

Le projet d’informatique (exigé par le plan d’étude de l’IMM) a été l’occasion de proposer une version repensée du cours de programmation pour Internet. Cette refonte visait deux objectifs principaux:

  • Proposer les contenus pédagogiques sous une forme intégralement disponible en ligne
  • Structurer l’apprentissage (tant dans le cours que dans les séances de travaux pratiques) sous un angle strictement progressif à même d’amoindrir le sentiment d’incompétence

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Outil-voc

Un exercice fastidieux
L’apprentissage du vocabulaire, quelle que soit la langue travaillée, peut être une opération longue et fastidieuse. De plus, il est souvent difficile de rester concentré et motivé lors d’une telle tâche, l’enchaînement d’opérations similaires et de répétitions en étant la cause principale.

Outil-voc, une manière différente d’apprendre
Pour rendre l’apprentissage d’un vocabulaire plus aisé et motivant, le programme Outil-voc a été développé. Celui-ci a pour objectif de faire travailler l’étudiant de manière plus décontractée et motivante. Lire la suite de cette entrée »

Des outils pour l’enseignement: une liste non exhaustive

Les technologies de la formation mettent à disposition des enseignants une large palette d’outils plus ou moins sophistiqués, qui ont pour but d’enrichir et de varier les pratiques d’enseignement et d’apprentissage. Chaque outil doit cependant être choisi en fonction du but recherché et de sa facilité d’utilisation, tout en restant subordonné aux choix pédagogiques de l’enseignant.

Au niveau institutionnel, deux outils sont particulièrement utilisés dans le cadre de l’enseignement depuis quelques années: MyUniL et Moodle. Lire la suite de cette entrée »

IMPACT

Interface Multimédia: Présentation – Analyse – CommenTaire

Une lacune technologique
En sciences du langage en faculté des Lettres, les enseignants et les étudiants manipulent des fichiers multimédia d’au moins trois sortes : un fichier source audio ou vidéo, la transcription de ce fichier (un document texte) et un commentaire (théorique ou analytique). Jusqu’à récemment, enseignants et étudiants, tant pour la préparation individuelle que pour la présentation en commun, devaient passer d’un fichier à un autre, d’un logiciel à un autre par le biais de manipulations informatiques fastidieuses. Ces manipulations nuisaient au rythme et à la qualité de l’enseignement et de l’apprentissage. En bref, il manquait un outil permettant de rendre la consultation des documents ergonomique, et ceci de manière à éviter que la dimension technique ne vienne nuire inutilement à l’apprentissage.

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Apprendre à communiquer des compétences: un usage intégré du portfolio en ligne

Définir et communiquer ses compétences

Financé par deux fois par le FIP (Fonds d’Innovation Pédagogique) en 2010 et 2011, ce projet de portfolio en ligne (ou e-portfolio) s’inscrit dans le cadre d’un programme de spécialisation du Master ès Lettres intitulé « Analyse des discours et de la communication publics » dirigé par Monsieur Marcel Burger. Ce projet cherche à répondre à trois besoins principaux:

  1. Fournir un outil de réflexion et de lisibilité des compétences, c’est-à-dire permettre aux étudiants d’apprendre à mieux cerner l’ensemble, la diversité et la spécificité des compétences en jeu dans la formation académique pour envisager un transfert de ces compétences dans un autre cadre
  2. Apprendre à communiquer à propos de ces compétences. Ce second aspect est essentiel: il s’agit de sensibiliser les étudiants aux choix individuels qui président aux manières de communiquer leurs compétences. Le transfert des compétences d’un contexte académique à un contexte extra-académique requiert en effet non seulement de savoir nommer et spécifier des compétences, mais aussi de savoir comment on communique (à propos de) celles-ci. Le projet se concentre particulièrement sur cette dernière dimension de la transférabilité des compétences.
  3. Permettre une construction collective du savoir par l’appartenance à une communauté d’apprentissage favorisant l’interaction à propos des objets de connaissance spécifique au programme de spécialisation.

Eportfolio: un espace de documentation et d’exposition

Le projet souhaite faire une utilisation accrue du portfolio en ligne (outil utilisé : Mahara), et cela tout au long du cursus: chaque étudiant a ainsi à sa disposition un espace personnel de documentation et d’exposition permettant de communiquer globalement son trajet d’apprentissage et ses compétences. Concernant cet aspect, l’attention n’est plus alors portée uniquement sur des compétences développées dans des modules d’enseignement, mais sur les compétences en tant qu’elles sont «montrées» par un trajet d’apprentissage individualisé, en l’occurrence un stage pré-professionnalisant ou une recherche pré-doctorale. Une auto-évaluation ponctuelle (sous forme d’un protocole verbal) permet de mettre au jour et d’expliciter les choix opérés pour communiquer des compétences. Le scénario pédagogique de l’utilisation du ePortfolio pour documenter ses compétences en menant des activités réflexives sur une année de spécialisation se déroule selon le schéma ci-dessous.

Le ePortfolio comprend également une dimension communautaire. En effet, un processus ePortfolio permet la mise en réseau des contenus enseignés et participe, de ce fait, à la création d’un espace de travail en commun ; il favorise le partage des expériences d’apprentissage et constitue un lieu de discussion critique entre les participants du programme (enseignants et étudiants compris); il est un espace de réflexivité, un lieu favorisant une considération globale de tous les contenus d’enseignements de la formation et permet par là un positionnement identitaire de l’étudiant.

Une dimension réflexive

La plus-value pédagogique de l’utilisation d’un ePortfolio repose sur sa dimension « réflexive » que l’on peut considérer à deux niveaux :

  1. Le projet oblige l’enseignant responsable à réfléchir aux compétences que l’enseignement requiert et qu’il permet de développer. Ainsi, l’enseignant est amené à définir avec précision des attentes spécifiques et à délimiter des objectifs à atteindre tout comme les moyens d’y parvenir.
  2. Le projet permet à l’étudiant de réfléchir aux activités académiques dans lesquels il est engagé. En deçà et au-delà des savoirs académiques, l’étudiant est amené à considérer sa participation en termes de compétences requises et développées. La dimension réflexive impliquée par le projet facilite la considération raisonnée de compétences et, partant, la possibilité d’envisager le transfert des compétences ainsi repérées, nommées et définies.

Un potentiel de déploiement à l’échelle de l’institution

Le projet s’ancre dans un cursus caractérisé par une articulation des cadres académique et post-académique. Dans ce sens, on peut envisager que le projet soit transférable à des cursus de même type (en Lettres), et alimente aussi la réflexion sur la communicabilité des compétences dans d’autres facultés. De fait, l’encadrement pédagogique spécifique développé à l’occasion de ce projet pourrait être exploité au plan général de l’institution pour former des étudiants davantage conscients de la transférabilité et de la communicabilité des compétences développées au cours de leurs études. Au plan technique, le projet pourrait également permettre aux membres du RISET de préciser les besoins de l’institution et les spécifications techniques de l’outil pressenti pour un déploiement à l’échelle de toute l’institution.

Personnes de contact

Marcel Burger

Gilles Merminod

Collecte d’informations: Guillaume Curchod

Relecture: Quentin Martinez

Collaborateurs RISET

 

Consulter la fiche du projet sur la vitrine du site du RISET: http://www.unil.ch/riset/page68912_fr.html