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Apprendre à l’aide d’une simulation par jeu de rôles

Point de départ

Afin d’explorer différents concepts, il peut être bénéfique de les illustrer de manière vivante, notamment par la pratique de jeux de rôles. Ceci a pour effet de permettre d’observer directement certains concepts, de les travailler et de les analyser en plus de pouvoir les répéter ou les orienter.
Si l’outil est difficile à mettre en place pour des groupes d’étudiants conséquents, il a l’avantage certain de permettre d’engager l’étudiant personnellement dans la procédure et donc de permettre une confrontation directe aux concepts engagés dans le module.

Conception de la séquence

  • Dans un premier temps, l’enseignant se doit de présenter les outils qui permettront aux étudiants de s’approprier les instructions nécessaires au déroulement des simulations. Pour ce faire, il est possible d’utiliser des espaces virtuels de travail permettant de regrouper et de distribuer documents et instructions importants et utiles au bon fonctionnement du module ainsi que compte-rendus, analyses et nouvelles instructions (type Moodle).
  • L’enseignant prend soin de sélectionner les simulations par jeux de rôles en fonction des concepts à aborder avec les étudiants.
  • Lors d’une simulation, l’enseignant se doit de distribuer les rôles différenciés ayant chacun des tâches spécifiques à remplir en fonction du scénario préparé (entretiens psychothérapeutiques, entretiens d’évaluation ou d’embauche, ou parmi les simulations de plus grande envergure : négociation et rédaction du Traité de Versailles, Conférence internationale sur le partage de l’eau au Moyen-Orient). Si les informations, décisions et autres actions sont traitées par les « acteurs » eux-mêmes, la vérification de la conformité du traitement et ses effets est de la responsabilité des observateurs ou des animateurs de la simulation.
  • Dans un dernier temps, comme l’observation des effets d’une action n’est souvent pas suffisante pour fixer un apprentissage, il est important que l’enseignant formalise, reformule ou synthétise ce qui doit être retenu d’une simulation, qu’il attribue cette tâche à un rapporteur d’expérience ou à un groupe défini de personnes.
  • Une simulation peut être rejouée plusieurs fois afin d’examiner les différentes variables d’une situation ou d’y intégrer de nouveaux concepts et ainsi avancer de manière progressive dans l’acquisition de ceux-ci.

Exemple

Sous forme de jeu de rôles mobilisant des stratégies d’apprentissage par problème, le projet IguL-Conseil S.A. repose sur la simulation d’un bureau d’aménagement du territoire en situation de réponse à un mandat. Ce mandat (« situation problème ») consiste, dans le cadre d’une problématique qui est celle du diagnostic territorial, en la réalisation d’un système public de visualisation du territoire susceptible d’être librement consulté sur Internet.

Plus-value pédagogique

Les concepts théoriques peuvent avoir un caractère abstrait. Le fait de les amener d’une manière nouvelle, tout en impliquant au maximum les étudiants dans l’étude de ceux-ci permet d’obtenir un taux de rétention supérieur. Les concepts peuvent être identifiés et décortiqués de manière précise et claire. Au besoin, les scènes peuvent être rejouées ou adaptées afin d’y explorer précisément le problème soulevé. De plus, ce genre de simulation permet d’amener les étudiants à passer du mode passif au mode actif, en prenant en compte la totalité des étudiants, chacun ayant un rôle à tenir pour supporter le bon fonctionnement de l’exercice.

Collecte d’informations: Guillaume Curchod

Relecture: Quentin Martinez

Collaborateurs RISET

Creating new urban spaces – Atelier international de projet urbain

Blog du projet disponible : http://newurbanspaces.wordpress.com/

« Faire pour comprendre »
Le projet « Creating new urban spaces » vise à satisfaire un besoin d’ancrage des étudiants en Master d’Etudes urbaines dans les nouvelles pratiques de l’urbanisme : l’urban design. Il cherche à répondre au besoin de «faire pour comprendre». Plus précisément, ce projet vise à consolider et à transférer aux étudiants de nouvelles compétences dans une démarche professionalisante:

  • Capacité à articuler différentes échelles d’analyse et de composition du projet urbain
  • Maîtrise de la relation plan-projet dans des contextes différenciés
  • Maîtrise des outils et règlements de l’urbanisme dans une perspective comparatiste internationale

Les objectifs du projet sont également de mettre en valeur les connaissances acquises sous forme théorique pour voir quel rôle elles jouent dans le projet urbain et d’acquérir plus d’expertise dans la conception des projets urbains à travers différents cas, différents cadres réglementaires, différents contextes, etc.

Une collaboration internationale
Le scénario pédagogique central est celui d’un atelier de projets de design urbain en groupe et sur trois sites universitaires : Lausanne (Institut de Géographie), Grenoble (Institut d’urbanisme), Bristol, (UWE, University of West England). Avant d’aborder les activités d’atelier de projet « on site », les enseignants et les étudiants mettent en place des activités préalables « on line » dites de démarrage qui sensibilisent les étudiants des trois universités aux problématiques urbaines et aux cadres institutionnels et règlementaires de l’urbanisme dans les trois pays respectifs (blended learning). La phase « on line » sensibilise aussi les étudiants au fonctionnement d’un groupe interdisciplinaire et à leur propre fonctionnement au sein du groupe.

Sur le terrain, le fonctionnement sous forme d’atelier permet de « projeter ensemble » en mobilisant des savoirs interdisciplinaires et transversaux à la conception de projet. Les ateliers procèdent par simulation d’un mandat d’études parallèles (MEP). Ils mobilisent ainsi une pédagogie active de projet qui vise à susciter l’émulation créative entre les équipes pluridisciplinaire (géographes, architectes, urbanistes, économiste, politologues) et plurinationales afin d’obtenir un foisonnement d’idées et une pluralité de scénarii urbains. Le « mandat » obéit à un cahier des charges dressé par une équipe de six experts-enseignants des trois universités et il se déroule en deux tours qui font, à chaque fois, l’objet d’une présentation au jury (mandant virtuel, constitué par les mêmes six enseignants). Les candidats sont appelés à adapter leur projets sur les trois sites (Lausanne, Bristol, Grenoble) en fonction des commentaires et remarques résultant des discussions. Ce processus permet de faire évoluer les projets en fonction des commentaires et remarques résultant des débats. Chaque atelier doit amener les étudiants à parcourir 8 étapes:

  • Cadres règlementaires et nouveaux outils : Recherche documentaire et étude des nouveaux outils et cadres règlementaires de l’urbanisme et l’aménagement du territoire dans des contextes internationaux différenciés.
  • Commande, cahier des charges : Étude d’un cahier des charges simulant une commande réelle d’un projet de design urbain.
  • Diagnostics des sites Analyse et diagnostic territorial des trois sites sélectionnés (cf. annexe 1).
  • Identification des acteurs : Rencontre in situ avec les acteurs concernés par les projets et identification de leurs besoins, de leurs intéressements, de leurs modes d’organisation.
  • Stratégie territoriale : Élaboration de principes stratégiques communs (travail en groupe) pour le développement des périmètres donnés.
  • Masterplanning : Élaboration d’un rapport de synthèse et des masterplans communs des principes majeurs d’organisation morphologique et fonctionnelle de l’espace.
  • Cartographie/webmapping : Représentation graphique dans le respect des règles sémiologiques du dessin des plans d’urbanisme et élaboration des éléments cartographiques des différentes phases de projet.
  • Communication des résultats : e-publication : Élaboration des délivrables du projet sous forme de planches (physiques) et fichier (électronique) accessibles au public.

Ces étapes donner lieu à des évaluations intermédiaires et à un rendu final à la fin du semestre d’été. Le projet « Creating new urban spaces » requiert l’usage de la plateforme d’enseignement à distance Moodle.


Partage et capitalisation des savoirs
Le projet vise à travailler en « mode projet », ce qui permet aux étudiants de se mesurer avec leurs pairs et développer des attitudes de travail en groupe, autour d’un projet commun, en mobilisant concepts, méthodes et outils opérationnels rencontrés au fil de leur cursus. Le projet permet aussi aux étudiants de développer des compétences en matière de planification de travail à distance et de coordination interdisciplinaire in situ. Il apporte en outre le partage et la capitalisation des savoirs des enseignants des différents centres universitaires, leurs différents modes d’enseignement, leurs techniques didactiques et leurs approches et méthodes.


Une démarche à développer
Un projet de ce type implique un volume de travail important pour les étudiants et les encadrants. L’encadrement hors norme permet de nouer des liens privilégiés, valorisant à la fois les encadrants et les étudiants.
L’environnement pédagogique innovant et le modèle d’apprentissage proposés peuvent être utilisés par d’autres filières d’enseignement à l’UNIL. La pédagogie active du projet est susceptible de transfert à d’autres enseignements. De même, la démarche proposée par le projet peut être élargie à d’autres partenaires européens ou extra-européens.

Personnes de contact
Antonio Da Cunha (chef de projet)
Marta Alonso

 

Collecte d’informations: Guillaume Curchod

Relecture: Quentin Martinez

Collaborateurs RISET

 

Consulter la fiche du projet sur la vitrine du site du RISET: http://www.unil.ch/riset/page68912_fr.html